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Jifmar mène à bien sa première installation d’éolienne flottante

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La compagnie marseillaise Jifmar Offshore Services a mené à bien, début mai, l’installation de l’éolienne flottante Floagen sur le site d’essais en mer SEM-REV, au large du Croisic. Un très beau contrat pour l’entreprise, qui réalise la première opération du genre en France et démontre, au passage, son savoir-faire et les capacités de ses navires multifonctions.

Spécialisée dans les travaux maritimes, historiquement dans l’Oil&Gas, Jifmar s’est fortement développée dans le secteur des énergies marines renouvelables ces dernières années, décrochant de nombreux contrats au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne et en France.

La spécificité de la compagnie est qu’elle arme une flotte de navires de travail compacts et très équipés. Des unités de 24 à 34 mètres dotées d’un système de positionnement dynamique (DP1 ou DP2), d’importants moyens de traction, de relevage et de manutention. Ils sont également conçus pour la mise en œuvre de plongeurs et de robots télé-opérés, dont Jifmar possède une demi-douzaine d’exemplaires opérés par ses propres équipes. En plus de ces navires, Jifmar et sa filiale VDC Offshore exploitent des remorqueurs et vedettes de soutien. Et le groupe s’appuie sur un important département d’ingénierie, qui travaille sur les études de détail et la déclinaison opérationnelle des projets de ses clients.

Ces dernières années, Jifmar a effectué sur des projets de parcs éoliens offshore des missions de survey ou UXO (UneXploded Ordnance), destinées à identifier et traiter les engins explosifs historiques présents au fond de la mer. Mais la société s’est surtout distinguée pour les interventions réalisées lors des opérations d'assistance à la pose, de branchement et de maintenance de câbles électriques sous-marins sur des parcs internationaux.

Avant donc d’assurer cette année la responsabilité complète de l’installation de la première éolienne flottante construite en France, Floatgen. Adoptant le design innovant de fondation en anneau carré Damping Pool, développé par la société française Ideol, la machine s’appuie sur un flotteur en béton, réalisé par Bouygues, d’environ 5000 tonnes, mesurant 36 mètres de côté pour 9.5 mètres de haut. L’ensemble, surmonté par une éolienne Vestas de 2 MW, doit être testé pendant deux ans en conditions réelles d’utilisation sur le SEM-REV, site d'essais opéré par Centrale Nantes.

 

Floatgen avant son départ de Saint-Nazaire (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le rôle de Jifmar a consisté à coordonner le remorquage de la machine depuis le port de Saint-Nazaire, où elle a été construite, jusqu’à son site d’essais, puis intégrer sur son flotteur les lignes d’ancrage.

Ce projet aura représenté plus de 23.000 heures de travail d’ingénierie pour Jifmar, soit plus que l'opération en elle-même (un peu plus de 20.000 heures). Pour que l'installation de l'éolienne soit conduite en toute sécurité, avec un minimum de surprises et le plus rapidement possible, d’importants travaux préparatoires ont été réalisés. Les équipes ont planché durant plusieurs mois sur les moindres détails d’une opération très lourde, constituant une première en France. Il a par exemple fallu concevoir sur mesure les outils nécessaires pour la manutention de l’extrémité des ancrages depuis le pont du Jif Challenger, l’un de ses navires mobilisés pour cette mission, jusqu’aux points de fixation sur le flotteur de l’éolienne.  

Avant cela, les moyens de Jifmar avaient effectué les opérations de survey sur la zone, vérifiant que les lignes d’ancrage posées l’an dernier étaient toujours en place et les préparant pour la connexion au flotteur.

 

Lors de l'installation de Floatgen (©  Ideol / BYTP / Centrale Nantes / Above all)

 

Les VB Typhon et VB Ouragan, deux unités de Boluda, ont assuré le remorquage entre Saint-Nazaire et Le Croisic sous la conduite de Jifmar, dont l'un des nouveaux navires, Le Lydia D, les a épaulés pour maintenir l’éolienne en place durant les opérations d’ancrage. Celles-ci ont été conduites par le Jif Challenger, alors que le Jif Patrol 1 assurait la surveillance de zone et le support aux autres navires (dont les relèves d'équipage). Il a en effet fallu plusieurs jours pour mener à bien l’installation de Floatgen, les équipes devant jongler avec une météo très capricieuse. La machine est désormais solidement amarrée par environ une trentaine de mètres de fond, avec quatre de ses six lignes, ce qui est suffisant pour assurer sa tenue en toute sécurité. Les deux autres lignes, qui offrent une redondance supplémentaire, doivent être connectées ultérieurement.

 

 

Au final, le projet aura mobilisé 61 personnes opérationnelles et 8 en back-office, ainsi que 7 navires (dont ceux de Boluda) ayant cumulé 29 jours d'opérations effectives en mer. Ce contrat et son succès étaient de première importance pour Jifmar. Car il a notamment permis de démontrer que les petits navires multifonctions de la compagnie étaient capables de gérer un tel travail, offrant ainsi une alternative intéressante aux grosses unités offshore. « Notre solution est moins coûteuse et opérationnellement très souple, avec des bateaux compacts, complètement outillés et DP2. Un gros navire offshore n’aurait d’ailleurs pas pu se faufiler entre les lignes d’ancrage comme l’a fait le Jif Challenger pendant l’installation de Floatgen », explique-t-on chez Jifmar. De quoi ouvrir de belles perspectives à la compagnie, qui vise maintenant, en plus de l’éolien posé, les parcs pilotes et futures fermes commerciales d’éoliennes flottantes. Certes, ces derniers seront équipés de structures nettement plus grandes, mais les petits navires de Jifmar ont l’habitude des gros morceaux avec l’industrie pétrolière et gazière. Ainsi, l’an dernier, le Roxane Z, l'un des bateaux de sa flotte, a assuré au Cameroun l’ancrage et la connexion de câbles de l’Hilli Episeyo, un ancien méthanier converti en unité flottante de production de stockage de gaz naturel liquéfié (FNLG). Un mastodonte de 294 mètres de long pour une largeur de 62 mètres, dont le port en lourd atteint 72.000 tonnes et la capacité 125.000 m3 de GNL.

 

Jifmar Offshore Services Dossier Energies Marines 2018