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Iran : un trafic en croissance en 2019 malgré l’embargo

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Iran : un trafic en croissance en 2019 malgré l’embargo

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Les chiffres des ports iraniens sont diffusés en décalage. En 2019, l’ensemble des ports d’Iran ont vu leur trafic croître de 3,2%. Une tendance qui doit s’analyser en tenant compte de l’embargo décrété par les États-Unis. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

Avec 150,3 Mt, le système portuaire iranien reprend de sa vigueur après les pertes enregistrées en 2018. Cette tendance de croissance ne doit pas cacher les évolutions sur les dernières années. Comparativement à 2017, le trafic portuaire iranien n’a pas encore récupéré son volume de l’époque, qui était de 153,6 Mt.

À l’export, principalement du pétrole

Principal flux iranien, à l’export, les produits pétroliers gagnent 3,5% à 46 Mt par rapport à 2018. Cette année-là, les ports iraniens avaient enregistré une baisse de 5,3%. Le second courant de ces ports est à ranger du côté des « produits essentiels ». Ils regroupent le blé, les céréales, le maïs, le soja, le riz, le sucre, les huiles alimentaires, les produits carnés et les produits alimentaires. Avec 23,9 Mt en 2019, ils ont progressé de 25,5%. Ils sont le signe que l’Iran réussit à importer des produits pour nourrir la population.

Matériaux de construction exportés

Pour pouvoir acheter sur le marché international des produits alimentaires, l’Iran exporte, outre son pétrole, des matériaux de construction et des minéraux. En 2019, ce courant a pesé 34,7 Mt, en hausse de 6,1%. Des flux essentiellement réalisés en sortie.

Deux ports en tête

Deux ports se partagent 82% du trafic total avec un trafic cumulé de 124 Mt. Imam Khomeini a réalisé un trafic de 44 Mt. Le port de Shahid Rajaee totalise, en 2019, 80 Mt. Situé dans le détroit d’Hormuz, ce port traite principalement des produits pétroliers (26,8 Mt) et des conteneurs (20 Mt). Le port d’Imam Khomeini dispose pour sa part d’un trafic plus diversifié. Ses deux principaux trafics traitent des denrées essentielles et des produits pétroliers. Chacun de ces flux entre pour un peu plus de 15 Mt. Au total, ces deux courants pèsent 70% des trafics du port.

Conteneurs: une baisse de 18,7%

Du côté des conteneurs, les ports iraniens ont totalisé un trafic de 1,9 MEVP en 2019. Des flux en diminution de 18,7% par rapport à 2018. L’embargo décidé contre la République islamique a joué à plein dans cette diminution du trafic. Entre 2017 et 2019, les ports iraniens ont vu leur volume de conteneurs perdre 35,6% passant de 3,09 MEVP à 1,9 MEVP.

Shahid Rajaee, seul port au-dessus du million d’EVP

Un seul port dépasse le million d'EVP, le port de Shahid Rajaee avec 1,6 MEVP. Le port du détroit d’Ormuz affiche une baisse de ce trafic de 19,8%. Ensuite, seul le port de Imam Khomeini réalise un trafic supérieur à 100 000 EVP, avec 113 739 EVP en 2019. S’il a progressé de 28% en 2019, le port du nord du pays n’arrive pas à retrouver ses volumes de 2017 qui s’établissaient à 141 813 EVP. Les autres ports ne franchissent pas le cap des 100 000 EVP.

Un pays de transit

Le trafic de transit entre pour 5,7 Mt, soit 3,8% du trafic total. L’Iran souhaite jouer un rôle dans le transit vers les pays sans littoral d’Asie centrale. En août, le directeur des ports de la région du Baluchistan a signé un Memorandum avec le secteur privé afghan pour favoriser l’approvisionnement de ce pays par le port de Chahabar. Cet accord doit permettre au secteur privé d’Afghanistan d’investir à Chahabar. Des trafics pour ce pays sont actuellement réalisés dans le port de Shahid Rajaee. Ils devraient être transférés dans les prochaines semaines vers Chahabar. Ce port du sud de l’Iran est géré en partie par des intérêts indiens.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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