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La Chine consolide sa position de seconde flotte mondiale

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Ici prise en photo lors d’une escale à Brest en juillet 2018, cette frégate du type 054A (Jiangkai II), le Binzhou, illustre parfaitement la montée en puissance de la marine chinoise. Encore cantonnée au rôle de puissance purement régionale dans les années 2000, elle se déploie désormais dans le monde entier, de l’ensemble du Pacifique à l’Atlantique, en passant par l’océan Indien, la Méditerranée et jusqu’en Baltique, où un groupe naval chinois s’est rendu l’an dernier pendant qu’un autre croisait dans le bassin méditerranéen puis vers l’Afrique de l’ouest. Et la Chine, qui est en train de construire son premier brise-glace à propulsion nucléaire, s’intéresse aussi aux zones polaires, considérées comme stratégiques.

 

Groupe chinois déployé en Baltique en 2017 (© : 

Groupe chinois déployé en Baltique en 2017 (© : OTAN)

 

L’équivalent de la marine française construit en quatre ans

Opérationnel depuis 2016, le Binzhou, bâtiment de 134 mètres de long pour près de 4000 tonnes de déplacement en charge, démontre aussi l’incroyable potentiel de l’industrie chinoise et la volonté de Pékin de s’imposer rapidement comme une puissance navale océanique de premier plan. Cette frégate appartient en effet à une série comptant pas moins de 30 unités mises en service en seulement 10 ans, de 2008 à 2018. Jamais, depuis la rivalité russo-américaine des grandes heures de la guerre froide, un pays n’a construit des bateaux de guerre à un tel rythme. Pour mesurer l’ampleur de cette croissance, on reverra aux propos de l’amiral Prazuck, chef d’état-major de la flotte française, qui soulignait au printemps dernier, devant la commission des Affaires étrangères et des Forces armées du Sénat, que la Chine avait construit en quatre ans l’équivalent de la Marine nationale, et même en réalité un peu plus, son tonnage ayant augmenté de 350.000 tonnes entre 2015 et 2018.

 

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : 

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : APL)

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : 

Mise à l'eau du porte-avions Shangdong en avril 2017 (© : APL)

Cérémonie de lancement du premier croiseur du type 055 en juin 2017 (© : 

Cérémonie de lancement du premier croiseur du type 055 en juin 2017 (© : CHINA MILITARY)

 

Plus de 600 bâtiments en ligne

Avec 97 bâtiments et 276.000 tonnes selon les chiffres de la dernière édition de l'ouvrage Flottes de Combat, la marine française se place aujourd’hui au septième rang mondial en tonnage (elle était en quatrième position il y a 20 ans), précédée notamment par ses homologues britannique (417.000 tonnes, 110 bâtiments), japonaise (409.000 tonnes, 110 bâtiments) et indienne (302.000 tonnes, 116 bâtiments).

A la troisième place du podium mondial se trouve la Russie (1 million de tonnes, 272 bâtiments), la flotte américaine conservant son leadership avec 272 bâtiments totalisant 3.3 millions de tonnes. Entre les deux, la Chine ne cesse de croître, alignant désormais 601 bâtiments pour plus de 1.5 million de tonnes. Cela représente une croissance de plus 50% du tonnage de la flotte chinoise depuis 2012, année où elle disposait de 527 bâtiments totalisant 920.000 tonnes.

 

Vue satellite d'un groupe aéronaval chinois d'une trentaine de bâtiments dont un porte-avions prise en mer de Chine au printemps 2018 (© : 

Vue satellite d'un groupe aéronaval chinois d'une trentaine de bâtiments dont un porte-avions prise en mer de Chine au printemps 2018 (© : PLANETLABS)

 

Une frégate chaque mois et un sous-marin par trimestre

Depuis, les chantiers chinois tournent à plein régime, avec actuellement un rythme de production colossal comprenant en moyenne un lancement de frégate ou destroyer chaque mois et une mise à l’eau de sous-marin tous les trimestres. Cela permet de remplacer les unités les plus anciennes et surtout de muscler sensiblement l’ordre de bataille d’une flotte qui se renforce dans tous ses compartiments.

Empêcher une intervention US en mer de Chine

La stratégie navale chinoise semble tenir en deux axes principaux. Le premier est la sécurisation des approches maritimes du pays avec comme objectif d’interdire en cas de conflit l’entrée en mer de Chine de toute force navale étrangère, en particulier américaine. Cela passe par le développement d’un ensemble de moyens complémentaires : forces hauturières constituées de grands bâtiments de combat, dont des porte-avions, ainsi que des sous-marins qui peuvent aussi compléter les unités plutôt dédiées au combat littoral. S’y ajoutent de puissantes défenses côtières et depuis les bases terrestres d’importants moyens aériens de surveillance et de combat, qu’il s’agisse d’appareils de de la marine ou d’autres armées, ainsi que des capacités accrues de détection et d’alerte lointaine. La Chine développe ainsi des senseurs à longue portée mis en œuvre depuis la terre ou sur des navires, y compris des radars transhorizon, des systèmes aéroportés et des capacités spatiales, domaine dans lequel le pays a beaucoup investi ces dernières années avec la mise en orbite de satellites de surveillance (optique, radar, ELINT).

