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Irritation syndicale suite à l'inauguration du siège de l'Ifremer par Jean Castex

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Irritation syndicale suite à l'inauguration du siège de l'Ifremer par Jean Castex

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L’inauguration du nouveau siège de l’Ifremer le 6 février dernier par le premier ministre Jean Castex n’a pas laissé indifférent les syndicats, dont la CGT qui, par la voix de Franck Jacqueline, son délégué syndical central, en a fait part à Mer et Marine. « Nous avons tout d’abord été très étonnés de ne pas être invités ni réellement prévenus de cette cérémonie », dit-il avant de soulever plusieurs points d’irritation suite au discours du premier ministre. « Le seul programme qui a été évoqué est Extraplac, qui n’est de loin pas la campagne au service de l’environnement que nous menons mais qui est celle qui pourrait être le plus utile aux industriels qui veulent extraire des nodules polymétalliques. Pas un mot n’a été prononcé sur les soixante personnes qui ont perdu leur travail lors du déménagement du siège à Brest et de la perte de savoir que cela a occasionné. Rien n’a été dit sur l’avenir concret de l’Ifremer et de ses moyens, sur la loi de programmation de la recherche, sur la soixantaine de postes de chercheurs et de techniciens qui n’a toujours pas été pourvue ou sur les modalités de financement des remplaçants de l’Alis et du Thalia ». Les syndicats, qui s’étaient majoritairement opposés au déménagement à Brest, ne décolèrent pas au sujet du coût du nouveau siège brestois qu’ils estiment être une « gabegie » et s’interrogent sur les 150.000 d’euros annuellement dépensés pour l’ancien siège d’Issy-les-Moulineaux.

Interrogée sur ces différents points par Mer et Marine, Patrick Vincent, directeur général délégué de l’Ifremer indique que « le choix des invités a été effectué par les cabinets de la Préfecture du Finistère et du Premier ministre. Dès que les conditions sanitaires le permettront, la direction de l’Ifremer envisage d’organiser un événement plus inclusif en présence des salariés, mais aussi des membres de son conseil d’administration, de son comité scientifique et, plus largement, de ses partenaires ». Il confirme également le renouvellement, pour 2025 et 2026, des Alis et Thalia, « cette annonce intervient comme un engagement du Premier ministre et consolide ainsi des décisions prises lors du Conseil d’administration de l’Ifremer du 8 octobre 2020 ». Il ajoute ensuite, « au sujet de la mention de l’avenir de l’Ifremer et aux moyens accordés, nous ne maîtrisons pas les choix de discours du Premier ministre. Dans le cadre de la loi de programmation de la recherche, une revalorisation des rémunérations dans les EPIC est inscrite et sera mis en œuvre selon les critères établis par l’Etat ».

Pour répondre à l’interrogation spécifique de la CGT sur l’affectation des 49 millions d’euros issus de la vente des parts de l’Ifremer dans CLS, Patrick Vincent précise qu’ils « seront investis sur 10 ans pour soutenir des infrastructures de recherche ouvertes et aux frontières de la connaissance pour l’observation des océans, accélérer et amplifier la politique d’innovation de l’institut et développer les sciences marines de la durabilité ». En ce qui concerne le coût du siège d’Issy-les-Moulineaux, il rapporte que la somme évoquée correspond à un maintien en l’état des lieux dans le but d’une vente dont le principe a été approuvé en mai 2020. « Le produit de cette vente sera réaffecté à la modernisation de locaux et d’installations scientifiques du centre de Plouzané ». Enfin, sur la question d’Extraplac, le directeur expose qu’il s’agit d’un « programme d’expertise scientifique et technique et non de recherche. Le Premier ministre a en effet annoncé le financement de sa poursuite sur l’enveloppe dédiée au Programme prioritaire de recherche Océan Climat. Il est à noter que c’est aussi Jean Castex qui a décidé de faire passer l’enveloppe totale du PPR Océan Climat de 20 millions d’euros à 40 millions d’euros lors du dernier CIMER. Globalement, le budget nécessaire pour achever Extraplac d’ici fin 2030 devrait avoisiner 5 millions d’euros ».

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