Construction Navale
JFA Yachts : Dans les coulisses du chantier naval

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JFA Yachts : Dans les coulisses du chantier naval

Construction Navale

« JFA Yachts, les Concarnois connaissent plus ou moins. Ils savent qu’il y a des hangars, des bateaux qui rentrent et qui sortent, mais souvent ça s’arrête là ». Vendredi dernier, le chantier naval ouvrait ses portes aux institutionnels et à ses partenaires. Samedi, c’était au tour du public de venir découvrir l’envers du décor. L’objectif affiché par Brigitte Jaouen-Guennec, responsable administrative et financière ? « Présenter l’entreprise et, derrière la vitrine commerciale, les hommes qui la composent, leurs expertises diverses et leur savoir-faire ». Et, peut-être susciter quelques vocations. Grâce à la deuxième édition des Journées des savoir-faire d’excellence, c’est désormais chose faite.

La visite, menée tambour battant par la sœur du cofondateur et président, Frédéric Jaouen, débute à l’entrée du bâtiment regroupant bureau d’études et pôle commercial. D’un côté, les dessinateurs, « interfaces entre les plans conçus par l’architecte naval et l’unité de production ». De l’autre, les postes administratifs, comptables et l’activité commerciale. « Entre le moment de la rencontre avec les futurs clients et la mise à l’eau du bateau, il faut compter environ deux ans et demi », précise la guide. Ceux-ci devant participer à l’élaboration des plans et assister aux réunions avec les chefs d’atelier, un véritable service de conciergerie (recherche d’un logement provisoire, d’un médecin…) est également assuré par l’entreprise, labellisé « Entreprise du patrimoine vivant » depuis mars 2017.

Jusqu’à 500 tonnes

« JFA construit à l’unité, par rapport à une demande précise, détaille Brigitte Jaouen-Guennec. Nos activités vont de la construction neuve à la réparation ou la reconstruction (refit) ». Un bref aperçu du travail de Sébastien, qui occupe le poste d’acheteur et répond à tous les besoins en termes de matières premières et consommables. Plus tard, c’est Stéphane, responsable de la partie chaudronnerie, qui prend le relais. Chez lui, le bateau arrive en pièces détachées. Huit cent à 1 000 pour être plus précis. Chaque morceau a sa spécificité, sa place. Triés et numérotés, ils seront assemblés après un travail préparatoire de six semaines. « Un vrai jeu de construction », sourit celui qui exerce au sein de l’entreprise depuis maintenant douze ans.

Certaines de ces « maisons qui bougent » peuvent peser jusqu’à 500 tonnes. En tout, ils sont six compagnons à travailler en chaudronnerie. « Nous ne sommes pas beaucoup. Normal, on est tous bons. Donc pas besoin d’être nombreux », plaisante Stéphane, dont la polyvalence est une qualité essentielle. « Ici, on est toujours amené à sauter d’un poste à l’autre. Il faut savoir un peu tout faire : monter, souder… ». Raison pour laquelle, depuis sa création, la société fait la part belle à la formation (apprentissage, alternance, compagnons du devoir).

Des métiers de passion

Direction ensuite le hall métallo textile, dont les dimensions ont permis d’accueillir le « Mousetrap », l’un des plus grands catamarans en carbone du monde. « Il prenait tout le bâtiment », se souvient Stéphane. Le bateau y est construit à l’envers. Il sera ensuite retourné, à l’extérieur, à l’aide d’une grue. « Vous devez retenir votre souffle à chaque fois ! », s’exclame, impressionnée, une visiteuse devant les images de l’opération dévoilées au petit groupe.

En parallèle de la construction même du produit, ils sont une vingtaine à plancher sur l’aménagement intérieur, au sein de l’atelier menuiserie. « Toutes les parties nobles sortent des mains des compagnons, souligne Brigitte Jaouen-Gennec. C’est ce qui fait la renommée mondiale du chantier ». Le bois y est huilé, verni ou peint, et toutes les pièces sont laquées dans la cabine de peinture. La partie déco, elle, peut aller de la sélection de l’essence et des tissus, jusqu’au choix de la literie ou de la vaisselle. Un prototype d’une porte coulissante de douche encombre même l’un des établis. « Ce sont vraiment des métiers de passion. Vous avez dû vous en apercevoir en entendant Stéphane parler de ses coques en alu », conclut dans un sourire la responsable administrative et financière.

Un article de la rédaction du Télégramme

Port de Concarneau