 

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(© : APL)

 

Pékin, qui se dispute avec ses voisins la souveraineté de différents archipels, joue également en mer de Chine sur la construction d’îles artificielles à partir de récifs affleurant la surface. Les Chinois y érigent des ports et aérodromes sur la base desquels ils revendiquent la zone économique exclusive alentour et qui sont autant de bases avancées pour opérer des moyens de surveillance et pré-positionner des forces aéromaritimes.

 

L'île de Yongxing Dao, dans l'archipel des Paracels, en mer de Chine méridionale 

L'île de Yongxing Dao, dans l'archipel des Paracels, en mer de Chine méridionale (© : DIGITAL GLOBE)

 

La mise au point de missiles balistiques de portée intermédiaire à capacités antinavire, comme le fameux DF-21D présenté comme un « tueur de porte-avions américains » (voir notre article détaillé sur le DF-21D), contribue à cette volonté de dissuader toute intervention dans les grandes approches maritimes du pays, en particulier de la mer de Chine méridionale au détroit de Taiwan. La couverture de cette île fait bien entendu partie de cette stratégie, Pékin voulant toujours obtenir la réunification, faisant d’une éventuelle déclaration d’indépendance de Taipei un casus belli. Même si la Chine semble plutôt espérer que Taiwan finisse par tomber comme un fruit mûr plutôt que par le biais d’une intervention militaire, c’est bien dans cette perspective éventuelle que l’armée populaire de libération (APL) renforce considérablement ses forces de projection amphibies et aéromobiles. Et c’est aussi pour cette raison qu’elle met tout en œuvre pour empêcher que les porte-avions américains viennent s’interposer en cas de crise, comme ce fut le cas la dernière fois en 1995-96.

 

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Le porte-avions 

Le porte-avions Lianoning accompagné d'un destroyer du type Lujang II et d'une frégate du type Jiangkai II (© : APL)

 

Créer un sanctuaire pour les SNLE

La « bunkerisation » de la mer de Chine méridionale peut, enfin, être interprétée comme une volonté de sanctuariser un vaste espace maritime dans lequel peuvent évoluer les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) chinois. A l’instar des soviétiques autrefois en mer Blanche et en mer de Barents, il s’agit de créer un bastion pour ces outils cruciaux de la dissuasion chinoise. Des bâtiments qui ne sont sans doute pas aussi discrets que leurs homologues occidentaux et seraient donc plus vulnérables s’ils s’éloignaient des zones sécurisées.

 

Porte-conteneurs d'OOCL 

Porte-conteneurs d'OOCL (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Un essor militaire accompagnant une montée en puissance économique

Pour le reste, alors que certains voient le développement de la marine chinoise comme une marque d’expansionnisme plus ou moins agressif, cette idée n’est pas à ce stade valable en dehors de l’Asie du sud-est pour les raisons que l’on vient d’évoquer. Ailleurs, on peut surtout voir la transformation de la flotte chinoise en puissance hauturière et globale comme un accompagnement logique de la puissance économique majeure qu’est devenue la Chine. Pékin entend comme les occidentaux sécuriser les grandes routes maritimes par lesquelles transite l’essentiel du commerce mondial, dont les exportations chinoises et les importations de matières premières. Les Chinois sont par exemple particulièrement attentifs au contrôle de la nouvelle route de la Soie, ce qu’ils font par le développement de leur marine marchande (la fusion en 2018 des compagnies chinoises Cosco et OOCL a par exemple donné naissance au numéro 3 mondial du transport maritime conteneurisé), mais aussi via de lourds investissements dans des ports et réseaux logistiques terrestres. La sécurisation de ces flux maritimes est vitale pour la Chine et c’est d’ailleurs pour cette raison que les forces navales de l’APL ont commencé à se déployer loin de leurs bases. En 2008, elles ont ainsi rapidement et naturellement participé aux opérations de lutte contre la piraterie qui menaçait alors les flux maritimes commerciaux passant au large de la Somalie. La marine chinoise a depuis maintenu et accru sa présence en océan Indien.

 

Frégate chinoise du type Jiangkai II dans le golfe d'Aden en 2012 

Frégate chinoise du type Jiangkai II dans le golfe d'Aden en 2012 (© : US NAVY)

 

Diplomatie navale

Très intéressés par l’Afrique et ses ressources naturelles, les Chinois, qui comptent maintenant des milliers de ressortissants sur le continent, y ont accentué leur présence économique et noué des partenariats avec de nombreux pays. Un mouvement soutenu par l’APL, et notamment la marine, qui évolue de plus en plus souvent le long des côtes africaines et joue comme d’autres la carte de la diplomatie navale à chaque escale. Il y a là des enjeux stratégiques et commerciaux, y compris au niveau militaire puisque les chinois développent les ventes d’armes vers les pays africains, y compris la construction de navires, qui vont des petits patrouilleurs aux corvettes et frégates.

