Défense
Interview : L’amiral Lebas, commandant du groupe aéronaval français

Interview

Interview : L’amiral Lebas, commandant du groupe aéronaval français

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Emmené par le Charles de Gaulle, le groupe aéronaval français rentre à Toulon à l’issue de sa troisième mission en moins de deux ans contre Daech. Depuis la Méditerranée orientale, le porte-avions a de nouveau lancé ses appareils contre les positions du groupe terroriste en Irak et en Syrie, appuyant les forces irakiennes et kurdes combattant sur le terrain les djihadistes. La présence du Charles de Gaulle, qui était pour la première fois déployé en mode « tout Rafale », avec à bord 24 avions de ce type, a permis de renforcer les moyens aériens de la coalition à un moment critique, lorsqu’ont été lancées des offensives majeures sur les principaux fiefs de Daech, Mossoul et Raqqa. En deux mois, les appareils du Charles de Gaulle, ses Rafale mais aussi ses deux avions de guet aérien Hawkeye, ont connu une activité intensive, avec pour cette mission Arromanches 3 quelques 480 sorties et 2700 heures de vols réalisées pour le compte de la coalition.  

Avec le contre-amiral Lebas, commandant du groupe aéronaval français, également connu sous le nom de Task Force 473, nous faisons le point sur cet engagement.

MER ET MARINE : Pouvez-vous nous rappeler les grandes lignes de cette mission ?

CA LEBAS : La France est, après les Etats-Unis, le second contributeur de la coalition internationale luttant contre Daech. Notre mission a consisté à soutenir et amplifier l’effort militaire français contre les terroristes. Pour cela, nous avons quotidiennement envoyé des avions intégrés à l’opération Inherent Resolve, qui combine les efforts au profit des troupes irakiennes et kurdes intervenant au sol, en Irak et en Syrie.

Comment s’organise cette coalition, qui rassemble aujourd’hui 60 pays ?

La coalition définit les besoins en fonction de contrats opérationnels avec les contributeurs, par exemple le porte-avions américain et les forces françaises, ou encore les Britanniques qui déploient des Typhoon et Tornado, les Allemands des capacités de ravitaillement, etc. En fonction de ce contrat, nous organisons le cycle du porte-avions. Nos avions partent pour des missions plus ou moins longues, avec en moyenne une dizaine de sorties par jour dédiées aux opérations de la coalition, auxquelles s’ajoutent les sorties effectuées pour les besoins propres du groupe aéronaval. Avec les moyens de l’armée de l’Air et ceux de la Marine nationale, la France a réalisé 15% des sorties de frappes.

Ce troisième déploiement en moins de deux ans a été rendu possible du fait du report de quelques mois du second arrêt technique majeur du Charles de Gaulle. Mais il a été nettement plus court que les précédentes missions du porte-avions. Du fait de sa durée réduite, cet engagement était-il vraiment indispensable ?  

Notre déploiement, même s’il a été prolongé sur décision du

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