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Interview : Anne-François de Saint-Salvy, Préfet maritime de l'Atlantique

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Interview : Anne-François de Saint-Salvy, Préfet maritime de l'Atlantique

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Mise en place de la fonction garde-côte, sécurité maritime, renforcement des moyens d'assistance aux navires, développement des énergies marines, extraction des granulats marins... Dans un long entretien accordé à Mer et Marine, le vice-amiral d'escadre Anne-François de Saint-Salvy, Préfet maritime de l'Atlantique depuis août 2008, a accepté de revenir avec nous sur les grands sujets d'actualité du moment.
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Mer et Marine : Il existe en France métropolitaine trois préfets maritimes. L'un en Manche et mer du Nord, le second en Méditerranée et vous-même, pour l'Atlantique, où votre zone de responsabilité va du Mont-Saint-Michel à la frontière espagnole. Il n'est sans doute pas inutile de rappeler le rôle du préfet maritime, qui reste assez méconnu du grand public...

VAE de Saint-Salvy : De manière schématique, c'est le préfet de la mer. Ses missions peuvent, de la même manière qu'un préfet terrestre, se résumer en deux grandes parties. La première, que j'appellerais règlementaire, est la mise en oeuvre des politiques publiques sur la mer. Le préfet maritime, comme les préfets terrestres, relève de l'ensemble des ministres du gouvernement pour toutes les actions de politiques publiques qui sont menées en mer. Il a un certain nombre de compétences particulières, comme la responsabilité de la protection de l'environnement en mer. Lorsque les sujets touchent à la fois la terre et la mer, ce qui est assez fréquent, les préfets de région et de département, ainsi que le préfet maritime, se partagent les décisions et l'instruction des dossiers.
Pour la seconde partie des missions, de la même manière qu'un préfet terrestre est responsable du maintien de l'ordre ou des opérations de crise à terre, le préfet maritime a une responsabilité en matière de gestion des évènements en mer. Cela peut être le maintien de l'ordre public, la lutte contre la pollution, le sauvetage et l'assistance aux navires en détresse, la surveillance maritime ou encore la lutte contre les trafics illicites.

Les compétence du préfet maritime ont-elles évolué ces dernières années ?

Jusqu'en 2004, le préfet maritime était extrêmement concentré sur le deuxième volet. C'était l'urgentiste de service. Chaque fois qu'il se passait quelque chose, c'est lui qui essayait de régler les difficultés. Depuis 2004, on a étendu ses responsabilités dans le champ règlementaire. A la fois pour prendre en compte des domaines émergents à cette époque là, comme l'environnement, et aussi parcequ'on est parti du constat que le préfet maritime était responsable de l'ordre public en mer. Il était plus naturel et plus sain qu'il soit associé à un certain nombre de décisions qui s'appliquent ensuite aux acteurs de la mer. On pense à la pêche ou l'implantation de systèmes en mer, comme des éoliennes pour prendre un exemple d'actualité. Ainsi, le préfet maritime n'est plus simplement le réceptacle des difficultés à gérer suite à des décisions prises complètement en dehors de lui. Il y a aujourd'hui une association étroite entre préfets terrestres et préfets maritimes, qui permet à ce dernier, un praticien de la mer, d'être associé aux décisions.

Dans ce rôle d' « urgentiste » que vous évoquez, on pense évidemment à certaines catastrophes maritimes, comme le naufrage de l'Amoco Cadiz en 1978, celui de l'Erika en 1999 ou encore du Prestige, en 2002. Depuis, quelles avancées a-t-on pu constater en matière de sécurité

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