Quant à l’Europe, la marine chinoise semble avant tout s’y rendre pour démontrer ses capacités hauturières. Il faut peut-être aussi y voir une réponse aux déploiements réguliers de bâtiments occidentaux en mer de Chine méridionale, où les Européens notamment, France et Royaume-Uni en tête, font de l’affirmation de la liberté de naviguer dans cette zone une position ferme et constante, conformément au droit international. Ce qui agace évidemment à Pékin, où l’on considère cet espace comme un pré-carré, si ce n’est une mer intérieure. 

Des implantations extraterritoriales encore limitées

L’activité navale chinoise s’étend donc désormais très loin de ses bases, entrainant de fait l’émergence de points d’appui à l’étranger. En océan Indien, où la présence accrue de la marine chinoise agace l’Inde, Pékin joue habilement le jeu géostratégique. Alors que ses relations se sont sensiblement accrues avec certains pays, comme le Pakistan (auquel la Chine a notamment vendu des sous-marins), une base chinoise, la première sur le continent africain, a été créée à Djibouti. Cela étant, la démultiplication attendue par certains observateurs des points d’appui chinois le long des grandes routes commerciales ne s’est pas encore produite. De plus, les forces navales de l’APL n’ont pas porte ouverte partout, même dans les ports où les Chinois ont pourtant des intérêts. « Implantée à quelques kilomètres des bases française, américaine, japonaise, italienne, la base de Djibouti constitue la seule base chinoise à l’étranger à ce jour ; les investissements chinois dans des ports commerciaux ne donnent pas un accès automatique à la marine chinoise comme le montre l’exemple du Sri Lanka qui refuse depuis 2017-18 les escales de sous-marins chinois », souligne Alexandre Sheldon-Duplaix, chercheur au Service Historique de la Défense, spécialiste des marines asiatiques et co-auteur de l’édition 2018 de Flottes de Combat, ouvrage de référence des forces navales à travers le monde. « Se définissant comme un pays maritime fort, la Chine veut être capable de se défendre au-delà de la première chaîne d’îles aux mains des alliés formels ou tacites des Etats-Unis (Japon, Philippines, Taiwan) et de protéger ses routes maritimes et ses intérêts outre-mer, comme le précise le livre blanc de mai 2015. Si Pékin intensifie sa diplomatie navale partout sur le globe, contrairement à la marine soviétique d’antan, la marine chinoise ne cherche pas, pour le moment, à marquer les forces navales américaines en dehors de son périmètre de défense ».  

L’inquiétude des marines occidentales

Reste que la marine chinoise se déploie de plus en plus loin et de plus en plus longtemps, avec en 2018 une présence inédite de plusieurs groupes navals chinois qui se sont succédés en Méditerranée, en Afrique de l’ouest et pour la première fois jusqu’en Europe du nord, où des échanges sont intervenus avec la flotte russe de la Baltique.

De quoi évidemment inquiéter les marines occidentales : les Européens qui voient de plus en plus régulièrement le drapeau rouge à étoiles jaunes au large de leurs côtes métropolitaines et ultramarines, les Australiens qui doivent surveiller des mouvements accrus dans le gigantesque espace maritime qui entoure leur île, et bien entendu les Etats-Unis. Au-delà de faire de cette menace potentielle un argument choc pour obtenir des crédits supplémentaires, l’US Navy voit clairement sa rivale chinoise ambitionner de lui contester sa suprématie dans la région Asie-Pacifique. D’autant que si les Américains disposent encore de forces navales nettement supérieures, celles-ci se répartissent sur plusieurs océans, la remontée en puissance de la marine russe ayant stoppé le mouvement qui avait vu il y a quelques années les bases de l’Atlantique se dégarnir au profit de celles du Pacifique. Car la Russie revient également dans le jeu et son activité à l’Est de l’Europe est une source d’inquiétude pour l’OTAN, obligeant la marine américaine à remettre des moyens du Grand Nord à la Méditerranée orientale en passant par la Baltique et la mer Noire. L’US Navy met donc logiquement en avant la dégradation des relations avec les Russes et le spectre de la montée en puissance chinoise pour obtenir le retour à une flotte de 350 unités, dont 12 porte-avions, contre à peine 290 bâtiments de combat (11 porte-avions, dont seulement 10 opérationnels) aujourd’hui.  

