Marine Marchande
Italie : débarquements et transbordements de rescapés

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Italie : débarquements et transbordements de rescapés

Marine Marchande

Deux traitements différents. Le petit remorqueur Mare Jonio, (pavillon italien), de l’ONG Mediterranea, a obtenu l’autorisation de débarquer 67 rescapés dans le port de Pozzallo en Sicile. Mais le Sea Watch 3 (pavillon allemand) de l’ONG éponyme a dû transborder à Porto Empedocle, près d’Agrigente, 211 autres migrants sauvés en Méditerranée vers le ferry Moby Zazà, pour qu’ils soient placés en quarantaine. Sea Watch a « désapprouvé » cette quarantaine en mer car elle considère qu’un autre navire ne peut être considéré comme un « port sûr ». Mais elle l’a acceptée « dans le meilleur intérêt de nos invités et des opérations ».

L’Italie, qui a rouvert ses frontières le 3 juin, a affrété deux ferries pour accueillir les rescapés et semble plus prompt à réagir. Auparavant, il fallait parfois plusieurs semaines avant que les migrants puissent quitter le bord des navires humanitaires. L’Italie chercherait à supprimer ou assouplir les décrets pris par Matteo Salvini qui ferment les ports aux bateaux des ONG et imposent saisies et amendes.

Ce sujet reste sensible auprès de l’opinion publique et Rome a demandé dans une lettre (co-signée par l’Espagne, la Grèce, Malte et Chypre) le soutien de l’Europe en cas de reprise massive des tentatives de traversées à la faveur de l’été. Elle y réclame une redistribution équitable, automatique et obligatoire en les Etats de l’UE.

En parallèle, l’Italie, qui fait face à une pénurie de main d’œuvre pour l’agriculture, a commencé à régulariser des clandestins se trouvant sur son territoire. Plus de 200.000 migrants illégaux pourraient ainsi être temporairement régularisés.

Un troisième navire, l’Ocean Viking, de SOS Méditerranée, a appareillé lundi après plusieurs mois d’immobilisation à Marseille. Il doit se positionner au large de la Libye, en Méditerranée centrale.

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