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La Boudeuse contrainte d'arrêter sa mission

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Faute d'argent, la nouvelle mission d'exploration du trois-mâts français La Boudeuse a pris fin prématurément. Le voilier français a même été mis en vente pour couvrir les dépenses déjà engagées. C'est ce qu'a annoncé cette semaine Patrice Franceschi, qui a racheté ce vieux gréement en 2003 pour le transformer en navire d'aventure et d'exploration. Le contexte économique, très difficile après la crise, serait responsable de cette situation. « Il y a des restrictions budgétaires partout et nos partenaires doivent faire des choix, parfois drastiques. Actuellement, ce type d'aventure n'a semble-t-il plus sa place d'un point de vue financier. Tout à été fait contre le destin et c'est regrettable que nous ne puissions pas continuer », explique Patrice Franceschi. Pour éponger les dettes, qui s'élèveraient à 400.000 euros, l'équipe de la Boudeuse est contrainte de vendre son bateau, pour un montant estimé à 2 millions d'euros. Dans cette perspective, le trois-mâts, qui était à Caracas cette semaine avec l'armada de grands voiliers venu célébrer le bicentenaire de l'indépendance des pays d'Amérique latine, va rejoindre les Antilles. Là, Patrice Franceschi espère « faire en sorte qu'il tombe entre des mais amies et puisse continuer le type de missions qu'il faisait jusqu'à présent ».

 la Boudeuse  (© : DROITS RESERVES)
la Boudeuse (© : DROITS RESERVES)

Jean-Louis Borloo regrette la fin de l'aventure

La Boudeuse avait appareillé de Brest le 9 novembre dernier pour une nouvelle expédition de deux ans, soutenue notamment par le ministre de l'Ecologie, qui avait remis à son capitaine une lettre de mission afin de mener jusqu'en 2012 des études scientifiques et humaines concernant la biosphère, le réchauffement climatique, la protection de l'environnement et le développement durable. « Je regrette sincèrement l'arrêt de cette mission scientifique et d'exploration pour laquelle je me suis personnellement engagé », a déclaré Jean Louis-Borloo. Le ministère rappelle qu'il a « activement soutenu Patrice Franceschi et (l'a) accompagné dans sa recherche de partenaires et de financements. L'État a d'abord apporté à cette mission un soutien significatif sous la forme d'aides logistiques et de mise à disposition de militaires de la Marine nationale ». Les services de Jean-Louis Borloo précisent que l'aventure, dans le cadre de sa mission de recherche, avait bénéficié d'un soutien financier de 50.000 euros en 2009 et d'un versement supplémentaire de 150.000 euros cette année.
Après son départ de Brest, La Boudeuse avait mis le cap sur les Amériques. Elle venait d'achever une passionnante mission de quatre mois en Guyane et s'apprêtait à explorer le fleuve Orénoque, au Venezuela, fermé à la navigation depuis plusieurs années. Construite il y a près d'un siècle en Hollande, la Boudeuse a été armée au commerce dans la Baltique et la mer du Nord avant de devenir navire école suédois peu après la seconde guerre mondiale puis de passer sous pavillon français il y a 7 ans. De 2004 à 2007, elle avait notamment mené, sous le haut patronage de l'UNESCO, une circumnavigation de 50.000 milles consacrée à la découverte de huit peuples mal connus et difficiles d'accès, disséminés entre l'Amérique du sud, le Pacifique, l'Asie et l'Afrique.

 La Boudeuse et la Jeanne d'Arc en novembre 2009  (© : MARINE NATIONALE)
La Boudeuse et la Jeanne d'Arc en novembre 2009 (© : MARINE NATIONALE)