Construction Navale
J-G Malcor (CORIMER) : « le second AMI doit être plus efficace et rapide »

Interview

J-G Malcor (CORIMER) : « le second AMI doit être plus efficace et rapide »

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Interview

Après l’échec du défunt CORICAN et les ratés d’un premier appel à manifestation d’intérêt initié en 2019, le Comité d’Orientation de la Recherche et l’Innovation pour la Mer n’a, cette fois, pas le droit à l’erreur. Instance de soutien aux projets de R&D maritime français, le CORIMER a lancé le 1er octobre son deuxième appel à manifestation d’intérêt (AMI). Il évolue pour mémoire dans le sillage du Comité Stratégique de Filière (CSF) des Industriels de la Mer, créé il y a deux ans et qui réunit les industries navales, nautiques et offshore, ainsi que les énergies marines renouvelables via quatre organisations professionnelles : GICAN, EVOLEN, FIN et SER. Son objectif est d’assurer un pilotage unifié du soutien à l’innovation, afin de mieux cibler à la fois les aides publiques et les projets structurants à soutenir, pour l’Etat comme les industriels. 

Alors que la défiance règne chez de nombreux acteurs des filières maritimes quant à l’accessibilité et l’efficacité des dispositifs publics de soutien à l’innovation, Mer et Marine fait le point avec Jean-Georges Malcor, président du CORIMER.

MER ET MARINE : Le CORIMER a succédé à l’ancien CORICAN, qui s’est globalement soldé par un échec. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a changé et à quoi sert cette instance ?

JEAN-GEORGES MALCOR : Le CORIMER s’inscrit dans le cadre de la création en 2018 du Comité Stratégique de Filière des industries de la mer, avec notamment pour but de tirer les leçons du CORICAN, qui était surtout porté par le GICAN alors que là, nous avons un spectre beaucoup plus large puisqu’en plus de la construction navale nous sommes ouverts à l’industrie nautique et aux énergies marines.

Ce que nous souhaitons, c’est créer à côté de la filière des industries de la mer une instance où se retrouvent les représentants des industriels mais aussi de l’Etat au niveau des sources de financement. Car il est très facile de se perdre dans les méandres de l’administration pour trouver les financements nécessaires. Là, il s’agit de réunir les bons acteurs pour être le plus efficace possible dans le soutien à la R&D et l’innovation maritimes.  

Concrètement, le CORIMER vient récupérer les bonnes idées de la filière grâce à des appels à manifestation d’intérêt. Cela, avec un filtre stratégique, en fonction des priorités de l’Etat et des financements mis à disposition, et l’on vérifie que l’Etat et les tutelles des guichets sont alignés avec les objectifs. Le visa du CORIMER ne constitue pas une garantie de financement mais il offre une précieuse visibilité dans la mesure où il a été vu par les financeurs étatiques.

Sauf que l’année dernière, pour le premier AMI, les choses ne se sont pas aussi bien passées que prévu…

L’an dernier, il y a effectivement eu des soucis mais permettez-moi de commencer d’abord par ce qui a marché.  En premier lieu, ce premier appel à manifestation d’intérêt a suscité des propositions de R&D très intéressantes, 21 ayant reçu un visa du CORIMER pour une volumétrie totale d’environ 35 millions d’euros. Les gens se sont donc mobilisés et cela a été un beau succès, surtout si l’on considère qu’en France la R&D liée à la mer est jusqu’ici pauvre si on la compare avec d’autres filières, comme l’aéronautique.

Ces projets ont reçu le visa du CORIMER et l’Etat a joué le jeu en venant autour de la table.

Ce qui a été plus compliqué c’est que, même si nous avions les tutelles étatiques autour de la table, nous n’avions pas les guichets de financement eux-mêmes, pour faire simple l’Ademe et Bpi. Nous nous sommes donc retrouvés dans une situation où des acteurs essentiels n’étaient pas alignés, avec des guichets découvrant les projets sans avoir prévu leur financement. Nous nous en sommes émus auprès du gouvernement fin 2019 en expliquant que ça n’était pas sérieux et …