Marine Marchande
Interview : Marc Reverchon, vice-président et directeur général de La Méridionale

Interview

Interview : Marc Reverchon, vice-président et directeur général de La Méridionale

Marine Marchande

Marc Reverchon, directeur général de la  Méridionale (groupe STEF), fait le bilan d’une année 2012 « de transition » dans l’attente du nouveau contrat de délégation de service public sur la desserte de la Corse. Un exercice qui a vu son armement, qui emploie actuellement 440 personnes dont 320 marins et qui exploite trois navires mixtes (les Piana, Girolata et Kalliste), tirer son épingle du jeu sur le marché des traversées vers l’île de Beauté et une bonne progression du trafic passagers.

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MER ET MARINE : Entrée en ligne de votre nouveau ferry Piana, préparation du nouveau contrat de délégation de service public pour la desserte de la Corse, quel est le bilan 2012 de la Compagnie Méridionale de Navigation ?

 

MARC REVERCHON : 2012 a été une année de transition, dans l’attente du nouveau contrat de délégation de service public pour la desserte de la Corse, pour lequel nous avons postulé aux côtés de la SNCM. Elle fait suite à une année 2011 un peu particulière durant laquelle la SNCM a connu une grève exceptionnelle de 47 jours. Ce qui avait provoqué un gros report de fret, environ 40 000 mètres linéaires, sur nos navires. Les chiffres de fret de cette année, 821 000 mètres linéaires, sont donc en léger repli par rapport à ceux de 2011 (826 000 mètres linéaires). Mais c’est un résultat correct, conforme à nos prévisions et qui s’inscrit dans un contexte de marché roulier pour la première fois en recul de 0.8% sur l’ensemble du trafic entre la Corse et le continent.

 

Et pour le trafic passagers ?

 

C’est notre meilleure année en valeur absolue. Nous avons embarqué 273 000 passagers vers la Corse et la Sardaigne. Ce qui correspond à une progression de 8% dans un marché global français qui ne progresse lui-même que de 2%. C’est une belle croissance qui est notamment due à l’entrée en flotte  et au succès commercial de notre navire Piana, qui effectue les rotations entre Marseille et Bastia.

2012, avec un chiffre d’affaires de 108 millions d’euros, est donc une bonne année, qui nous permet d’être raisonnablement optimistes pour l’avenir.

 

Les modalités de la nouvelle délégation de service public de la desserte de la Corse vont être connues dans les jours à venir. Que représente ce contrat pour votre armement ?

 

Nous sommes entièrement et exclusivement dédiés à cette activité. La seule ligne que nous exploitons, entre la Corse et la Sardaigne, qui n’entre pas dans ce contrat, est, pour autant largement conditionnée par le trafic de la délégation de service public. Pour ce nouvel appel d’offre, nous avons donc à nouveau présenté un dossier aux côtés de la SNCM.  Paul-Marie Bartoli a fait savoir il y a quelques jours qu’un accord global, technique et financier, avait été finalisé entre notre groupement d’armement et l’Office des Transport de la Corse.  Il reste donc désormais à rédiger dans le détail le projet de contrat. L’ouverture à la vente est prévue au 1er juin prochain pour une application effective des nouvelles conditions de la délégation de service public au 1er janvier 2014.

 

Vous avez entré en flotte un nouveau navire, le Piana, l’an passé. D’autres investissements sont-ils prévus prochainement ?

 

Non, la flotte est stabilisée et adaptée aux besoins du marché. La question du renouvellement de nos navires se posera aux alentours de 2020.

 

De nouvelles contraintes techniques, liés aux conventions internationales, vont prochainement s’appliquer aux navires croisant en Méditerranée, quel impact y aura-t-il sur votre armement ?

 

Nous avons deux échéances majeures. Il s’agit d’abord  de l’application des nouvelles règles de Stockholm, adoptées suite à l’accident du ferry Estonia, qui concernent les règles de stabilité des navires à passagers suite à une avarie. Celles-ci vont notamment imposer des nouvelles configurations de cloisonnement. Des travaux importants vont devoir être réalisés sur nos navires à l’occasion des premiers arrêts techniques suivant l’année 2015.

Il y a ensuite l’application de l’annexe 6 de la convention Marpol qui va imposer en 2020 un taux de rejet en soufre de 0.1%  dans les émissions des navires en Méditerranée. Même si nous ne sommes pas aussi prêts de l’échéance que nos confrères de Manche, nous sommes face au même constat. Il n’y a pas, pour l’instant, de solutions techniques adaptées, autre que le passage au gas-oil, ce qui n’est pas viable économiquement. Nous sommes donc dans l’expectative.

 

Propos recueillis par Caroline Britz

La Méridionale (Compagnie Méridionale de Navigation) Interviews