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Jacques Rougerie veut relancer l’Aquabulle

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Toujours en quête de financements pour réaliser la station de recherche océanique Sea Orbiter, l’architecte Jacques Rougerie a, en attendant, décidé de restaurer l’Aquabulle.  Mis à l’eau pour la première fois en mars 1978, ce petit habitat sous-marin, à la fois cellule de décompression pour professionnels et mini observatoire scientifique, est constitué d’une sphère en méthacrylate maintenue par une armature en aluminium reliée à un bloc technique. Un lest de 5 tonnes permet de positionner l’Aquabulle entre deux eaux, en suspension, jusqu’à 60 mètres. D’une hauteur de 2.8 mètres pour 2.5 mètres de diamètre, elle peut, grâce à sa réserve d’air permanente, abriter 3 personnes pendant 24 heures.

L’Aquabulle avait été conçue à l’époque par l’architecte en collaboration avec Henri-Germain Delauze, le mythique patron de la Comex. De par sa simplicité de mise en œuvre et de déplacement, elle avait aussi été imaginée comme le refuge sous-marin idéal pour les promeneurs subaquatiques, parmi eux les enfants que Jacques Rougerie a souvent associés dans ses expérimentations.

 

 

Pendant 20 ans, elle participé à de nombreuses expérimentations à vocation scientifique. L’Aquabulle a notamment été une base vie en 1981, à côté de la maison sous-marine Hippocampe, que Jacques Rougerie avait réalisée et expérimentée au large de Marseille, au Frioul, avec l’Ifremer, l’océanographe Nardo Vicente mais aussi la Comex et la Marine nationale.

 

la maison sous-marine Hippocampe (© Jacques Rougerie Architecte)

la maison sous-marine Hippocampe (© Jacques Rougerie Architecte)

la maison sous-marine Hippocampe (© Jacques Rougerie Architecte)

la maison sous-marine Hippocampe (© Jacques Rougerie Architecte)

 

Jusqu’en 1998, l’Aquabulle a servi à plusieurs opérations subaquatiques, notamment celle de  l’île des Embiez. « Je l’avais laissée depuis à l’institut Paul Ricard et, 20 ans après, je me suis dit qu’il était dommage de ne pas la réutilisée et remettre à l’eau un habitat sous-marin. Je l’ai donc récupérée il y a six mois et elle est en cours de restauration à Marseille. Elle va être complètement reconfigurée et agrandie pour lui donner plus d’autonomie, et sortira de ce chantier quasiment neuve », explique Jacques Rougerie.

Pouvant être techniquement positionnée à plusieurs centaines de mètres de profondeur, en mode suspendu, l’Aquabulle est accessible uniquement aux plongeurs utilisant des bouteilles. « C’est un équipement réservé à des professionnels, essentiellement à l’air jusqu’à 50 mètres de profondeur, mais il est possible d’aller au-delà avec des mélanges. L’Aquabulle, qui peut servir aux paliers de décompression, offre un environnement pressurisé, avec une bouée en surface qui envoie de l’air comprimé ou des mélanges. Grâce à elle, on peut mener des observations sur une très longue durée, pour suivre l’évolution des fonds marins et le comportement des espèces aquatiques. Il est aussi possible de s’en servir pour des missions archéologiques sur des épaves. Les plongeurs peuvent par exemple prendre des objets, les ramener dans l’Aquabulle pour les observer et en discuter avec leurs collègues, avant de les redéposer. Pour cet emploi, elle présente aussi l’avantage d’améliorer la sécurité en servant de zone refuge, ce qui est très utile à grande profondeur », souligne l’architecte.

Dans sa nouvelle configuration, l’Aquabulle sera toujours en mesure d'accueillir 3 personnes, qui pourront rester du matin au soir, travailler à bord, se restaurer et se reposer entre deux plongées.

Alors que les travaux de restauration devraient s’achever dans les prochaines semaines, Jacques Rougerie espère pouvoir remettre rapidement à l’eau son petit habitat sous-marin. Mais pour cela, il doit d’abord obtenir les autorisations administratives nécessaires.