 

Frégate chinoise et destroyer américain lors de l'exercice RIMPAC 2016 (© : 

Frégate chinoise et destroyer américain lors de l'exercice RIMPAC 2016 (© : US NAVY)

Bâtiments chinois et américains en Atlantique en 2015 (© : 

Bâtiments chinois et américains en Atlantique en 2015 (© : US NAVY)

 

Quelle valeur militaire réelle ?

Reste, au-delà du nombre de bateaux et d’un tonnage galopant, la question de la qualité des équipements chinois tout comme celle de l’entrainement des équipages. En clair, la valeur militaire réelle de la flotte chinoise. Une question à laquelle il est complexe de répondre puisque l’APL n’a pas encore été observée lors d’une intervention militaire et qu’il est probablement difficile pour les renseignements occidentaux de juger des performances exactes des systèmes chinois. Pékin cache évidemment une partie de son jeu et entretien le secret sur nombre de programmes, tout en pouvant habilement user de telle ou telle opération de propagande. Dans le même temps, les échanges entre forces navales chinoises et occidentales demeurent pour le moment assez réduits et limités. Même si plusieurs unités chinoises ont, pour la première fois, participé en 2014 puis en 2016 au grand exercice international RIMPAC (26 nations et plus de 40 bâtiments et sous-marins engagés) organisé par l’US Navy dans le Pacifique, les Etats-Unis ont, en 2018, annulé leur invitation à RIMPAC en raison d’un regain de tensions en mer de Chine. Après s'être brièvement accrus, les échanges avec les forces navales de l’APL se sont donc réduits au strict minimum, consistant quand il y en a encore en des manœuvres plutôt basiques, donc à priori peu propices à la collecte de renseignements de forte valeur sur les capacités dont disposent réellement les Chinois.

 

Datant de 1996, le destroyer Qingdao du type 052 est notamment équipé d'un système Crotale Modulaire (© : 

Datant de 1996, le destroyer Qingdao du type 052 est notamment équipé d'un système Crotale Modulaire (© : US NAVY)

La nouvelle génération de destroyers chinois, avec radar plaques et lanceurs verticaux (© : APL

La nouvelle génération de destroyers chinois, avec radar plaques et lanceurs verticaux (© : APL)

 

Cela dit, il parait évident que l’APL a fait en deux décennies des progrès considérables grâce à des investissements colossaux dans son complexe militaro-industriel, ainsi que l’apprentissage et l’appropriation de hautes technologies, par le biais de transferts technologiques, de ses propres recherches mais aussi de copies de matériels étrangers, russes ou occidentaux, sans oublier ses bien connues compagnes d’espionnage et de pillage industriel. C’est ce qui lui permet de développer des capacités civiles et militaires de premier plan, qu’il s’agisse d’aéronautique, de naval, de terrestre, de spatial ou encore de domaine cyber. Un pays qui parvient à concurrencer les meilleures firmes US de téléphonie et à conduire une mission sur la face cachée de la Lune n’est pas à prendre à la légère. Les Américains reconnaissent eux-mêmes que les Chinois sont désormais en pointe dans de nombreux domaines et, dans le domaine naval par exemple, leur sous-marins, sujet récurrent de plaisanteries il n’y a pas si longtemps, sont désormais considérés comme de plus en plus silencieux, constituant donc une menace de plus en plus sérieuse.

Par conséquent, si les grandes marines occidentales ont sans doute encore un avantage technologique et opérationnel (issu de décennies d’opérations à travers le monde) sur leur homologue chinoise, ce n’est vraisemblablement qu’une question de temps avant que celle-ci atteigne, voire dépasse, les meilleurs standards mondiaux.

 

Lanceurs de missiles verticaux sur une frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE

Lanceurs de missiles verticaux sur une frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 

Six porte-avions prévus à l’horizon 2030

Tel est bien l’objectif de la Chine, qui ne lésine pas sur les moyens et offre à sa flotte des capacités inédites, comme nous allons le voir dans le détail.

C’est le cas en particulier dans le domaine aéronaval. En 2012, la marine chinoise réceptionnait son premier porte-avions, le Liaoning. Ex-Varyag soviétique, qui devait être un sistership du Kuznetsov, il fut lancé en Ukraine en 1988 et resta inachevé suite à la chute de l’URSS. Sa coque fut rachetée par les Chinois en 2000 et, sous couvert d’un projet de transformation en casino flottant, remorquée à Dalian deux ans plus tard pour être finalement terminée. Les travaux ont duré de 2005 à 2011. Avec ce bâtiment de 304 mètres de long, 60.000 tonnes de déplacement en charge et une grosse quarantaine d’aéronefs embarquables (dont 26 chasseurs J-15), la Chine a fait l’apprentissage de la construction et de la mise en œuvre de porte-avions, avec une plateforme à tremplin et piste oblique équipée de brins d’arrêt.

