Défense
La CEPHISMER reçoit son nouveau CMM
ABONNÉS

Actualité

La CEPHISMER reçoit son nouveau CMM

Défense

La Tianée, l’un des huit nouveaux chalands multi-missions (CMM) réalisés par iXblue pour la Marine nationale, est arrivée le 28 février à Toulon en provenance de La Ciotat. Dans l’ordre de construction, cette unité est l'ultime de la série, mais elle sera l’avant dernière livrée. Le septième CMM, la Luciole, sera en effet réceptionnée au printemps à Fort-de-France, en Martinique, les délais d’acheminement expliquant le décalage.

 

 

La Tianée à son arrivée à Toulon (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La Tianée à son arrivée à Toulon (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Tête de série de ce programme, la Cigale a été mise en service en avril 2018 et est affectée au Pôle Ecoles Méditerranée, à Saint-Mandrier. Ses deux premiers sisterships (Criquet et Grillon) ont vu leur cérémonie d’admission au service actif se dérouler le 19 novembre dans la base navale de Toulon, où ils sont stationnés. La Fourmi et le Scarabée, basés à Brest, seront bientôt opérationnels, de même que l’Araignée à Cherbourg. Ils ont été livrés en fin d’année dans ces deux ports. Alors que la Luciole servira au sein de la base navale de Fort-de-France, la Tianée était à l’origine prévue pour la Nouvelle-Calédonie. Mais son affectation a changé. Elle va finalement œuvrer depuis Toulon au profit de la Cellule Plongée Humaine et Intervention Sous la Mer (CEPHISMER) de la Marine nationale.

Structure permanente de réglementation, d’étude et de contrôle de la Marine nationale en matière de plongées humaines et d’intervention sous la mer, la CEPHISMER est l’héritière du Groupe de recherches sous-marines créé après-guerre sous l’impulsion des « Mousquemers ». Basée à Toulon et comprenant une cinquantaine de personnels, elle est rattachée à l'état-major de la Force d'action navale (FAN) et travaille avec les toutes les entités concernées de la marine (dont environ 1600 personnels sont qualifiés plongeurs) et avec les autres armées pratiquant la plongée.  

La CEPHISMER élabore la règlementation et les procédures de plongée ainsi que des doctrines d’emploi. Elle est aussi en charge du suivi de programmes d’équipements et conduit des expérimentations de nouveaux appareils ou procédures. Elle dispose de différents moyens, dont un caisson hyperbare 500 mètres (CH500) qui permet de former et entrainer les personnels ainsi que tester du matériel sur des plongées en saturation à grande profondeur et dans différentes situations.

 

Le CH500 dans les locaux de la CEPHISMER à Toulon (© JEAN-LOUIS VENNE)

Le CH500 dans les locaux de la CEPHISMER à Toulon (© JEAN-LOUIS VENNE)

Dans les locaux de la CEPHISMER à Toulon (© JEAN-LOUIS VENNE)

Dans les locaux de la CEPHISMER à Toulon (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

La CEPHISMER est aussi engagée lors d'opérations d'intervention sous la mer, par exemple dans le cas d’un sous-marin en détresse ou la récupération d’une épave de navire ou d’aéronef. Elle dispose pour cela de moyens spécialisés, comme le robot télé-opéré de surveillance ACHILLE capable de plonger à 300 mètres ou encore les robots d’intervention ULISSE (1000 m) et DIOMEDE (2000 m) équipés de bras manipulateurs.

 

Le ROV ULISSE

Le ROV ULISSE (© CEPHISMER)

 

La cellule opère également un système ADV (Atmospheric Diving Suit) connu sous le nom de Newtsuit permettant à un plongeur de descendre jusqu’à 300 mètres. Cet équipement est dédié au secours d’un sous-marin désemparé posé sur le fond. Sa mission consiste à connecter par l’extérieur de la coque des manches de ventilation semi-rigides pour apporter de l’air frais à l’équipage en attendant l’arrivée de moyens d’évacuation.

