Marine Marchande
Interview : Hervé Moulinier, président de l'ENSM

Interview

Interview : Hervé Moulinier, président de l'ENSM

Marine Marchande

Hervé Moulinier, président de l'Ecole Nationale Supérieure Maritime, fait le point avec la rédaction de Mer et Marine sur l'actualité de l'ENSM, qui devrait prochainement avoir un nouveau directeur général. Nouvelles formations, recherche, statut des professeurs et déménagement à Nantes sont au coeur de ses préoccupations.
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MER ET MARINEL’ENSM devrait prochainement avoir un nouveau directeur général, dont on attend le décret de nomination incessamment sous peu. Dans quelle ambiance va-t-il arriver ?

HERVE MOULINIER: L’ambiance générale est à l’apaisement. Nous avons eu beaucoup de travail ces dernières années pour mettre en place le projet d’établissement et tout ce qu’il impliquait en termes de nouvelles formations. Il nous a fallu faire de nombreux ajustements, entendre les demandes des armateurs et essayer de les satisfaire. Cela n’a pas toujours été évident mais je crois que les choses sont clarifiées désormais. Tous les cursus que nous proposons ont été élaborés au sein de groupes de travail. Ils sont tous validés ou en passe de l’être à la fois par les enseignants, les élèves et les armateurs, ce qui est une base solide de travail.

Concernant le poste de directeur général, Patrice Laporte a été retenu parmi 17 autres candidats selon une procédure qui prévoyait l’examen séparé de chacune des candidatures par les différents corps présents au conseil d’administration. Les conclusions de chacun de ces examens ont été confrontées et mises en commun. La candidature de Patrice Laporte a fait consensus, notamment parce que son parcours correspond à l’équilibre nécessaire entre les différentes composantes qui font désormais l’ENSM, à savoir le profil de navigant et celui d’ingénieur. Nous attendons désormais sa nomination.

Le centre nantais de l’ENSM ouvre deux nouvelles formations d’ingénieurs, éco-gestion du navire et maintenance des systèmes offshore, à la rentrée prochaine. Va-t-il y en avoir d’autres ?

Nous y allons progressivement. La première promotion d’ingénieurs va sortir du Havre et nous avons validé avec la CTI ces deux nouvelles formations. Nous privilégions pour celles-ci, dans un tout premier temps, les personnes qui ont déjà une expérience professionnelle.

Pour nos élèves, l’idée est de les remettre au centre de leur choix d’orientation en leur proposant des cursus qui correspondent à leur profil et à des besoins du marché du travail. Nous avançons dans la mise en place de ces diplômes et parallèlement nous travaillons au développement de la recherche, même si, pour cela, l’enseignement doit d’abord être bien stabilisé. Nous avons déjà mis en place un diplôme universitaire Expert maritime au Havre, en partenariat avec l’université, et avons des projets de masters autour de la gestion de risques et de logistique. Notre passerelle ship-in-school du Havre permettra également de travailler autour de la passerelle électronique.

Vous évoquez les projets de cursus d’ingénieur et de recherche scientifique à Nantes. Où en est le projet de déménagement de l’hydro vers l’Ecole Centrale de Nantes ?

L’Ecole Centrale de Nantes est un partenaire privilégié pour nous, notamment pour tous les moyens scientifiques, techniques et d’enseignements dont elle dispose et avec lesquels nous pourrons créer de belles synergies. Le bâtiment que nous occupons actuellement à Nantes, aux côtés de l’Ecole nationale de sécurité et d’administration de la mer est trop grand et dégradé.

Pour toutes ces raisons, nous avons émis une préférence pour notre rapprochement avec l’Ecole Centrale. Pour autant, ce n’est pas encore fait. Le schéma immobilier de l’ENSM doit d’abord être validé par la tutelle et le plan de financement établi avec les partenaires locaux. Nous avons 300 élèves à déplacer et devons également prendre en compte l’ENSAM, ce qui implique beaucoup de détails à régler. Le projet initial vise la rentrée 2019, nous espérons pouvoir bien avancer dans le dossier pour atteindre cet objectif.

Parmi les chantiers en cours à l’ENSM, il y a celui concernant le recrutement et le statut des professeurs. Où en est-on ?

Nous travaillons à la stabilisation du mode de recrutement de nos professeurs, dont 70% ont actuellement la qualification pour enseigner des matières STCW. Nous avons recours actuellement, à titre de solution temporaire, à des recrutements contractuels. Nous souhaiterions pouvoir organiser un recrutement par concours pour les professeurs de l’enseignement maritime et de l’enseignement technique maritime, mais on nous dit que, compte-tenu du faible nombre de postes offerts, c’est  délicat à organiser. Nous continuons à chercher des solutions.

Le concours du cycle polyvalent/ingénieur est ouvert pour 160 élèves cette année. Ce nombre va-t-il rester stable ou varier, comme on l’a vu, en fonction de la conjoncture économique ?

Je tiens immédiatement à préciser que le vrai critère de recrutement sera le niveau des candidats. Les 160 places correspondent au nombre de place que nous pouvons offrir mais nous n’allons pas les pourvoir à tout prix si le niveau n’est pas suffisant. Nous avons pu constater que la réforme de l’enseignement secondaire a eu des effets importants sur le niveau en matières scientifiques de nos candidats et avons dû mettre en place des cours de soutien en 1ère année à Marseille. Nous ouvrons donc ce nombre maximal de place mais l’expérience nous montre que nous ne ferons peut-être pas le plein.

 

Propos recueillis par Caroline Britz, © Mer et Marine,  mars 2016

 

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