Dès 2015, la Chine mettait sur cale une unité modifiée (type 001A), le Shangdong (315 mètres, 65.000 tpc, une quarantaine d’aéronefs), mis à l’eau à Dalian en 2017 et qui a débuté ses essais en mer dès la fin 2018 en vue d’une mise en service au second semestre de cette année.

 

Le porte-avions 

Le porte-avions Shangdong a été mis à l'eau en 2017 (© : DR)

 

Va suivre une nouvelle série de deux porte-avions plus grands du type 002 (estimations de 320 mètres pour 80.000 tpc et une soixantaine d’aéronefs), qui seront cette fois dotés de catapultes (peut-être électromagnétiques). Le premier, en cours de construction à Shanghai, devrait être mis à l’eau à partir de 2020.

 

Première vue du type 002 diffusée l'an dernier 

Première vue du type 002 diffusée l'an dernier (© : WECHAT)

 

Et ce programme n’a même pas encore vu le jour que Pékin travaille déjà sur un projet de porte-avions à propulsion nucléaire et catapultes de plus de 100.000 tpc. Ces unités seraient donc d’un gabarit équivalent voire plus important que leurs homologues américains des classes Theodore Roosevelt et Gerald R. Ford, qui détiennent le titre de plus grands bâtiments de guerre de l’histoire. Au final, au moins six porte-avions chinois pourraient être à la mer à l’horizon 2030.

Quant à l’aviation embarquée, elle va aussi monter en puissance. La chasse, actuellement composée de J-15 (version chinoise du Su-33 russe), intègrera dans les années à venir des appareils de combat de nouvelle génération, mais aussi des avions de guet aérien pour l’alerte lointaine, la marine chinoise souhaitant se doter de moyens équivalents aux Hawkeye mis en œuvre sur les porte-avions américains et français.

 

J-15 sur le porte-avions Liaoning  (© : CHINESE MILITARY

J-15 sur le porte-avions Liaoning  (© : CHINESE MILITARY)

J-15 sur le porte-avions Liaoning  (© : NAVY.81.CN

J-15 sur le porte-avions Liaoning  (© : NAVY.81.CN)

 

Le reste de l'aéronautique navale chinoise comprend de nombreux chasseurs et bombardiers basés à terre, dont des J-7, J-8, J10, J11, Su-30, JH-7/Su-24, H-6/Tu-16, des avions de patrouille maritime, guet aérien et guerre électronique de la famille Y-8, ainsi que de grands hydravions de surveillance. Côté hélicoptères, les bâtiments chinois mettent en en oeuvre des versions locales des Dauphin (Z-9) et Super Frelon (Z-8) français, ainsi que des Ka-28 et Ka-31 livrés par la Russie.  


Hélicoptère Z-9, version chinoise du Dauphin, sur une frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE

Hélicoptère Z-9, version chinoise du Dauphin, sur une frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Hélicoptère Z-9, version chinoise du Dauphin, sur une frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE

Hélicoptère Z-9, version chinoise du Dauphin, sur une frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Hélicoptère Z-8, version chinoise du Super Frelon, sur TCD du type 071/Yuzhao (© : JEAN-LOUIS VENNE

Hélicoptère Z-8, version chinoise du Super Frelon, sur TCD du type 071/Yuzhao (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 

Arrivée des nouveaux croiseurs du type 055

Pendant ce temps, le reste de la flotte de surface chinoise se développe à un rythme impressionnant. En juin 2017, les chantiers de Shanghai ont mis à l’eau le premier bâtiment du type 055. Pudiquement appelé destroyer, il s’agit en réalité d’un véritable croiseur lance-missiles, une première pour le pays. Long de 183 mètres pour un déplacement estimé à plus de 13.000 tonnes en charge, ce bâtiment, qui a débuté ses essais en mer l’an dernier, est équipé de radars à faces planes et 112 cellules de lancement vertical pour missiles surface-air (HQ-9 et HQ10), missiles de croisière (CJ-10) et missiles antinavire (YJ-18). Pourrait s’y ajouter un canon électromagnétique, technologie très avancée que les Chinois pourraient finalement mettre en œuvre avant les Etats-Unis. En tout, huit croiseurs du type 055 sont pour le moment prévus, les second, troisième et quatrième ayant été mis à l’eau dès 2018 à Shanghai et Dalian. Les autres devraient suivre d’ici 2020.

 

Le premier destroyer (croiseur) du type 055 en essais fin 2018 (© : 

Le premier destroyer (croiseur) du type 055 en essais fin 2018 (© : DR)

 

Une impressionnante collection de destroyers

La flotte chinoise, après les quatre destroyers du type russe Sovremennyy (156 mètres, 8000 tpc) mis en service entre 1999 et 2006, a réalisé des bâtiments de conception nationale. Avec d’abord les deux destroyers lance-missiles du type Lujang I (052B) de 155 mètres et 7000 tpc, opérationnels en 2004, puis les six unités du type Lujang II (052C) de 155 mètres et 7100 tpc mis en service entre 2004 et 2015. Ces derniers ont permis aux chinois de faire l’apprentissage des missiles à lancement vertical puis des radars plaques. Des technologies qui semblent désormais maîtrisées puisque production de bâtiments équipés de ces systèmes s’est clairement accélérée à partir de 2013.

