Construction Navale
Interview : Tapani Pulli, vice-président de Meyer Turku

Interview

Interview : Tapani Pulli, vice-président de Meyer Turku

Construction Navale

Tapani Pulli est le vice-président du chantier Meyer Turku. Il revient sur l’actualité, les projets et les futurs investissements du chantier finlandais.

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MER ET MARINE : Le groupe Meyer, qui possède les chantiers Meyer de Papenburg et Neptun de Rostock, a racheté le chantier de Turku, auparavant STX Europe, en septembre 2014. Comment cette arrivée s’est-elle traduite ici, en Finlande?

TAPANI PULLI : De manière très positive. Le fait d’avoir été repris par un groupe familial reconnu et prestigieux tel que Meyer nous a permis de retrouver la confiance de tous nos interlocuteurs, des banques et bien sûr de nos clients. Nous avons désormais la certitude de pouvoir nous projeter à long terme et avons pu engager un plan de modernisation de notre chantier, dont l’arrivée du nouveau portique de 1200 tonnes est une des premières étapes. Nous sommes en train d’identifier tous les axes d’amélioration de notre chaîne de production ainsi que les possibilités d’augmenter notre capacité pour nous permettre de suivre l’agrandissement de la taille des navires. Nous étudions par exemple l’opportunité d’allonger notre cale sèche. Ce genre de plan et d’investissement nous est désormais possible grâce à la stabilité du groupe qui nous a racheté.

Est ce que, pour autant, vous aller garder une autonomie au sein du groupe Meyer ? Allez vous garder votre propre savoir-faire ?

Absolument. Jan Meyer n’a jamais souhaité fusionner le chantier avec Papenburg, bien au contraire. Nous avons nos bureaux d’étude et de design, notre chaîne de production et notre tissu de sous-traitants avec qui le chantier travaille depuis de nombreuses années. De même, nous avons notre structure commerciale et pouvons avoir notre propre clientèle.

Mais il est évident que, si nous pouvons rester indépendants, nous pouvons également travailler en coopération avec les autres chantiers du groupe. Certains coûts peuvent être mutualisés. Ainsi pour la dernière commande du groupe Carnival, qui comporte deux navires pour Aida, construits à Papenburg, et deux autres pour Costa, construits ici à Turku, nous avons travaillé sur la même plateforme. Mais chaque chantier conserve son identité.

Vous évoquez la dernière commande de Carnival qui introduit le GNL dans la propulsion des paquebots. Est-ce un domaine dans lequel vous voyez des possibilités de développements ?

Nous sommes très attentifs à cette question de la propulsion au GNL, à laquelle nous travaillons depuis longtemps, ici dans le Nord de l’Europe. Nous avons déjà construit des navires l’utilisant comme le ferry Viking Grace ou le navire de Tallink, que nous sommes en train de terminer. Notre savoir-faire nous a permis de proposer une solution adaptée pour les futurs paquebots de Costa. Nous sommes cependant fortement dépendants du développement des infrastructures portuaires adaptées dans le monde. Ce sont elles qui décideront de l’avenir de ce marché.

Votre cahier des charges est actuellement rempli de paquebots. Regardez-vous également vers d’autres marchés ? N’êtes vous pas inquiet d’une éventuelle surcapacité de navires de croisière ?

La stratégie est actuellement principalement axée autour du marché des paquebots, c’est vrai. Nous pensons que la demande mondiale va continuer à augmenter dans les prochaines années, dans les proportions actuelles à savoir 5% par an. Nos infrastructures nous permettent de jouer un rôle sur ce marché qui est, il est vrai, concurrentiel et qui peut le devenir davantage, avec notamment l’arrivée de nouveaux acteurs dans la construction navale, comme Genting en Allemagne.

Nous restons néanmoins optimistes et regardons, évidemment, toute les opportunités qui peuvent se présenter à nous, notamment sur le marché des ferries.

Votre activité va être amenée à beaucoup augmenter dans les mois et années à venir. Disposez-vous de suffisamment de main d’œuvre qualifiée pour y répondre ?

Nous avons la chance de disposer d’une excellente réputation en Finlande, ce qui nous permet d’attirer de nombreuses candidatures, à tous les niveaux de qualifications. Une bonne collaboration avec les écoles, centre d’apprentissage et universités nous permet aussi de recruter facilement et localement. Dans les trois prochaines années, nous allons ainsi embaucher près de 800 personnes.

 

Propos recueillis par Caroline BRITZ à Turku, © Mer et Marine,  juin  2016

 

 

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)