Construction Navale
IRT Jules Verne : Une aubaine pour l’innovation navale

Actualité

IRT Jules Verne : Une aubaine pour l’innovation navale

Construction Navale

Créé en mars 2012, le premier Institut de Recherche Technologique français monte en puissance. Installé sur le site du Technocampus EMC2 de Bouguenais, près de Nantes, l’IRT Jules Verne est dédié aux technologies avancées de production, pour les structures composites, métalliques et hybrides. Aux côtés de l’aéronautique, de l’énergie et des transports terrestres, le naval est l’un des quatre secteurs concernés par les recherches menées par l’Institut. Une structure dont la particularité est de fédérer des acteurs privés et publics, grands groupes industriels, PME/PMI, universitaires et écoles d’ingénieurs. Ces acteurs mutualisent leurs moyens de recherche afin de mettre au point de nouvelles techniques pour permettre aux avancées technologiques d’être, ensuite, transposées dans les outils de production et, ainsi, améliorer la compétitivité du tissu industriel. Dans le domaine naval, plusieurs chantiers ont été lancés cet été. C’est le cas, par exemple, d’un nouveau procédé de soudure, la technologie par friction malaxage, qui permet d’effectuer une soudure impeccable en un seul passage, sans préchauffage, sans apport de matériau et sans déformation. Ce procédé existe déjà pour le travail de l’aluminium mais les équipes de l’IRT planchent actuellement pour permettre son utilisation sur de grandes surfaces et une forte épaisseur d’acier. L’objectif est, à terme, de pouvoir réaliser de cette manière de grandes formes métalliques complexes, comme des coques de navires et autres mâts d’éoliennes. « L’adaptation de cette technique permettra de réduire les reprises, d’améliorer la sécurité, d’alléger les structures et, finalement, de réduire les coûts », explique Alain Bovis, directeur de DCNS Research, l’un des acteurs principaux de l’IRT.  

 

 

Bassins hydrodynamiques numériques

 

D’autres programmes sont également prévus, par exemple sur la maîtrise de la corrosion à long terme ou de nouveaux procédés de collage. L’étude d’une future usine intégrée d’éoliennes offshores, optimisée dans ses moindres détails, est également prévue. Il est aussi question d’utiliser la réalité augmentée en production, par exemple sur les casques de soudeurs, qui auraient ainsi, sur l’intérieur de leurs visières, différentes informations sur les taches à accomplir et des paramètres, comme ceux relatifs à la chaleur. Actuellement, l’un des grands projets navals de l’IRT porte sur le développement de bassins hydrodynamiques numériques. Cette plateforme vise à éviter le recours aux bassins d’essais des carènes pour toute la phase de conception d’un navire ou d’une structure offshore. « Grâce à cet outil, nous pourrons étudier numériquement des dizaines de formes jusqu’à trouver la carène optimale », souligne Xavier Leclercq, directeur technique de STX France. Le chantier nazairien, qui travaille sur de nouveaux designs de navires, comme les ferries propulsés au GNL du projet Pegasis, espère, grâce aux améliorations sur l’hydrodynamisme, mais aussi l’allègement des structures (notamment au travers de nouvelles techniques de soudage), pouvoir réduire de 35% la consommation des bateaux. Un gain énorme qui procurerait au constructeur un avantage certain sur la concurrence. La compétitivité par la recherche et l’innovation est, d’ailleurs, la raison d’être de l’IRT Jules Verne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Jean-Marc Ayrault en fait un exemple de la compétitivité par l’innovation

 