 

Le Guangzhou, l'un des deux destroyers du type 052B/ Lujang I (© : 

Le Guangzhou, l'un des deux destroyers du type 052B/ Lujang I (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Un destroyer du type Lujang II (© : 

Un destroyer du type Lujang II (© : US NAVY)

Un destroyer du type Lujang II survolé par son hélicoptère Z-9 (© : 

Un destroyer du type Lujang II survolé par son hélicoptère Z-9 (© : US NAVY)

 

Quatre des six Lujang II sont ainsi entrés en flotte entre 2013 et 2015, alors qu’une nouvelle variante de ces bateaux voyait le jour en 2014. Il s’agit des Lujang III (052D) de 156 mètres et 7500 tpc, dont le 10ème exemplaire a été mis en service le mois dernier. Au moins sept autres devraient suivre.

La flotte de destroyers est complétée par deux unités du type Luzhou (051C) de 155 mètres et 7100 tpc opérationnelles depuis 2006 et 2007, un bâtiment unique du type Luhal (051B) de 153 mètres et 6100 tps datant de 1999, ainsi que deux Luhu (052) de 144 mètres et 4700 tpc entrés en flotte en 1994-96.

 

Le Shenzhen (1999) du type Luhal (© : 

Le Shenzhen (1999) du type Luhal (© : US NAVY)

Le Qingdao (1996) du type Luhu (© : 

Le Qingdao (1996) du type Luhu (© : US NAVY)

 

Après les 30 Jiankai II, une nouvelle série de frégates en vue

Du côté des frégates, l’épine dorsale de la flotte chinoise est constituée des Jiankai II (054A) dont 30 exemplaires seront comme on l’a vu bientôt opérationnels. Va suivre une nouvelle série, le type 054B, à priori dérivé de son prédécesseur avec des formes sans doute plus furtives et des capacités militaires accrues.

 

Frégate du type Jiangkai II (© : 

Frégate du type Jiangkai II (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 

La marine chinoise aligne par ailleurs deux frégates du type Jiankai I (054) de 132 mètres et 3800 tpc en service depuis 2005, huit Jiangwei II (053H) de 112 mètres et 2300 tpc réceptionnées entre 1998 et 2001 et une quinzaine plus anciennes dont les vénérables Jianghu datant des années 80 et 90. Des bateaux de 103 mètres et environ 1700 tpc aux allures de vieux escorteurs américains et qui constituaient il y a trente ans les principales unités de surface chinoises.

Corvettes et patrouilleurs lance-missiles

Parallèlement, Pékin s’est doté d’une longue série de corvettes lance-missiles du type Jiangdao (056 et 056A), longues de 89 mètres pour un déplacement d’environ 1500 tpc. Pas moins de 41 étaient en service à l’été 2018, cette classe devant comprendre à terme une soixantaine de bâtiments. Avec là aussi une cadence de production très élevée puisque les premières corvettes de ce type sont entrées en flotte en 2013.

 

Cérémonie de mise en service d'une corvette du type 056 en janvier 2018 (© : 

Cérémonie de mise en service d'une corvette du type 056 en janvier 2018 (© : 81.CN)

Corvette du type 056 (© : 

Corvette du type 056 (© : CHINESE MILITARY)

 

La marine chinoise aligne par ailleurs de nombreux patrouilleurs lance-missiles, dont selon les services occidentaux plus de 80 catamarans furtifs du type 022. Des bateaux de 42 mètres et plus de 200 tpc capables de dépasser 35 nœuds et de mettre en œuvre huit missiles antinavire.

 

Patrouilleur lance-missiles du type 022 (© : CHINESE MILITARY FORUM

Patrouilleur lance-missiles du type 022 (© : CHINESE MILITARY FORUM)

 

Guerre des mines

En matière de guerre des mines, la flotte semble se développer plus modérément mais renouvelle tout de même ses moyens, avec essentiellement une trentaine de dragueurs pour moitié récents et l’apparition d’embarcations de surface télécommandées.

Développement sensible des forces de débarquement

Ces dernières années, la Chine a par ailleurs fortement développé ses forces amphibies et semble accélérer clairement le mouvement dans ce domaine. En plus de ses nombreux bâtiments de débarquement de chars, elle a mis en service entre 2008 et 2018 cinq grands transports de chalands de débarquement du type Yuzhao (071), navires de 210 mètres de long pour plus de 17.500 tpc dont un sixième exemplaire a été officiellement mis en service en janvier 2019. Deux autres sont prévus, le septième de la série étant déjà en achèvement à flot. Ces TCD peuvent mettre en œuvre des chalands mais aussi des aéroglisseurs inspirés des LCAC américains.

