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Kership achève son tout premier programme militaire

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Kership achève son tout premier programme militaire

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Avec la livraison du Dumont d’Urville, dernier des quatre bâtiments de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM, ex-B2M) de la Marine nationale, Kership a mené à bien le programme avec lequel cette société commune de Piriou (55%) et Naval Group (45%) a débuté son activité.

Créée en 2013, elle est positionnée sur le marché de la défense et de sécurité, avec une large gamme de bateaux militarisés mais conçus aux normes civiles destinés à ce qu’on appelle communément l’action de l’Etat en mer. Des plateformes allant jusqu’à 100 mètres, de l’intercepteur au patrouilleur hauturier en passant par les bâtiments de soutien, les vedettes et crew boats blindés, les unités dédiées aux opérations amphibies ainsi que les navires hydro-océanographiques. L’alliance est fondée sur les solutions civiles que Piriou maîtrise, ainsi que sur sa meilleure compétitivité en matière d’unités peu armées, Naval Group apportant son savoir-faire sur les systèmes de combat,  l’intégration d’équipements militaires et l’interopérabilité, ainsi bien-sûr que ses connaissances des marines étrangères et son réseau commercial international.

 

Le BSAM Seine (

Le BSAM Seine (©  KERSHIP)

 

Notifiés en 2014 et 2015, Deux programmes de la Marine nationale ont servi de tremplin à Kership. Les BSAOM, dont les trois premiers exemplaires (D’Entrecasteaux, Champlain et Bougainville) ont été livrés en 2016 et 2017, ainsi que les quatre bâtiments de soutien et d’assistance métropolitains (BSAM, ex-BSAH), qui s’achèvera cette année avec la mise en service de la Seine et de la Garonne, qui suivent la Loire et le Rhône.

Sur la base de ces unités, Kership a décroché en 2016 son premier contrat à l’export. Il s’agit de la vente au Maroc d’un bâtiment hydro-océanographique multi-missions (BHO2M) Dar al Beida, achevé fin 2018 et qui fut donc, chronologiquement, le premier programme mené à bien par la coentreprise de Piriou et Naval Group.  

 

Le BHO2M marocain Dar al Beida (

Le BHO2M marocain Dar al Beida (©  KERSHIP)

 

Alors que la commande par le Gabon d’un patrouilleur neuf et la reprise de l’ex-Tapageuse française, annoncée en 2014, est finalement tombée à l’eau, le succès sur le marché international n’a cependant pas été aussi rapide que prévu. En 2017, Kership a donc évolué afin d’être plus efficace et accroître son activité à l’export. La gouvernance a été clarifiée et une organisation plus cohérente et lisible pour les clients adoptée. Les équipes ont été regroupées, permettant de mutualiser et rationaliser les ressources en matière de projets, de marketing, de commercial et d’offres. Une organisation territoriale a par exemple été mise en place par zones géographiques, avec des ressources mutualisées qui, selon les cas, travaillent pour Piriou, Naval Group ou Kership.

 

Le patrouilleur hauturier L'Adroit (

Le patrouilleur hauturier L'Adroit (©  MARINE NATIONALE)

 

