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La base navale de l’Adour sera dissoute lundi

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La base navale de l’Adour sera dissoute lundi

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Trente deux ans après sa création, la base navale de l’Adour va cesser d'exister. Ses deux uniques patrouilleurs, l’Athos et l’Aramis, l'ont définitivement quittée ce vendredi. Un départ très émouvant pour les marins civils et militaires de la BNA, les anciens marins d’Anglet et le chœur de l’Adour, qui ont salué symboliquement le dernier appareillage des patrouilleurs de Bayonne. Ces adieux aux « Mousquetaires » précèdent la cérémonie de dissolution de la base, qui interviendra le lundi 6 juillet. Le vice-amiral d’escadre Emmanuel de Oliveira, commandant la zone et l’arrondissement maritime Atlantique, préfet maritime Atlantique, présidera la cérémonie au cours de laquelle le capitaine de frégate Xavier Picut, commandant la marine à Bayonne et la base navale de l’Adour, lui remettra symboliquement le fanion de la BNA après une dernière cérémonie des couleurs.

 

Les adieux de l'Athos et de l'Aramis ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

Les adieux de l'Athos et de l'Aramis ce vendredi (© : MARINE NATIONALE) 

Les adieux de l'Athos et de l'Aramis ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

Les adieux de l'Athos et de l'Aramis ce vendredi (© : MARINE NATIONALE) 

Les adieux de l'Athos et de l'Aramis ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

Les adieux de l'Athos et de l'Aramis ce vendredi (© : MARINE NATIONALE) 

 

Une fermeture liée au départ des patrouilleurs

La fermeture du site découle de la décision de la Direction Générale de l’Armement de se séparer des patrouilleurs de surveillance des sites Athos et Aramis. Commandées par la DGA et mises en service en 1980 et 1981, les anciennes « vedettes de l’Adour », comme on les appelait jusqu’en 1995,  étaient armées par des équipages de la Marine nationale. Et la base navale de l’Adour avait été justement créée en 1983 afin de soutenir ces bâtiments, assurant la surveillance et la protection des eaux situées devant le Centre d’Essais des Landes. Historiquement implantée à la station navale d’Hendaye, la marine avait alors fait ses cartons pour rejoindre Bayonne, une ville où elle disposait déjà, depuis les années 70, d'un appontement utilisé par la vedette La Semeuse, qui effectuait des missions de remorquage de cibles au profit du CEL. Située sur les bords de la rivière Adour, l’implantation où a été construite la base navale il y a 30 ans appartenait elle aussi à la DGA. Puis elle a été versée, suite à la grande restructuration entreprise en 2008 au sein du ministère de la Défense, au patrimoine de la base de défense couvrant les régions de Bayonne, Pau et Tarbes.

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE) 

 

La longue histoire de la marine au Pays-Basque 

Comme le rappelle la Marine nationale, la base est l’héritière d’une longue histoire de la flotte française au Pays Basque. Dès le 19ème siècle, des bâtiments sont stationnés à Hendaye à la station navale de la Bidassoa pour affirmer la souveraineté du pays et régler les différents entre pêcheurs français et espagnols. L’un des commandants les plus célèbres de cette période reste le lieutenant de vaisseau Julien Viaud, plus connu sous le nom de Pierre Loti. Durant la seconde guerre mondiale, les marins de la station navale, avec les pêcheurs de Saint-Jean-de-Luz, organisent le départ des résistants français et des réfugiés fuyant l’avancée des nazis.

De la station navale de la Bidassoa à la BNA

Après avoir été dissoute, la station navale de la Bidassoa est rétablie en février 1945. En 1959, la convention franco-espagnole renforce le rôle des commandants des bases navales au delà du seul domaine des pêches. En 1973, la création d’une brigade de gendarmerie maritime renforce les pouvoirs du commandant de la station navale. L’envasement de la baie de Sokoburu et la recherche par la délégation générale de l’armement (DGA) d’un site pour accueillir ses nouveaux patrouilleurs contribueront à la décision d’installer une base navale moderne et pratique sur la rive gauche de l’Adour. Le 7 janvier 1983, le commandant de la station navale de la Bidassoa devient commandant de la marine à Bayonne et commandant de la base navale de l’Adour (BNA). Le 1er septembre 1983, les deux patrouilleurs Athos et Aramis accostent pour la première sur les quais de la BNA, où ils sont rejoints en 1988 par la brigade de gendarmerie maritime.

 

L'Athos (© : MICHEL FLOCH)

L'Athos (© : MICHEL FLOCH) 

 

Point d’appui dans le sud-ouest pour l’action de l’Etat en mer, la BNA a participé à de nombreuses opérations de secours en mer ou de lutte contre les pollutions. Le Prestige, ou plus récemment le Luno, en sont des exemples. La base navale encadrait également les préparations militaires « marine » (PMM) de Bayonne et de Tarbes, permettant ainsi à des milliers de jeunes du sud-ouest de découvrir la marine.

Maintien des PMM et d’une petite équipe pour les affaires transfrontalières

L’Athos et l’Aramis ont donc quitté Bayonne cet après-midi pour rejoindre Cherbourg, leur futur port base, où ils seront mis en œuvre par la Gendarmerie maritime. La base navale de l’Adour terminera, jusqu’au 1er octobre, la fermeture de ses installations. Une antenne de la Marine nationale composée de six personnes perdurera après cette date pour traiter les affaires transfrontalières avec les autorités militaires de la marine espagnole. Les PMM de Bayonne et de Tarbes continueront également, les inscriptions se faisant désormais auprès du Centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) à Pau, une permanence devant être assurée une fois par mois à Bayonne. 

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