 

Le TCD chinois Changbaishan du type 071 (© : 

Le TCD chinois Changbaishan du type 071 (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le TCD chinois du type 071 (© : ROYAL NAVY

Le TCD chinois du type 071 (© : ROYAL NAVY)

Version chinoise du LCAC américain (© : 

Version chinoise du LCAC américain (© : PLAN)

 

Parallèlement, la construction des premiers porte-hélicoptères d’assaut (type 075) chinois est en cours. On parle de bâtiments d’au moins 20.000 tonnes et plus de 200 mètres mais un projet plus important, avec une plateforme de 250 mètres et plus de 40.000 tpc, est aussi évoqué. La mise à l’eau de la tête de série est attendue cette année, ce qui permettra sans doute de clarifier les caractéristiques du design retenu, sachant qu’à l’instar des porte-avions, les Chinois ont peut-être déjà initié deux projets distincts basés sur des plateformes dont le gabarit sera accru d’un modèle à l’autre.

 

Le

Le Gaoyao Hu, huitième ravitailleur du type Fuchi, mis en service en 2016, ici à Toulon l'année suivante (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 

Une quinzaine de pétroliers-ravitailleurs

Pour offrir à cette armada une endurance à la mer et permettre aux groupes navals chinois de se déployer loin et longtemps, les capacités logistiques de la flotte ont, dans le même temps, sensiblement augmenté. La marine chinoise aligne désormais une quinzaine de grands pétroliers-ravitailleurs et d’autres sont en construction. Parmi eux, les huit unités du type Fuchi (types 903) de 178 mètres et 23.000 tpc, mis en service entre 2004 et 2016. Alors qu’un neuvième a été mis à l’eau l’an dernier, une version compacte des Fuchi a été construite, avec trois unités, la première en 2007 et les deux autres en 2015. Il s’agit des Danyao (type 904) de 154 mètres et 15.000 tpc. C’est désormais au tour des nouveaux ravitailleurs du type 901 d’être livrés. Le premier de ces grands bâtiments logistiques de 240 mètres et plus de 45.000 tpc, conçus notamment pour répondre aux besoins des porte-avions chinois, est opérationnel depuis 2017. Au moins trois autres devraient suivre. Par ailleurs, la flotte chinoise aligne toujours le pétrolier-ravitailleur Qinghai Hu (179 mètres, 37.000 tpc) datant de 1996 ainsi que le vieux Poyang Hu (168 mètres, 22.000 tpc) opérationnel depuis 1979. 

 

Le pétrolier-ravitailleur

Le pétrolier-ravitailleur Qinghai Hu (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 

La Chine s'est par ailleurs dotée en 2008 d'un grand bâtiment hôpital de 178 mètres et 23.000 tpc, l'He Ping Fang Zhou (ex-Daishandao). Ce navire, dont le nouveau nom signifie « Arche de la Paix », compte environ 500 lits médicalisés et une dizaine de blocs opératoires. Il est notamment employé dans des missions d'assistance aux populations étrangères, comme ce fut le cas en Amérique latine en fin d'année dernière. 

 

Le navire hôpital He Ping Fang Zhou 

Le navire hôpital He Ping Fang Zhou (© : MATTHIEU LE BONNIEC)

 

De nombreux collecteurs de renseignements

Parmi les autres unités chinoises, on notera la construction de nombreux navires collecteurs de renseignements. Cinq navires de 130 mètres et 6000 tpc du type 815 dérivés du Beijixing (2000) ont été mis en service en 2010 pour l’un et entre 2015 et 2017 pour les autres. Trois supplémentaires ont été lancés ces deux dernières années. D’autres navires « espions » s’y ajoutent (y compris de nouvelles unités brise-glace), ainsi que cinq grands bâtiments d’observation spéciale, dont trois récentes unités de 222 mètres et 25.000 tpc du type Yuan Wang 5 livrées entre 2007 et 2016. 

 

Le bâtiment d'observation spatiale Yuan Wang 5

Le bâtiment d'observation spatiale Yuan Wang 5 mis en service en 2007 (© : MATTHIEU LE BONNIEC)

 

Les moyens hydrographiques musclés

Afin de développer ses capacités sous-marines, la Chine a par ailleurs lancé la construction de nouveaux navires hydrographiques et océanographiques, d’unités de surveillance acoustique et de bâtiments bases de sous-marins.

A l’instar de la flotte de surface, les forces sous-marines sont évidemment en plein essor. Mais leur développement est logiquement encore plus secret et donc plus compliqué à suivre.

