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La belle percée de Socarenam dans l’action de l’Etat en mer

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La belle percée de Socarenam dans l’action de l’Etat en mer

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Très présent historiquement dans le secteur civil, et plus particulièrement la pêche, le chantier Socarenam a remporté ces dernières années de beaux succès dans le domaine des bateaux gris et voit cette activité monter en puissance. « Nous avons développé avec le cabinet d’architecture Bureau Mauric toute une gamme de vedettes et patrouilleurs de 28 à 61 mètres. Cela fait un large panel susceptible d’intéresser des marines et services étatiques, comme les douanes ou garde-côtes. Ces dernières années, nous avons beaucoup travaillé en France et, après avoir réalisé deux patrouilleurs pour la marine belge, nous regardons attentivement ce qui se passe à l’export », explique Mathieu Gobert, l’un des dirigeants de Socarenam, dont la présence à Euronaval confirme les ambitions sur le marché international. Cela, alors que les commandes domestiques devraient bientôt connaître une fin de cycle de renouvellement des moyens étatiques français.

Avec Mauric, le chantier a notamment planché sur le segment très porteur des patrouilleurs hauturiers. Les bâtiments proposés, dotés d’une coque en acier et de superstructures en aluminium, sont spécialement conçus pour réaliser de longues missions hauturières. Bénéficiant d’une très solide expérience dans les navires professionnels, Socarenam et Mauric ont imaginé des plateformes ergonomiques, robustes, économiques et faciles à entretenir, avec un design de carène assurant une bonne tenue à la mer et une consommation réduite.

 

Le Pollux (© : CMB)

Le Pollux (© : CMB)

Les Castor et Pollux belges

En 2014 et 2015, deux unités de 52 mètres, les Castor et Pollux, ont été livrés à Belgique dans le cadre du programme Ready Duty Ships (RDS), qui a donc permis à Socarenam de faire son entrée sur le marché international des OPV. Equipés de semi-rigides de 9 mètres et 7.5 mètres, l’un sous bossoir et l’autre sur une rampe à l’arrière, les RDS sont dotés d’un système de commande et de contrôle SEWACO permettant de gérer les senseurs et l’armement, dont une mitrailleuse télé-opérée de 12.7mm. Capables d’atteindre 22 nœuds avec deux moteurs diesels de 2880 kW, ces patrouilleurs peuvent franchir 2000 milles à 10 nœuds. Ils permettent à la marine belge de renforcer ses moyens en mer du Nord dans le cadre notamment de la police des pêches, du contrôle des navires marchands, de la lutte contre les trafics illicites et la pollution, ou encore du sauvetage en mer.

 

Le Jean-François Deniau (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Jean-François Deniau (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Jean-François Deniau de la Douane française

Une version agrandie de ces OPV, le Jean-François Deniau, a été livrée en 2015 à la Douane française, pour laquelle Socarenam avait déjà construit, en 2007 et 2008, deux unités de 43 mètres. Long de 54 mètres, le nouveau bâtiment, basé en Méditerranée, est notamment employé pour des opérations de lutte contre le narcotrafic et l’immigration clandestine (au profit de l’agence européenne Frontex). Conçu pour pouvoir naviguer près de 250 jours par an, le Jean-François Deniau peut atteindre 21 nœuds et franchir 3500 milles à 16 nœuds grâce à deux moteurs diesels d’une puissance totale de 4750 kW. Il dispose en outre d’un propulseur d’étrave. Armé par 14 marins et pouvant loger 10 personnes supplémentaires, il met en œuvre d’importants moyens de surveillance et détection, des mitrailleuses de 7.5 à 12.5mm, ainsi que deux RHIB de 9 et 6 mètres sous bossoirs.   

 

Le PLG La Confiance (© : SOCARENAM)

Le PLG La Confiance (© : SOCARENAM)

Les deux nouveaux PLG de la Marine nationale

Socarenam a ensuite mis en chantier les deux patrouilleurs légers guyanais (PLG) de 61 mètres de long pour 9.5 mètres de large destinés à la marine française. La Confiance et La Résolue, livrables d’ici le printemps 2017, ont été spécialement conçues pour opérer en Guyane, aussi bien en haute mer que dans les eaux peu profondes comme les estuaires de grands fleuves. Dotés d’un canon télé-opéré Narwhal de 20mm, les PLG  disposeront de deux semi-rigides de 7 mètres, l’un sur une rampe à l’arrière et l’autre sous bossoir. Ils seront notamment employés dans la lutte contre la pêche illicite et le narcotrafic, la protection du centre spatial de Kourou ou encore les missions d’assistance et de sauvetage. Leur propulsion, qui comprend deux moteurs de 2900 kW, leur permet d’atteindre 21 nœuds et de franchir 3500 milles à 12 nœuds.

 

PLG (© : BUREAU MAURIC / SOCARENAM)

PLG (© : BUREAU MAURIC / SOCARENAM)

Des vedettes de 28 et 32 mètres en construction

En dehors des OPV, Socarenam et Mauric ont également conçu et réalisent la nouvelle génération de vedettes de surveillance générale (VSG) de 32 mètres de la Douane. Le premier exemplaire de ce type, le Seudre, a été livré en juillet dernier et son premier sistership sera achevé début 2017. A l’instar des OPV, cette gamme est conçue autour d’une plateforme polyvalente, robuste et endurante, capable d’intervenir près ou loin des côtes, quelles que soient les conditions météorologiques. La carène a été optimisée pour assurer une meilleure tenue à la mer et réduire la consommation en carburant. Ces vedettes de 32 mètres de long pour 7.5 mètres de large, intégralement réalisées en aluminium, peuvent dépasser la vitesse de 22 noeuds et franchir 720 milles à 18 nœuds. Conçues pour assurer l’ensemble des missions de surveillance, de contrôle et d’interception dans la zone économique exclusive, elles disposent pour les interceptions d’un système de mise à l’eau rapide pour un semi-rigide de 7.5 mètres. Les VSG 32 sont en outre dotées d’importants moyens de détection et d’identification, dont un système électro-optique gyro-stabilisé.

 

VSG 32 (© : DOUANE)

VSG 32 (© : DOUANE)

 

Sur la base de ce modèle, une version compacte, la VSG 28, va voir le jour. Cette vedette de 28 mètres de long pour 7 mètres de large est également capable de dépasser 22 nœuds et de franchir 720 milles à 18 nœuds. Elle dispose d’équipements similaires et d’une propulsion identique à la VSG 32, basée sur deux moteurs diesels de 1193 kW et deux lignes d’arbres. Elle peut mettre en œuvre un semi-rigide de 6.5 mètres. Deux exemplaires du type VGC 28 ont déjà été commandés par la Douane française, qui les réceptionnera en 2017.

 

VSG 28 (© : BUREAU MAURIC / SOCARENAM)

VSG 28 (© : BUREAU MAURIC / SOCARENAM)

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