Marine Marchande
Israël accuse l’Iran d’être à l’origine de la pollution sur ses côtes

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Israël accuse l’Iran d’être à l’origine de la pollution sur ses côtes

Marine Marchande

La ministre de l’Environnement israëlienne, Gila Gamliel, a accusé l’Iran d’être derrière la grave pollution qui touche les côtes israéliennes depuis le 17 février. Un acte qui serait délibéré, commis entre le 1er et le 2 février, et dénoncé par la ministre comme un « attentat environnemental ».

Dans une salve de tweets mercredi, la ministre a expliqué qu’Israël avait pu identifier, après deux semaines d’enquête, le « bateau criminel » à l’origine de la pollution. Il s'agit de l’Emerald, un Aframax battant pavillon Panama. Ce navire a d'abord été présenté comme un bateau « appartenant à une société libyenne », puis peut être des Iles Marshall. Selon son ministère, il transportait « illégalement », 112.000 tonnes de brut depuis l'Iran vers la Syrie.

Le ministère est revenu en détail mercredi, puis jeudi, sur les circonstances de l’incident et les résultats de l'enquête. Pour retrouver le coupable, les enquêteurs ont procédé par élimination. Tout d’abord, des analyses ont confirmé qu’il s’agissait de pétrole brut, permettant de réduire la liste des suspects de 35 navires à seulement quatre pétroliers, dont deux ont été exclus compte tenu de leurs positions dans les jours ayant précédé l’incident. Un autre pétrolier, le Minerva-Helen, a été inspecté en Espagne et en Grèce, pour être écarté à son tour de la liste des suspects.

Le ministère israélien de l’Environnement explique que le navire a été localisé à proximité de l’île iranienne de Kharg le 17 janvier où il a très probablement chargé le pétrole. Le navire a coupé son AIS en quittant l’Iran, avant de le réactiver pour passer Suez, pour le couper à nouveau à proximité des eaux israéliennes, le 1er février. Il a été réactivé 230 milles plus au nord, le 2 février, en approchant de la Syrie. La pollution se serait produite dans cet intervalle, « à des dizaines de kilomètres de la côte israélienne », possiblement dans ses eaux économiques. A posteriori, des satellites européens ont repéré une tache de pétrole datant du 5 février, puis une autre le 11 février, à environ 50 km des côtes israéliennes.

Le navire aurait ensuite transbordé entre le 3 et le 14  février le reste du pétrole qu’il transportait sur d’autres navires. Une déduction établie à partir du tirant d’eau du navire, passé de 14.3 à 8.5 mètres. Des images satellites transmises par la société TankerTrackers sont présentées comme une opération de transfert de navire à navire en pleine mer menée le 14 février entre l’Emerald et le Lotus, un navire syrien battant pavillon iranien. Finalement, l’Emerald est retourné en Iran, en coupant à nouveau son AIS à plusieurs reprises.

L’enquête a mobilisé, côté israélien, une unité de protection du milieu marin du ministère, l’Israel Oceanographic and Limnological Research, ainsi que la société Windward. Mais aussi, à l’étranger, l’agence américaine NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et l'Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA).

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