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La Chine consolide sa position de seconde flotte mondiale
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La Chine consolide sa position de seconde flotte mondiale

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Ici prise en photo lors d’une escale à Brest en juillet 2018, cette frégate du type 054A (Jiangkai II), le Binzhou, illustre parfaitement la montée en puissance de la marine chinoise. Encore cantonnée au rôle de puissance purement régionale dans les années 2000, elle se déploie désormais dans le monde entier, de l’ensemble du Pacifique à l’Atlantique, en passant par l’océan Indien, la Méditerranée et jusqu’en Baltique, où un groupe naval chinois s’est rendu l’an dernier pendant qu’un autre croisait dans le bassin méditerranéen puis vers l’Afrique de l’ouest. Et la Chine, qui est en train de construire son premier brise-glace à propulsion nucléaire, s’intéresse aussi aux zones polaires, considérées comme stratégiques.

 

Groupe chinois déployé en Baltique en 2017 (© : 

Groupe chinois déployé en Baltique en 2017 (© : OTAN)

 

L’équivalent de la marine française construit en quatre ans

Opérationnel depuis 2016, le Binzhou, bâtiment de 134 mètres de long pour près de 4000 tonnes de déplacement en charge, démontre aussi l’incroyable potentiel de l’industrie chinoise et la volonté de Pékin de s’imposer rapidement comme une puissance navale océanique de premier plan. Cette frégate appartient en effet à une série comptant pas moins de 30 unités mises en service en seulement 10 ans, de 2008 à 2018. Jamais, depuis la rivalité russo-américaine des grandes heures de la guerre froide, un pays n’a construit des bateaux de guerre à un tel rythme. Pour mesurer l’ampleur de cette croissance, on reverra aux propos de l’amiral Prazuck, chef d’état-major de la flotte française, qui soulignait au printemps dernier, devant la commission des Affaires étrangères et des Forces armées du Sénat, que la Chine avait construit en quatre ans l’équivalent de la Marine nationale, et même en réalité un peu plus, son tonnage ayant augmenté de 350.000 tonnes entre 2015 et 2018.

 

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : 

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : APL)

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : 

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : APL)

Cérémonie de lancement du premier croiseur du type 055 en juin 2017 (© : 

Cérémonie de lancement du premier croiseur du type 055 en juin 2017 (© : CHINA MILITARY)

 

Plus de 600 bâtiments en ligne

Avec 97 bâtiments et 276.000 tonnes selon les chiffres de la dernière édition de l'ouvrage Flottes de Combat, la marine française se place aujourd’hui au septième rang mondial en tonnage (elle était en quatrième position il y a 20 ans), précédée notamment par ses homologues britannique (417.000 tonnes, 110 bâtiments), japonaise (409.000 tonnes, 110 bâtiments) et indienne (302.000 tonnes, 116 bâtiments).

A la troisième place du podium mondial se trouve la Russie (1 million de tonnes, 272 bâtiments), la flotte américaine conservant son leadership avec 272 bâtiments totalisant 3.3 millions de tonnes. Entre les deux, la Chine ne cesse de croître, alignant désormais 601 bâtiments pour plus de 1.5 million de tonnes. Cela représente une croissance de plus 50% du tonnage de la flotte chinoise depuis 2012, année où elle disposait de 527 bâtiments totalisant 920.000 tonnes.

 

Vue satellite d'un groupe aéronaval chinois d'une trentaine de bâtiments dont un porte-avions prise en mer de Chine au printemps 2018 (© : 

Vue satellite d'un groupe aéronaval chinois d'une trentaine de bâtiments dont un porte-avions prise en mer de Chine au printemps 2018 (© :

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