 

Le Newtsuit

Le Newtsuit (© CEPHISMER)

 

En la matière, la Marine nationale s’appuie sur le Nato Submarine Rescue System (NSRS), programme OTAN porté par le Royaume-Uni (où il est basé), la Norvège et la France. Mis en service en 2008, ce dispositif de sauvetage aérotransportable peut être déployé partout dans le monde en moins de 72 heures. En mer, il est installé sur des navires dotés d’un portique et d’une surface de pont d’au moins 420 m² pouvant accueillir les 300 tonnes du dispositif, dont le principal élément est le sous-marin de sauvetage SRV (Submarine Rescue Vehicle) Nemo. Doté de deux propulseurs alimentés par des batteries, cet engin de 30 tonnes, long de 8,3 mètres pour 3,5 de large, peut naviguer à près de 5 nœuds. Il est relié au navire support par un câble transmettant en temps réel communications, informations et images. Le SRV peut intervenir jusqu'à 610 mètres de profondeur et évacuer 12 marins simultanément via les sas de secours du sous-marin sur lesquel il vient se poser. Pour la France, c’est une section de la CEPHISMER qui est chargée, en cas de besoin, de constituer l’équipe de mise en œuvre du NSRS. Ce dernier peut embarquer par les BSAA Argonaute et Jason, les quatre nouveaux BSAM étant aussi dimensionnés pour cette mission (mais n'ont pas encore été qualifiés).

 

 

Le SRV Nemo mis en oeuvre par le BSAA Jason

Le SRV Nemo mis en oeuvre par le BSAA Jason (© MARINE NATIONALE - FRANCOIS ETOURNEAU)

 

Avec la Tianée, la cellule dispose d'un nouveau moyen maritime dédié, moderne et polyvalent, qui va compléter les capacités nautiques sur lesquelles elle s'appuie déjà. Conçus par iXblue en partenariat avec Cegelec et Mauric, les CMM sont des bateaux en aluminium dont la coque a été produite par le chantier CMN de Cherbourg, l’armement ayant été ensuite mené à La Ciotat. Ces chalands sont adaptés pour naviguer dans les rades ou près des côtes afin de conduire différents types de missions : travaux sous-marins, transport de matériel, lutte antipollution, formation des plongeurs...

 

Le CMM Fourmi (© IXBLUE - GILLES MARTIN-RAGET)

Le CMM Fourmi (© IXBLUE - GILLES MARTIN-RAGET)

 

Longs de 24 mètres pour une largeur de 8 mètres et un tirant d’eau de 1.6 mètre, ils affichent un déplacement de 72 tonnes en charge (52 lège). Capables d’atteindre la vitesse de 10 nœuds, ils se distinguent par leur propulsion hybride. Pour les phases de transit, des groupes électrogènes Cummins (2 x 150 kW) alimentent les moteurs électriques de propulsion Nidec Leroy-Somer (2 x 100 kW). Mais lors des phases d’exploitation à faible vitesse, les moteurs et le propulseur d’étrave sont alimentés par des batteries (Lithium-ion/fer-phosphate). Rechargeables à quai (sur le réseau électrique) ou en mer (par les groupes), elles permettent d’éliminer les émissions polluantes pendant les périodes de travail, avec une autonomie de 8 heures à 2 noeuds. La puissance de ces batteries est de 105 kW, sauf sur les Grillon et Scarabée, dotés d’un double parc (210 kW) en lien avec l’optimisation de ces deux CMM pour les missions de lutte antipollution. C’est la société Alternatives Energies (AltEn) qui a été chargée de développer le système énergie-propulsion des CMM, Cegelec Défense et Naval Sud-Est allant assurer le maintien en condition opérationnelle (MCO) des bateaux sur une période de 10 ans après leur mise en service.

Ces nouveaux engins, qui reprennent les noms d'anciennes gabares, remplacent différentes unités de la marine, dont de vieux chalands automoteurs du type CHA mis en service entre 1987 et 1989 ou encore les vedettes de surveillance radiologique Coralline à Cherbourg et Palangrin II à Brest.

 

Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française iXblue | Actualité de l'équipementier naval et sous-marin