Croisières et Voyages
Interview : Georges Azouze, président de Costa Croisières et de l'AFCC

Interview

Interview : Georges Azouze, président de Costa Croisières et de l'AFCC

Croisières et Voyages

Alors que l'IFTM Top Resa s'est déroulé la semaine dernière à Paris et que le Seatrade Europe s'est ouvert hier à Hambourg, le secteur de la croisière continue de croître significativement en France. Avec environ 400.000 passagers en 2010, l'Hexagone est le cinquième marché européen, derrière la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie. Après de longues années de léthargie, le marché français est en train de se réveiller. Le taux de croissance est supérieur à 10% et les compagnies investissent massivement, y compris dans le développement de têtes de ligne sur les ports tricolores. Avec Georges Azouze, président de l'Association Française des Compagnies de Croisière (AFCC) et président de Costa Croisières France, leader du secteur dans l'Hexagone, nous avons souhaité faire le point sur l'évolution du marché.
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MER ET MARINE : Comment se porte aujourd'hui le marché de la croisière en France ?

GEORGES AZOUZE : La croisière en France se porte bien et poursuit son développement. Je pense qu'elle résistera mieux que les autres formules de tourisme. Cette année, elle poursuivra son développement en France au moins dans les mêmes proportions qu'en 2010. 2011 sera encore une belle année pour la croisière, malgré les différentes crises et les révolutions du printemps arabe qui ont provoqué des modifications dans les itinéraires d'un certain nombre d'armateurs.

Comment expliquer que la France soit restée longtemps en retrait de l'engouement que ce mode de vacances connait à l'étranger et qu'elle ne soit toujours pas dans le peloton de tête en Europe ?

Il est vrai que nous avons un retard à l'allumage puisque la croisière a été longue à décoller en France. Nous sommes le cinquième marché européen, précédé par la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne qui, malgré la crise, a poursuivi sa progression. En France, nous venons de beaucoup plus loin, on a mis beaucoup plus de temps à se déployer et nous sommes sur un marché où les gens partent plutôt en vacances en France. On a donc une spécificité que les Européens ont du mal à comprendre mais qui existe et, dans ce contexte, je trouve que les uns les autres, nous ne nous en sortons pas si mal.

La problématique des ports d'embarquement a-t-elle joué un rôle important dans ce retard ?

Sur le long courrier, c'est-à-dire pour des croisières au départ de pays lointains, nous sommes tous égaux mais, sur la Méditerranée, là où se trouvent finalement 70% des ventes, nous avons en France certaines limites. Il y a, en effet, très peu de ports. Nous avons Marseille et dans une moindre mesure Toulon, mais aussi Monaco, avec toutefois des limitations sur les quais. Sète est en train de s'équiper mais pour le moment, les grands paquebots ne peuvent pas y être accueillis. Malheureusement, le port de Nice, qui aurait pu être un hub incroyable pour la croisière en France, mais aussi en Europe et dans le monde avec son aéroport international, n'a pas été doté d'un terminal croisière. Si cela avait été le cas, le visage du marché en aurait été changé.

Quel rôle joue l'AFCC dans le rayonnement de la croisière en France et quelles actions sont entreprises auprès des agents de voyage, qui demeurent les premiers pourvoyeurs de clients ?

Le message de l'AFCC est un message d'unité. Les professionnels de la croisière en France, dans leur très grande majorité, se sont réunis pour pouvoir sensibiliser les agences de voyage aux possibilités de développement dans le domaine de la croisière. Cela signifie les former et les informer sur tout ce qui se passe au niveau des nouveautés produit. Mais aussi travailler sur des actions commerciales.
Nous aidons aussi les plus petites compagnies, qui ont moins de

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