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Kerguelen : La France souhaite agrandir son domaine maritime

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Kerguelen : La France souhaite agrandir son domaine maritime

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Pétrole, gaz, gisements miniers, pêche... Alors que les ressources sous-marines sont de plus en plus convoitées, la France entend bien accroître ses possessions au sud de l'océan Indien. Un dossier est en cours d'élaboration afin de faire reconnaître, par les Nations Unies, une extension du domaine maritime sous souveraineté nationale, autour des Terres Australes et Antarctiques Françaises. Dans ce cadre, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer vient d'achever une nouvelle campagne océanographique au large des îles Kerguelen. Après une brève escale à la base scientifique française de Port Alfred (Île de la Possession, archipel de Crozet), la campagne Kergueplac-3 s'est terminée le 7 février au Cap, en Afrique du sud. À bord du Marion Dufresne -affrété par l'Institut Polaire Paul Emile-Victor (IPEV) depuis le 3 janvier- une équipe de scientifiques a travaillé à l'acquisition de données sismiques autour des îles françaises. L'équipe comprenait des membres de l'Ifremer, de l'IPEV, de l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg, et du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine.
Cette campagne, troisième du genre autour des Kerguelen, a été menée dans le cadre du programme Extraplac (pour EXTension RAisonnée du PLAteau Continental).

Revendiquer une possible extension du plateau continental

Selon l'Ifremer, les résultats préliminaires confortent la possibilité d'extension du plateau continental, que la France souhaite revendiquer dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer. Or, si les études complémentaires des données acquises confirment ces premiers résultats, la Commission des limites du plateau continental pourrait accepter l'extension demandée. La France disposerait alors des droits souverains sur l'exploration du plateau continental et l'exploitation de ses ressources naturelles. Les ressources énergétiques et minérales sont concernées, ainsi que des ressources biologiques, si elles sont en contact permanent avec le sol. Ces ressources, bien que restant pour l'instant potentielles, peuvent s'avérer stratégiques pour la France.



Une carte de la campagne Kerguelen-3 (Photo IFREMER)

Le programme Extraplac

Le comité de pilotage du programme national Extraplac, animé par le Secrétariat Général de la Mer et coordonnant l'action de plusieurs ministères (*), a été mis en place en 2002-2003. L'Ifremer en assure la maîtrise scientifique et technique avec trois partenaires : le SHOM, l'IFP et l'IPEV. Ce programme a pour but de réaliser les travaux scientifiques et techniques nécessaires à l'élaboration des dossiers, qui permettront à la France de revendiquer, auprès de l'ONU, une extension de son plateau continental au delà des 200 miles nautiques, conformément à l'Article 76 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer.
Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Clipperton, Antilles, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon, La Réunion, Mayotte, îles Eparses... Avec 11 millions de kilomètres carrés, la France dispose aujourd'hui du second domaine maritime mondial derrière celui des Etats-Unis. A titre de comparaison, l'Hexagone ne s'étale que sur 675.417 km². Cette énorme Zone Economique Exclusive (ZEE) devrait, dans les années à venir, voir son importance économique et stratégique se renforcer, la mer recelant de gigantesques ressources naturelles.
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(*) Les principaux ministères concernés sont : Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables, Ministère de l'Intérieur de l'Outre-mer et des Collectivités Territoriales, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ministère des Affaires Etrangères et Ministère de la Défense.





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