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La CGT appelle à poursuivre le mouvement de grève dans les ports français

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La CGT appelle à poursuivre le mouvement de grève dans les ports français

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La réunion qui s'est déroulée hier soir entre la Fédération Nationale des Ports et Docks CGT et l'Union des Ports de France n'a pas permis de trouver une issue au conflit qui perturbe depuis plus de trois semaines les places portuaires françaises. « Aujourd'hui, on est dans une situation de blocage. Sur le terrain, les mouvements de grève qui malheureusement déstabilisent les ports et toute l'économie française vont se poursuivre. On a alerté les employeurs sur le fait qu'on souhaitait le plus rapidement possible sortir de cette crise qui plonge les ports dans le chaos », a expliqué Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT Ports et Docks, à l'issue de la réunion. Les négociations portent toujours sur les départs anticipés à la retraite, pour cause de pénibilité, des dockers et agents des ports chargés de la manutention. Il s'agit là d'un point crucial puisque de l'obtention d'un accord découle la finalisation de la convention collective unifiée des travailleurs portuaire, indispensable à la mise en oeuvre de la réforme des anciens ports autonomes, dont la loi de juillet 2008 fixe l'aboutissement au mois d'avril 2011. La CGT souhaite toujours que l'Etat revienne sur un accord non formel négocié fin octobre avant le remaniement ministériel et beaucoup plus avantageux que les propositions du nouveau gouvernement.

Des dizaines d'escales annulées

Comme ces deux dernières semaines, les ports devraient donc être en partie paralysés en cette fin de semaine, dockers et agents des Grands Ports Maritimes cessant alternativement le travail. Pour les GPM, mais aussi les ports secondaires touchés par le mouvement, il s'agit d'une très mauvaise nouvelle. En janvier, les jours de grève (4, 12, 13, 14, 15, 16, 21, 22, 23, 24, 28, 29, 30, 31 janvier) ont déjà eu d'importantes conséquences sur l'activité des places et l'économie qui en découle. A Marseille, on estime que le conflit a, pour le moment, provoqué la perte de plus de 50.000 tonnes de trafic. En date du 26 janvier, 12 escales avaient été annulées, soit 8 de marchandises (6 porte-conteneurs ; un minéralier et un tanker) et 3 concernant la croisière. Sur quatre semaines et environ 160 à 170 escales de porte-conteneurs attendues, plus d'une cinquantaine ont été annulées au Havre, ou le trafic hebdomadaire moyen est de 33.000 EVP. Les armements se sont en partie réorganisés, de manière à profiter au mieux des jours travaillés, mais la situation « n'est pas satisfaisante », reconnait-t-on sur la place portuaire normande, où les professionnels subissent de plein fouet les conséquences des grèves. Les autres activités havraises (roulier, chimie, vracs secs) ont pu subir des retards liés aux terminaux nécessitant notamment l'ouverture d'écluses, mais il y a globalement peu d'annulations d'escales.

« L'image des ports français se dégrade très fortement »

En aval de la Seine, Rouen est également touché depuis le début du mouvement des dockers et agents des ports. Là aussi, ce sont surtout les conteneurs qui sont impactés, mais aussi, dans une certaine mesure, les sels de déneigement, les ferrailles et la pâte à papier. A Rouen, le pic de perturbation a été atteint le 24 janvier avec 6 navires en attente. Lundi, sur 25 navires dans les terminaux, deux porte-conteneurs desservant les lignes vers le Maroc et l'Afrique de l'ouest n'étaient pas manutentionnés. Mais, jusqu'au 31 janvier, le Grand Port Maritime de Rouen n'a eu que de deux escales annulées (CMA CGM).
A La Rochelle, on explique avoir du mal à quantifier les conséquences de la grève mais, durant les préavis déposés, toutes les activités manutentionnées, c'est-à-dire les conteneurs, les vracs, les céréales ou encore la pâte à papier, ont été à l'arrêt. Les autres places déplorent aussi des pertes de trafic, à l'exception de quelques rares « chanceux », encore peu touchés, qui se veulent des plus discrets pour éviter de se faire remarquer. Mais, dans l'ensemble, l'ambiance est morose. « On constate une certaine exaspération de la part de nos clients car, sous une forme ou sous une autre, les perturbations durent depuis un an. Un certain nombre de navires sont détournés vers d'autres ports européens et de nombreux acteurs sont touchés par des pertes directes et un important manque à gagner. A cause de ce mouvement, l'image des ports français se dégrade très fortement. Il faut rapidement trouver une solution à cette situation, qui est pénalisante pour tout le monde », estime le patron de l'un des 7 Grands Ports Maritimes français.

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