Vie Portuaire
La centrale de Cordemais en pleine modernisation

Focus

La centrale de Cordemais en pleine modernisation

Vie Portuaire

Si ses deux tranches fonctionnant au fuel pourraient être arrêtées en 2018, la centrale électrique de Cordemais, dont les approvisionnements ont représenté un trafic de 650.000 tonnes de charbon pour le port de Nantes Saint-Nazaire en 2015, va mener à bien d’ici la fin de l’année un important programme de modernisation de ses deux tranches charbon. Le chantier, qui représente un investissement de 350 millions d’euros, est mené dans le cadre d’un plan global de 480 millions d’euros lancé par EDF pour améliorer les performances économiques et environnementales de ses centrales thermiques. Et, ainsi, les maintenir en service jusqu’en 2035. Après l’unité 4 du Havre (600 MW) en 2014, c’est actuellement au tour des deux tranches de même puissance de Cordemais d’en bénéficier.

 

Modernisation de la tranche 5 en 2015 (© EDF)

Modernisation de la tranche 5 en 2015 (© EDF)

 

La modernisation menée à bien d’ici début 2017

Alors que la tranche 5 a été modernisée en 2015 et remise en service sur le réseau le 12 mars dernier, les travaux ont été engagés sur la tranche 4 et doivent s’achever fin 2016/début 2017. Pour des raisons budgétaires, certaines opérations, comme une intervention sur le dépoussiéreur et un chantier de prise d’eau sur la Loire, ont été repoussés. Mais ce report ne remet en cause le projet et chez EDF on dément la rumeur d’une interruption du chantier et d’une éventuelle fermeture anticipée de la centrale. « Les travaux engagés depuis 2015 se poursuivent et le programme de modernisation sera mené à son terme pour prolonger la durée de vie de la centrale et tenir compte des engagements en matière de transition énergétique ».

Efficience économique et réduction des émissions de CO2

Elément clé des moyens de production d’énergie dans l’ouest de la France, Cordemais, qui emploie en permanence 450 salariés d’EDF et 250 prestataires, a accueilli l’an dernier, au plus fort des travaux, plus de 2000 personnes. Grâce à ce programme majeur, le site doit améliorer son efficience énergétique et économique mais aussi réduire son impact environnemental. Alors que les dispositifs  de dénitrification, de désulfurisation et de traitement des particules ont été mis à niveau (ils permettent selon EDF d’éliminer 80% des NOx et 90% des SOx), l’enjeu est surtout de diminuer les rejets de CO2. D’autant qu’EDF a pris à l’occasion de la COP 21 des engagements pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La modernisation des installations de la centrale ligérienne va y contribuer, mais ce n’est pas la seule mesure sur lequel l’électricien travaille pour y parvenir.

 

La tranche 4, ici en cours de maintenance (© EDF)

La tranche 4, ici en cours de maintenance (© EDF)

 

Des perspectives prometteuses avec la co-combustion

En ligne avec la stratégie d’adaptation et de transition énergétique du groupe, l’autre grand projet d’avenir pour Cordemais réside dans la co-combustion. En février, les équipes de la centrale ont testé avec succès les capacités des installations à brûler un autre combustible que le charbon. Ainsi, pendant trois jours, un premier test de fonctionnement a été réalisé avec de la biomasse à base de bois, qui a été injectée dans la tranche 4 à hauteur de 20%. « Notre objectif était de prouver qu’il est possible d’injecter un combustible d’origine renouvelable et donc de réduire notre impact CO2 sans avoir à réaliser de modification et d’investissement supplémentaire sur nos installations », a expliqué après le test Denis Florenty, directeur de la centrale. Celle-ci a pendant cette période réduit ses émissions de dioxyde de carbone de 17%.

 

Biomasse en granulés (© EDF)

Biomasse en granulés (© EDF)

 

Grâce à cette expérimentation, qui s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche international mené par le CEATI (Center for Energy Advancement through Technological Innovation) canadien et auquel participe la direction Recherche et Développement d’EDF, de nouvelles perspectives s’ouvrent donc pour Cordemais. Mais aussi les acteurs locaux, avec lesquels l’électricien va travailler pour identifier des gisements de biomasse et, ainsi, développer une filière de valorisation de déchets.

La fermeture des tranches fuel proposée dès 2018

Si les tranches charbon ne sont donc pas prêtes de s’arrêter, d’autant qu’EDF voit en Cordemais un pôle d’expertise sur lequel s’appuyer pour des développements à l’international, l’avenir des deux tranches fuel (700 MW chacune) est bien plus incertain. Alors que celles-ci n’ont pas été sollicitées depuis deux ans par RTE, leur maintien est très coûteux et, dans un souci environnemental, toujours lié aux engagements d’EDF, leur fermeture est envisagée en 2018, au lieu de 2023 comme initialement prévu. C’est ce qu’a proposé le groupe en comité central d’entreprise le 18 février. Une décision est attendue autour de l’été, à l’issue de la phase de concertation sociale (CCE, CE, CHSCT…), non seulement à Cordemais, mais également à la centrale de Porcheville, dans les Yvelines, qui exploite quatre tranches fuel. Si la décision d’un arrêt en 2018 est actée, il n’y aura pas de licenciement, mais probablement des redéploiements vers d’autres métiers ou sites du groupe proposés aux personnels concernés. 

 

Cordemais (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cordemais (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Port de Nantes Saint-Nazaire