Croisières et Voyages
Interview : Frédéric Martinez, directeur général de Royal Caribbean France

Interview

Interview : Frédéric Martinez, directeur général de Royal Caribbean France

Croisières et Voyages

Neuf ans après son retrait de France, suite aux attentats du 11 septembre 2001, le numéro 2 mondial de la croisière rouvre des bureaux à Paris. Le groupe américain Royal Caribbean Cruises a repris la société française Latitudes Sud, qui le représentait dans l'Hexagone depuis février 2002, et procédé à une vague de recrutements, pour atteindre une équipe d'une trentaine de personnes. Misant sur le développement de la croisière en France, RCC, qui compte notamment les compagnies Royal Caribbean International, Celebrity Cruises et Azamara Club Cruises, proposera pour la première fois, en 2012, des croisières au départ de ports français. L'occasion de rencontrer Frédéric Martinez, nouveau directeur général de Royal Caribbean en France, afin d'en savoir plus sur le retour et la stratégie du groupe sur le marché hexagonal.
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MER ET MARINE : Pourquoi ce retour de Royal sur le marché français ?

FREDERIC MARTINEZ : Le point principal c'est, bien sûr, la croissance du marché de la croisière en France, avec une hausse de l'ordre de 10% sur 5 ans. L'Europe, de manière générale, croît beaucoup, c'est le marché de développement de la croisière, alors que le marché américain, qui est le plus important, ne croît plus. Et, à l'intérieur de l'Europe, la France fait figure de marché émergent, c'est-à-dire un marché petit mais qui est très prometteur, avec de plus en plus de gens intéressés par cette offre de vacances, qui commence vraiment à exister dans l'imagination des consommateurs. D'où la décision de Royal Caribbean de venir sur ce marché, qui a atteint l'année dernière 12% de croissance.

Le potentiel est donc important ?

Regardons le taux de pénétration, c'est-à-dire le nombre de gens qui ont fait au moins une fois dans leur vie une croisière. En France, c'est 0.6%, alors qu'aux Etats-Unis c'est 3.5% et dans les grands marchés européens c'est beaucoup plus qu'en France : 2.5% en Grande-Bretagne, 1.5 % en Allemagne, plus de 1% en Italie. Même l'Espagne, qui est un pays moins peuplé, a un marché de la croisière plus gros. Nous croyons au fait qu'il va y avoir, en France, un rattrapage naturel par rapport aux autres pays d'Europe occidentale.

Quels sont vos objectifs en France ?

En plus de toutes les croisières que nous proposons à travers le monde, l'offre additionnelle que nous allons mettre en place en France comporte trois navires de Royal Caribbean International au départ de Toulon et Marseille, pour des croisières en Méditerranée, et au départ du Havre pour découvrir la Norvège, la Scandinavie et la Russie. Nous offrirons aussi, sur les Antilles, des croisières au départ de Pointe-à-Pitre à l'hiver 2012. Notre objectif de croissance est important, puisque l'on augmente l'offre, mais il est aussi très raisonnable. Nous ciblons l'année prochaine un peu moins de 10% du marché, soit 40 à 45.000 passagers, sur un marché français qui va finir en 2011

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