Marine Marchande
La CGT claquent la porte des négociations. Le Pascal Paoli en images.

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La CGT claquent la porte des négociations. Le Pascal Paoli en images.

Marine Marchande

Le conflit à la Société Nationale Corse Méditerranée n’est pas réglé, loin s’en faut. Dominique Perben, qui avait fait le déplacement à Marseille hier après-midi pour rencontrer les syndicalistes a terminé la réunion face à des chaises vides. Le ministre des Transports était venu expliqué aux syndicats le nouveau plan du gouvernement destiné à sauver la compagnie. Ce projet, annoncé le matin même par Dominique de Villepin, comprend la cession de 40% du capital de la SNCM à Butler Capital Parteners (BCP), 30% à la Connex (filiale transport de Veolia) et 5% au salariés. Le reste, à savoir 25%, resterait dans le giron de l’Etat. En début de journée, le dialogue semblait renoué mais cette table ronde n’a visiblement pas été du goût de la CGT, dont les élus ont claqué la porte avant la fin de la réunion. Jean-Paul Israël, accuse le ministre « d’arrogance ». A sa sortie de la salle, le secrétaire du syndicat à été clair : « On est prêt à discuter, mais avec un gouvernement qui prend ses responsabilités ». Ce coup de gueule de la CGT n’a pas empêché Dominique Perben de poursuivre ses entretiens avec les partenaires envisagés. La Connex, qui deviendrait l’opérateur de la SNCM, a confirmé la suppression d’environ 400 postes (sur 2400) dans le cadre d’un plan social mais a promis de ne pas recourir aux licenciements secs. Des propositions de reclassement sont envisagées dans le groupe Veolia (ex Vivendi Environnement), très présent dans la région Provence Alpes Côte d’Azur. Interviewé par France 3, Dominique Perben a prévenu que « la situation de la compagnie devenait périlleuse » et que le plan proposé « correspond à l’ultime proposition que le gouvernement peut faire par rapport à la réglementation européenne ». Pendant ce temps, la grève se poursuit et le Port autonome de Marseille, totalement paralysé depuis mardi, parle de conséquences économiques sérieuses.

Libérer les marins du Pascal Paoli

Alain Mosconi, secrétaire du syndicat des travailleurs corses (STC), ses deux frères et un autre responsable syndical sont toujours retenus dans les locaux de la Gendarmerie maritime, sur la base de Toulon. Les quatre hommes ont été placés en garde à vue après la prise d’assaut menée mercredi matin sur le cargo mixte Pascal Paoli. La veille, une quarantaine de grévistes avaient pris de force le navire à Marseille et mis le cap sur la Corse. Après une nuit au mouillage devant Bastia, le bateau a donc été repris en main par le GIGN et amené dans l’arsenal de Toulon après une traversée sous très haute surveillance (voir les photos ci-contre).
En Corse, la mobilisation se poursuit pour réclamer la libération des quatre membres du STC. Les deux derniers jours ont été marqués par des affrontements avec les forces de l’ordre. Hier soir, un engin explosif a été jeté sur la préfecture de région, faisant des dégâts mais pas de blessés. Le STC, appuyé par les élus nationalistes, fait de la libération des « révoltés » un préalable à la rouverture du dialogue. Les 51 élus territoriaux de l'assemblée de Corse ont par ailleurs voté à l'unanimité une motion réclamant la libération immédiate. Dans l’île, les actions de soutien se multiplient. Les dépôts pétroliers d’Ajaccio et de Bastia ont décrété hier une grève de 24 heures reconductible, faisant peser la menace d’une pénurie de pétrole sur l’île.

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