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Kership livre le BSAH Rhône

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Réalisé à Concarneau et arrivé début avril à Brest, le second des quatre nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) de la Marine nationale vient d’être réceptionné par la Direction Générale de l’Armement. L’admission au service actif du Rhône est prévue d’ici la fin de l’année, à l’issue d’un déploiement de longue durée loin des côtes métropolitaines.

Tête de série du programme BSAH, la Loire, basée à Toulon, a quant à elle été livrée le 22 mars dernier. Ayant achevé le 8 juillet son déploiement de longue durée, qui avait débuté le 2 mai et l’a conduite jusqu’en océan Indien, elle va voir son ASA prononcée incessamment sous peu.

En construction au chantier concarnois Piriou, les troisième et quatrième unités de la série, les Seine et Garonne, rallieront la flotte française en 2019. La Seine sera comme la Loire basée à Toulon alors que la Garonne rejoindra le Rhône à Brest.

Pour mémoire, ce programme de 160 millions d’euros a été notifié en 2015 par la DGA à Kership, coentreprise de Piriou et Naval Group qui achèvera par ailleurs, à la fin de cette année, le programme des quatre bâtiments multi-missions (B2M) destinés aux territoires ultramarins.  

Les BSAH vont remplacer sur la façade méditerranéenne les bâtiments de soutien de région (BSR) Gazelle (1978) et Taape (1983), à la pointe Bretagne les remorqueurs de haute mer (RHM) Tenace (1973) et Malabar (1976), ainsi que le BSR Elan (1978) aujourd’hui positionné à Cherbourg. Les Taapé et Elan seront retirés du service en 2019. 

 

Le BSAH Rhône (© : KERSHIP)

Le BSAH Rhône (© : KERSHIP)

 

Longs de 70.3 mètres pour une largeur de 15.8 mètres et un tirant d’eau de 5 mètres, les BSAH affichent un déplacement de 2960 tonnes en charge. Capables d’atteindre 14 nœuds, ces bâtiments, armés par deux équipages de 17 marins se relayant à bord tous les quatre mois (ce qui permet d'assurer 200 jours de mer par an), peuvent accueillir 12 personnes supplémentaires.

Ces unités très polyvalentes sont conçues pour accomplir trois missions principales.

D’abord le soutien des forces, avec par exemple l’accompagnement d’un sous-marin nucléaire d’attaque déployé Outre-mer ou à l’étranger, dans un port non équipé pour recevoir un SNA. A cet effet, le BSAH dispose notamment de deux défenses de grande taille pour permettre l’accostage à couple d’un sous-marin. Les BSAH ont également été dimensionnés pour pouvoir remorquer les plus grosses unités de la Marine nationale, qu’il s’agisse des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (138 mètres, 12.000 tonnes) ou du porte-avions Charles de Gaulle (261 mètres, 42.000 tonnes). Pour cela, ils disposent d’une capacité de traction au point fixe de 80 tonnes (contre 60 tonnes pour les RHM Tenace et Malabar) avec un treuil principal permettant de déployer deux remorques longues de 1900 mètres.

S’y ajoutent un treuil de travail et deux treuils secondaires, ainsi qu’une grue d’une capacité de levage maximale de 21 tonnes (11 tonnes au niveau du tableau arrière, pour une allonge de plus de 25 mètres). Ces moyens permettent aux BSAH de remplir des missions de soutien de région : travaux d'ancrage ou d'entretien de mouillages, relevage de coffres ou épaves, remorquage de cibles, repêchage de torpilles d'exercice. Des berceaux à torpilles sont notamment installés sur le grand pont arrière, d’une surface de 250 m2. Des espaces sont prévus sur celui-ci pour l’embarquement de 6 conteneurs de 20 pieds (EVP).

En plus d’une embarcation semi-rigide de type EDO, la drome comprend par ailleurs une embarcation de travail en aluminium longue de 8 mètres.

Les bâtiments sont également gréés pour la mise en œuvre de plongeurs, avec des locaux dédiés pour leur préparation et le stockage du matériel.

Les BSAH ont enfin, comme troisième grande mission, la sauvegarde des personnes et des biens. Ils pourront intervenir dans le cadre d’opérations de sauvetage en mer et d’assistance à des navires en difficulté, y compris en matière de lutte contre les incendies avec deux systèmes FiFi (canons à eau) d’une capacité de 1200 m3/h. Ces bâtiments sont aussi prévus pour lutter contre la pollution, avec des cuves permettant de diffuser des produits dispersants dans des nappes d’hydrocarbures ainsi qu’un barrage flottant de 300 mètres, déployé depuis le pont avec le concours de l’embarcation de travail.

L’armement est quant à lui centré sur l’autodéfense, avec des mitrailleuses de 12.7mm et 7.62mm.

 

Marine nationale Piriou Naval Group (ex-DCNS)