Une réorganisation qui semble payante puisque les projets se multiplient et de nouveaux gros contrats à l’export ont été engrangés. Avec d’abord, en 2018, la vente à l’Argentine du patrouilleur hauturier L’Adroit et la construction de trois unités neuves de ce type (OPV 87), livrables entre 2020 et 2022. Kership va aussi bénéficier du programme majeur des douze nouveaux bâtiments de guerre des mines belges et néerlandais, Naval Group et ECA, réunis au sein du consortium Belgium Naval & Robotics (BNR), ayant été désignés vainqueurs de la compétition internationale le 15 mars par le gouvernement belge. La signature du contrat reste suspendue à l’examen d’une procédure contre cette attribution initiée par le chantier belge EDR, qui faisait partie d’un consortium concurrent. Si le recours est purgé, la commande pourra entrer en vigueur normalement avant l’été. Kership n’était pas en compétition directement sur ce projet, le client exigeant des candidats au chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros. C’est donc Naval Group qui a porté le dossier, s’alliant avec ECA puisque le système de drones associé aux bâtiments est un aspect crucial du programme. Kership doit néanmoins bénéficier à plein du renouvellement de la guerre des mines belgo-néerlandaise sur le plan industriel. La construction des bateaux belges et néerlandais va en effet permettre de réactiver le chantier de Lanester, près de Lorient, racheté en 2016 et mis sous cocon fin 2017 faute d’activité. Le site Piriou de Concarneau sera aussi engagé dans ce programme, qui vient compléter celui des patrouilleurs argentins et offre une visibilité importante car l’achèvement des futurs bâtiments belges et néerlandais s’échelonnera de 2023 à 2030.

 

Vue des futurs bâtiments de guerre des mines belges et néerlandais (

Vue des futurs bâtiments de guerre des mines belges et néerlandais (© BNR)

 

Et il ouvre en plus des perspectives importantes au moment où de nombreuses marines souhaitent renouveler leurs moyens de guerre des mines avec des systèmes robotisés. L’obtention du marché belgo-néerlandais place d’ailleurs Kership en excellente position pour le futur programme des quatre bâtiments français qui succèderont aux chasseurs de mines tripartites, qui avaient justement été conçus en coopération avec la Belgique et les Pays-Bas dans les années 80.

 

Le CPV 25, l'un des modèles de patrouilleurs cotiers et vedettes de la gamme Kership (

Le CPV 25, l'un des modèles de patrouilleurs cotiers et vedettes de la gamme Kership (©  KERSHIP)

 

Alors que Kership est en lice sur différents projets internationaux dans le domaine des vedettes, patrouilleurs côtiers et OPV, d’autres programmes majeurs sont convoités en France. A commencer par celui des six nouveaux patrouilleurs d’outre-mer (POM), dont la commande est attendue dans les mois qui viennent en vue d’une livraison entre 2022 et 2024. Puis il y aura les dix nouveaux patrouilleurs océaniques, dont les deux premiers exemplaires sont attendus en 2024 et 2025.

Dans ces perspectives françaises et internationales, Kership a fait évoluer sa gamme d’OPV en 2018, avec de nouvelles plateformes de 45, 52, 70 et 75 mètres, ces derniers étant par exemple des candidats naturels pour les POM.

 

OPV 75 (

OPV 75 (©  KERSHIP)

OPV 70 (

OPV 70 (©  KERSHIP)

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OPV 58 (©  KERSHIP)

OPV 58 (

OPV 58 (©  KERSHIP)

 

La société commune de Piriou et Naval Group mise également sur l’aboutissement des programmes de bâtiments de soutien français et du BHO2M marocain, qui constituent autant de produits désormais éprouvés, pour trouver de nouveaux débouchés sur le marché des navires polyvalents et scientifiques. Les besoins sont importants à l’international et, en France, le Shom doit s’équiper de deux nouvelles unités hydro-océanographiques au cours de la prochaine décennie. Des bateaux qui seront comme pour la guerre des mines équipés de drones, offrant à Kership une position favorable.

L’entreprise travaille enfin sur le segment des opérations amphibies, avec au-delà des chalands et barges de débarquement le développement d’unités de projection, à l’image du LSPV 90.

 

Le chaland de 50 mètres Sidi Ifni livré par Piriou en 2016 à la marine marocaine (

Le chaland de 50 mètres Sidi Ifni livré par Piriou en 2016 à la marine marocaine (©  PIRIOU)

Le bâtiment de projection LSPV 90 (

Le bâtiment de projection LSPV 90 (©  KERSHIP)

Le bâtiment de projection LSPV 90 (

Le bâtiment de projection LSPV 90 (©  KERSHIP)

Piriou Naval Group (ex-DCNS)