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Jérémie Beyou jette l'éponge. Cinquième abandon dans le Vendée Globe

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Jérémie Beyou jette l'éponge. Cinquième abandon dans le Vendée Globe

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Arrivé hier matin au Brésil, Jérémie Beyou a confirmé son abandon. Le skipper de Delta Dore a dû mettre en route son moteur pour s'amarrer à quai à Recife. Le solitaire est le cinquième à devoir jeter l'éponge sur avarie grave, après Alex Thomson (Hugo Boss), Kito de Pavant (Groupe Bel), Marc Thiercelin (DCNS) et Yannick Bestaven (Aquarelle.com). « J'ai déplombé mon moteur. Suite à une dernière discussion avec mon équipe, impossible de réparer seul, donc je vais directement à quai. Une équipe (Team Delta Dore+locaux) m'attend sur place », indiquait Jérémie Beyou à la Direction de Course hier matin. Le solitaire était extrêmement déçu, mais n'avait pas d'autre choix au vu des dégâts occasionnés à son mât suite au bris d'une barre de flèche tribord. Jérémie Beyou a répertorié cinq avaries. Les pièces mécaniques d'ancrage (appelées tang) des barres de flèche 2 et 3 tribord sont cassées. Il n'y a aucune possibilité d'en usiner de nouvelles à bord ni de les réparer. Ce sont des pièces en titane, usinées avec précision dans la masse et ajustées à leurs parties femelles sur les barres de flèche. D'autre part, les deux barres de flèche en carbone numéros 2 et 3 tribord sont cassées. Une stratification serait possible à bord, mais leur résistance mécanique serait très amoindrie après une réparation de fortune. Cela nécessite de réaliser une expertise avant toute stratification. Ensuite, le gréement dormant périphérique tribord, en fibre textile PBO, est très endommagé par les chocs répétés des barres de flèche : haubans (verticaux 2 et 3),les diagonaux 3 et 4 sont hors d'utilisation. De même, la bastaque tribord est fortement endommagée (fibre sectionnée) et, enfin, le tube du mât en carbone est lui-même partiellement délaminé par les chocs répétés des barres de flèche. « La mer a fait son travail de sape sur le gréement déjà bien abîmé du bateau, et le revoir naviguer rapidement et en sécurité m'apparaît à ce jour impossible. Mais le coup le plus dur a été reçu lorsque j'ai constaté l'avarie il y a trois jours : devoir me retirer du match dans lequel j'étais si bien installé fût un crève-coeur. Le bateau allait bien, le bonhomme aussi. Je peux vous affirmer que mon bateau était en parfait état, parfaitement préparé, jusqu'à cette tuile », expliquait le skipper.

Pendant ce temps, au dernier pointage hier soir, Loïc Peyron (Gitana Eighty) était toujours en tête de la course, suivi à une douzaine de milles par Sébastien Josse (BT). Jean-Pierre Dick (Paprec - Virbac 2) pointait en troisième position, devant Armel Le Cléac'h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB). En tout, 25 skippers sont encore en lice pour cette sixième édition du Vendée Globe, tour du monde en solitaire et sans assistance.