Nouvelles générations de SNLE et SNA

C’est à la fin des années 70 que la Chine s’est lancée dans la construction d’un premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins avec le type Xia (092). Long de 120 mètres pour un déplacement d’environ 7000 tonnes en plongée et une capacité d’emport de 12 missiles balistiques Ju-Lang 1 d’une portée estimée à 3600 km, le Shangzheng 6 est entré en service en 1983. La rumeur d’un second bâtiment du même type, qui aurait été accidentellement perdu, n’a jamais été vérifiée. Après cette première expérience, Pékin a entrepris au début des années 2000 de se doter d’une flotte de SNLE lui permettant de devenir réellement une puissance nucléaire maritime. La réalisation de six nouveaux bâtiments du type Jin (094) a été ordonnée. Le premier est entré en flotte en 2007 et un cinquième doit l’être incessamment, si ce n’est déjà fait. Ces sous-marins d’un peu plus de 130 mètres de long et plus de 10.000 tonnes en plongée embarquent 12 missiles Ju Lang-2, d’une portée annoncée à 8000 kilomètres, avec un premier tir d’essais effectué en 2008.

 

SNLE du type Jin 

SNLE du type Jin (© : APL)

 

Les cinq nouveaux SNLE chinois peuvent sans doute se décliner en plusieurs sous-classes, des améliorations étant intégrées au fil du temps.

Il en va de même pour les sous-marins nucléaires d’attaque, domaine où la Chine a là aussi mis le pied sur l’accélérateur avec une cadence de production atteignant actuellement un voire deux bâtiments par an. Les unités les plus récentes sont les SNA du type Shang (093), dont les deux premiers exemplaires ont été livrés en 2006 et 2007. Après un long délai de mise au point et sans doute des mesures correctives, la production en série a débuté à partir de 2010, au moins cinq exemplaires ayant été mis en service entre 2015 et 2018. Un autre va s’y ajouter très prochainement et cette classe devrait encore s’allonger avec, probablement, une nouvelle version. Les Shang sont des bâtiments de 107 mètres et plus de 6000 tonnes en plongée armés de torpilles lourdes, missiles antinavire et probablement des missiles de croisière.

 

Sous-marins chinois du type Shang 

Sous-marins chinois du type Shang (© : APL)

 

Ils sont complétés par les trois premiers SNA construits par la Chine, du type Han (091), mis en service entre 1984 et 1990.

La flotte de sous-marins conventionnels se modernise

Dans le domaine des sous-marins conventionnels, les chantiers chinois ne chôment pas non plus. Une quinzaine d’unités du type Yuan (039A et B) seraient désormais opérationnels et la construction de bâtiments supplémentaires se poursuit. Ces sous-marins de plus de 70 mètres et 3500 tonnes en plongée sont équipés de torpilles et missiles antinavire. La tête de série a été réceptionnée par la marine chinoise en 2005 et les livraisons en série ont débuté en 2009.

 

Un sous-marin du type Yuan 

Un sous-marin du type Yuan (© : APL)

Un sous-marin du type Yuan 

Un sous-marin du type Yuan (© : US NAVY)

 

La classe précédente, celle des Song (039), a été produite à 14 exemplaires, réceptionnés entre 1999 et 2006. Ils mesurent environ 75 mètres de long pour un déplacement en plongée de plus de 2200 tonnes.

 

Sous-marin du type Song 

Sous-marin du type Song (© : 81.CN)

 

Le reste de la flotte sous-marine chinoise est constituée de bâtiments de conception russe, avec notamment une douzaine de Kilo (72 mètres, 3100 tonnes) construits en Russie et livrés entre 1994 et 2005.

Une quinzaine de Ming (035), version chinoise des vieux Romeo soviétiques produits localement, seraient par ailleurs toujours en service. Ces sous-marins de 76 mètres et 2100 tonnes ont pour les plus récents été construits dans les années 90.

 

Sous-marin du type Ming 

Sous-marin du type Ming (© : CHINESE MILITARY)

 

D’autres administrations maritimes très puissantes

L’armée populaire chinoise s’appuie donc désormais sur des moyens navals considérables et cela sera, à l’avenir, chaque année un peu plus vrai. D’autant qu’en plus de la marine, il faut ajouter les forces maritimes d’une demi-douzaine d’autres administrations, comme les China Coast Guard, China Maritime Surveillance et Maritime Safety Agency, qui alignent des dizaines de patrouilleurs hauturiers dont certains ont des gabarits de corvettes et même de frégates, à l’instar des patrouilleurs garde-côtes du type 818 basés sur des coques de frégates du type 054A (Jiangkai II). On trouve même dans la China Coast Guard, qui dispose de plus de 160 unités, deux bâtiments de 165 mètres et 12.000 tpc.

 

Garde-côtes chinois, dont au premier plan l'un des bâtiments de 12.000 tpc 

Garde-côtes chinois, dont au premier plan l'un des bâtiments de 12.000 tpc (© : DR)

 

Marine chinoise Chine, Asie du sud-est