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Jean-Yves Le Drian lance une enquête approfondie sur la sécurité de l'Ile Longue

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Jean-Yves Le Drian lance une enquête approfondie sur la sécurité de l'Ile Longue

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Branle-bas de combat hier, au ministère de la Défense, après les informations révélées par Le Télégramme concernant la sécurité de l’Ile Longue, la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins située en rade de Brest. A l’issue de plusieurs mois d’enquête, notre confrère Hervé Chambonnière a mis à jour une série de failles, dont certaines assez ahurissantes, dans le dispositif sensé garantir la sûreté de l’une des installations militaires françaises les plus sensibles (voir l’enquête du Télégramme). Suite à ces révélations, qui ont eu un écho très important au plan national, et même au-delà,  Jean-Yves Le Drian a ordonné une enquête approfondie, confiée à l’inspection générale des Armées. Celle-ci devra rendre au ministre de la Défense une analyse complète de la sécurité terrestre, aérienne et maritime de l’Ile Longue.  

 

 

Vue satellite de l'Ile Longue en 2006 (© : DIGITAL GLOBE)

Vue satellite de l'Ile Longue en 2006 (© : DIGITAL GLOBE)

 

L'Ile Longue (© : MER ET MARINE)

L'Ile Longue (© : MER ET MARINE)

 

 

« Différentes couches complémentaires »

 

 

Face aux multiples questions soulevées, dans l’après-midi, le porte-parole du ministère de la Défense, s’est quant à lui voulu rassurant. Pierre Bayle a indiqué que les problèmes évoqués par le quotidien breton  « ne traitent que d’une partie des mesures de protection statiques de l’Ile Longue. Le dispositif de sécurité repose sur différentes couches complémentaires. Il fait intervenir les services de l’Etat qui participent également à une protection dynamique et en profondeur (Marine nationale, Gendarmerie, services de renseignement…) Ce dispositif ne fait évidemment l’objet d’aucune publicité ». Reste que les informations révélées par Le Télégramme montrent qu’il est possible de s’introduire sur la base et de nuire à son bon fonctionnement. Certes, aucun système n’est infaillible mais il y a tout de même des lacunes évidentes et certains systèmes ou procédures méritent manifestement d’évoluer, en intégrant par exemple moyens modernes pour le contrôle des accès au site. L’enquête d’Hervé Chambonnière a, en tous cas, le mérite de jeter un gros pavé dans la mare et va probablement accélérer les mesures de rénovation et de modernisation de la sécurité de l’Ile Longue. Car, même si des améliorations ont été engagées récemment, malgré son statut d’emprise stratégique, la base des SNLE est, elle aussi, soumise aux contraintes budgétaires, à même de repousser certains investissements. Or, à la lumière des projecteurs, les crédits ont souvent tendance à se débloquer plus vite.

 

 

L'Ile Longue (© : MARINE NATIONALE)

L'Ile Longue (© : MARINE NATIONALE)

 

L'une des formes de l'Ile Longue (© : MARINE NATIONALE)

L'une des formes de l'Ile Longue (© : MARINE NATIONALE)

 

 

La tanière des SNLE

 

 

Pour mémoire, cette base, située sur la presqu’île de Crozon, a été mise en service en 1970 afin d’accueillir les premiers SNLE de la Force Océanique Stratégique (FOST). Après les six unités du type Le Redoutable, l’Ile Longue accueille aujourd’hui leurs successeurs, les quatre bâtiments du type Le Triomphant. Ces SNLE de 138 mètres de long et plus de 14.000 tonnes de déplacement en plongée embarque chacun 16 missiles balistiques dotés de plusieurs têtes nucléaires. Alors qu’au moins un SNLE est toujours en mer, assurant la permanence de la dissuasion nucléaire française, l’Ile Longue compte, pour accueillir les autres, un port ainsi que deux formes, où les sous-marins peuvent être mis en cale sèche. L’île abrite, en outre, une vaste zone pyrotechnique où sont entreposés et  préparés les missiles.

 

 

Fusilier-marin (© : MARINE NATIONALE)

Fusilier-marin (© : MARINE NATIONALE)

 

Plusieurs centaines de gendarmes maritimes et de fusiliers-marins sont chargés de la protection de ce lieu hautement protégé. « De nombreux capteurs contribuent à la protection du site et les clôtures sont intègres. Des exercices, des tentatives d’intrusion sont organisés régulièrement par les autorités, une formation continue à la sécurité est assurée auprès du personnel, ou encore des inspections sont régulièrement menées », précise Pierre Bayle. « Plusieurs zones dont l’accès est protégé, entourent le coeur de la base. Pour le dire simplement, plus vous vous rapprochez du centre de la base, plus vous devez être habilité et soumis à des mesures de vérification d’identité et, le cas échéant, d’inspection et de fouille. Les points névralgiques font l’objet d’une protection particulière ».

 

 

SNLE à l'Ile Longue (© : MARINE NATIONALE)

SNLE à l'Ile Longue (© : MARINE NATIONALE)

Marine nationale