Marine Marchande
Irish Ferries supprime la ligne Rosslare-Roscoff
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Irish Ferries supprime la ligne Rosslare-Roscoff

Marine Marchande

La compagnie irlandaise a annoncé cette semaine la fin de la ligne Roscoff-Rosslare pour 2019. La raison invoquée ? Le nouveau navire qui va assurer la liaison entre l’Irlande et la France, le W.B. Yeats, est trop grand pour le port finistérien et ne sera donc exploité que sur la ligne Dublin-Cherbourg.

En 2019, terminé les rotations d’Irish Ferries entre Roscoff et Rosslare, en Irlande. Une ligne qui existait pourtant depuis 1995 qui a transporté plus de 1,5 million de passagers. La raison ? Le nouveau bateau de la compagnie, qui vient de lui être livré, le W.B. Yeats (195 mètres de long pour 31.6 mètres de large) est tout simplement trop gros pour le port de Roscoff. Une information confirmée par Ole Bockman, le directeur d’Irish Ferries en France et responsable pour les ports de Roscoff et Cherbourg. « Le bateau doit pouvoir accoster dans les deux sens. Mais, à Roscoff, on ne peut mettre qu’une seule rampe à l’arrière, avec 1,5 mètre de vide. La direction en Irlande a estimé que c’était trop dangereux vis-à-vis de la sécurité », explique Ole Bockman qui précise que le nouveau navire est 15 mètres plus long et quasi 5 mètres plus large que le navire qui effectuait les rotations jusqu’à présent, l’Oscar Wilde. Ce dernier a, d’ailleurs, été mis en vente.

 

Le W.B. Yeats

Le W.B. Yeats (© : IRISH FERRIES)

 

1 885 passagers et 1 200 voitures

Irish Ferries pourrait-elle revenir sur sa décision ? Difficile à imaginer car accueillir le W.B. Yeats impliquerait de gros travaux à Roscoff selon la compagnie. « À Cherbourg, ils ont été obligés d’en faire pour que le navire accoste dans de bonnes conditions », ajoute Ole Bockman. Le W.B. Yeats pourra accueillir jusqu’à 1 200 voitures et 1 885 personnes à bord. C’est désormais la route Dublin-Cherbourg qui a été choisie.

Côté emplois, deux personnes travaillaient le temps de saison, chaque année. Une à temps plein et l’autre à temps partiel. « Les contrats ne seront pas renouvelés en 2019 », a simplement indiqué le directeur en France.

« On attend des explications »

Du côté du port de Roscoff, cette annonce ne passe pas. « On aurait souhaité l’apprendre un peu plus tôt ! D’autant plus qu’il y a eu un conseil portuaire dernièrement, avec Irish Ferries. Ce problème de taille du bateau n’a pas été évoqué ! », peste Jean-Paul Chapalain, président de la CCIMBO Morlaix, qui gère le port de Roscoff. Pour lui « dire que le bateau est trop grand, ce n’est pas un argument. Le port de Roscoff s’est toujours adapté. On devait faire les essais. Non, il s’agit d’un choix stratégique… ». C’est un coup dur pour Roscoff. À court terme, ce sont 55 escales à Roscoff de moins pour 2019. « Côté emplois, ils minimisent l’impact car, en plus des deux saisonniers, Irish Ferries travaillait avec une société indépendante de dockers installée sur le port de Roscoff », précise le président de la CCIMBO.

Une réunion doit se tenir en janvier : « Je ne peux pas me contenter d’un courrier, on attend un peu plus d’explications ! », lance Jean-Paul Chapalain. La compagnie est dans les temps, puisqu’elle avait un préavis de six mois pour mettre fin à sa collaboration avec Roscoff. Cette réunion sera l’occasion de définir les modalités de fin du contrat, sachant que les rotations Rosslare-Roscoff débutaient en mars.

Une opportunité pour Brittany Ferries ?

À long terme, le président de la CCIMBO ne craint pas pour Roscoff. « Ça laisse de la place à la Brittany Ferries pour accentuer son offre vers l’Irlande. Nous avons notre place, avec une configuration en entrée de Manche stratégique ».

Un article de la rédaction du Télégramme