C’est pourquoi le premier ministre a lancé hier, dans les locaux de l’IRT, le grand chantier du gouvernement en faveur de la compétitivité des entreprises. Pour cette visite, Jean-Marc Ayrault était accompagné d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME et à l’Innovation. Dans son discours, le chef du gouvernement, après avoir affirmé son « refus du déclin industriel de la France », a rappelé que les efforts en matière d’innovation devaient non seulement bénéficier aux grands donneurs d’ordres, mais également à leurs sous-traitants, à toutes ces PME et PMI qui doivent, elles aussi, innover pour demeurer compétitives.  « L’un des facteurs majeurs de la compétitivité est l’innovation, qui doit bénéficier à toutes les entreprises. Beaucoup ne disposent pas des outils scientifiques et de la technologie pour accéder à de nouveaux marchés ou résister à la concurrence. Les IRT impliquent justement des PME dans tous leurs projets et apportent les compétences technologiques qu’elles n’ont pas pour qu’elles en bénéficient et se développent. Les IRT travaillent sur de nouveaux procédés, sur des techniques plus performantes, sud es prototypes, puis transfèrent les technologies innovantes vers le tissu industriel, ce qui permet des gains de productivité ».

 

Jean-Marc Ayrault à l'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Jean-Marc Ayrault à l'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Jean-Marc Ayrault à l'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Jean-Marc Ayrault à l'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Jean-Marc Ayrault à l'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Jean-Marc Ayrault à l'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

« L’IRT va être un pôle d’attraction considérable et bénéfique pour tous » 

 

Dédié à la recherche et au transfert de technologie, mais également à la formation, du bac pro au doctorat, l’IRT Jules Verne ambitionne de devenir un centre et un campus de référence mondiale dans le domaine des technologies avancées de production. A terme, l’objectif est de créer 5000 emplois et de regrouper sur le site 1000 chercheurs et autant d’étudiants. Pour cela, des investissements très importants vont être consentis. En tout, plus de 300 millions d’euros sur 10 ans, dont 115 millions d’euros provenant de l’Etat, 120 millions d’euros des entreprises et un accompagnement de l’ordre de 100 millions d’euros pour les collectivités locales, notamment sur l’immobilier et les infrastructures. Les recherches menées par l’IRT arrivent à point nommé pour l’industrie navale, notamment suite à la feuille de route établie par le Conseil d’orientation de la recherche et de l’innovation pour la construction et les activités navales (CORICAN) dans le cadre des travaux sur le navire du futur. « Alors que la filière s’est dotée d’une feuille de route à 10 ans, cet instrument fédère les grands donneurs d’ordres et les PME. L’IRT va être un pôle d’attraction considérable et bénéfique pour tous », souligne Alain Bovis. Au-delà de DCNS et STX France pour le naval, l’institut, pluridisciplinaire, regroupe aussi d’autres grands noms, comme Airbus ou Alstom, ce dernier intervenant entre autres dans le secteur des énergies marines renouvelables. Tous les acteurs impliqués devraient donc bénéficier d’une mutualisation des moyens de recherche, mais aussi d’un décloisonnement sectoriel, permettant de profiter des avancées de telle ou telle filière, éventuellement transposables dans d’autres domaines. L’arrivée prochaine du CEA, via sa Direction de la Recherche Technologique (DRT), pourrait, ainsi, bénéficier à l’industrie navale car son activité très forte en robotique est susceptible de pouvoir améliorer les méthodes de production.

 

L'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

L'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

L'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

L'IRT Jules Verne (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Technocampus Ocean sera opérationnel dans deux ans

 

En plus de l’IRT Jules Verne, le site de Bouguenais va s’enrichir d’une nouvelle structure, entièrement dédiée au secteur naval. Il s’agit du Technocampus Océan, qui ouvrira ses portes en 2014. Cette plateforme technologique occupera 16.000 m² de locaux avec différents laboratoires travaillant sur la construction navale et les énergies marines renouvelables. Ses travaux porteront notamment sur le comportement des structures métalliques à la mer, le traitement et la protection de surfaces au contact des fluides et les matériaux métalliques dans les applications marines. A son ouverture, quelques 300 personnes devraient y travailler, dont 180 de DCNS Research, qui va déménager sur le Technocampus Océan, dont le groupe naval sera le premier partenaire privé, avec 17.5 millions d’euros d’investissements prévus en 10 ans. La plateforme regroupera également des équipes de l’IRT, de STX ou encore des Universités et de grandes écoles, comme Centrale et les Mines.

Naval Group (ex-DCNS) Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)