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La Chine a mis un et peut-être même deux porte-avions en chantier

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Pour la première fois, un officiel chinois a annoncé que le pays avait mis en chantier un nouveau porte-avions. Une confirmation de ce qui ne faisait plus vraiment de doute  mais qui a au moins le mérite de clarifier la situation. D’après le patron du parti communiste de la province de Liaoning, le nouveau bâtiment est en cours d’assemblage à Dalian, là où a été achevé le premier porte-avions chinois, qui s’appelle justement Liaoning (ex-Varyag russe). La construction devrait prendre six ans et, toujours selon ce responsable chinois, Pékin compte bien réaliser deux autres porte-avions.

 

 

Des constructions à Dalian et Shanghai ?

 

 

La réalisation du nouveau navire à Dalian est plutôt logique dans la mesure où le chantier a acquis de l’expérience sur ce type de projet avec l’achèvement du Liaoning. L’an dernier, des images avaient d’ailleurs circulé sur le net, présentant une section réalisée à Dalian et pouvant, de par sa forme, s’apparenter à un anneau de coque de porte-avions. En revanche, on se rappelle aussi que des vues satellite avaient également été diffusées, montrant également un bloc aux formes particulières. Mais ces images avaient été prises bien loin de Dalian, en l’occurrence sur l’île de Changxing, près de Shanghai. Précisément là où, depuis un bon moment déjà, des sources occidentales soupçonnent la mise en chantier d’un nouveau porte-avions. Il y a donc, sur ce point, trois possibilités. Soit cette structure photographiée près de Shanghai n’est finalement pas un bloc de porte-avions, soit il s’agit d’une section destinée au bâtiment en cours d’assemblage à Dalian (ce qui serait étonnant compte tenu des capacités industrielles de ce port, qui n’a à priori aucun besoin de faire venir des éléments de si loin), ou bien un troisième porte-avions est déjà en cours de fabrication à Changxing.  Cette dernière hypothèse rejoindrait les informations divulguée en décembre par des militaires taïwanais, qui évoquaient la mise sur cale de deux porte-avions à Dalian et Shanghai en 2014 et 2015.

 

 

Le Liaoning a achevé un mois de manoeuvres en mer de Chine (© TP.CHINAMIL.COM.CN)

Le Liaoning a achevé un mois de manoeuvres en mer de Chine (© TP.CHINAMIL.COM.CN)

 

 

Le Liaoning en essais

 

 

C’est le 25 septembre 2012 que le Liaoning a été officiellement livré à la marine chinoise. Long de 304 mètres et présentant un déplacement d’environ 60.000 tonnes en charge, ce bâtiment, doté d’un tremplin et d'une piste oblique avec brins d’arrêt, pourra mettre en œuvre une quarantaine d’aéronefs, dont des chasseurs bombardiers J10 et des intercepteurs J15 (version chinoise du Su-33 russe), voire, dit on, le nouvel avion de combat furtif J18.

 

 

Chasseurs J10 sur le Liaoning (© NEWS.CN)

Chasseurs J10 sur le Liaoning (© NEWS.CN)

 

 

Ce porte-avions est un ancien sistership du Kuznetsov russe. Mis sur cale en 1985 en Ukraine et lancé trois ans plus tard, il avait vu sa construction stoppée suite à l’effondrement de l’Union soviétique. Alors qu’il était à 70% d’achèvement, l’ex-Varyag avait été acquis en 2000 par la Chine, officiellement pour être transformé en casino flottant. Mais, bien entendu, Pékin avait d’autres ambitions pour cette coque, remorquée à Dalian en 2002. C’est là que, trois ans plus tard, les travaux d’achèvement ont véritablement repris et, après six ans d’efforts, le Liaoning a pris la mer pour la première fois à l’été 2011. Depuis, le bâtiment poursuit ses essais et entrainements afin de permettre à la marine chinoise de disposer de son premier porte-avions opérationnel. Un savoir-complexe qu’elle mettra plusieurs années à maîtriser mais qui est considéré comme essentiel pour permettre au pays de renforcer son influence militaire dans la région. Basé à Qingdao, le porte-avions chinois, au centre d’une imposante force aéronavale composée d’une dizaine d’autres unités de surface (destroyers, frégates, bâtiments amphibie et ravitailleurs) et d’au moins deux sous-marins, a achevé début janvier un mois de déploiement au sud de la mer de Chine. Une démonstration de force très politique dans une zone où Pékin et ses voisins se disputent un certain nombre d’espaces maritimes potentiellement riches en matières premières.

 

 

Manoeuvres en mer de Chine (© TP.CHINAMIL.COM.CN)

Manoeuvres en mer de Chine (© TP.CHINAMIL.COM.CN)

 

 

Deux nouvelles unités classique et peut être un bâtiment nucléaire

 

 

Pour la suite, il y a fort à parier que les nouveaux porte-avions du projet 089 seront dérivés de l’ex-Varyag russe. On les annonce légèrement moins longs (285 mètres) mais plus gros (64.000 tonnes) avec un parc aérien comprenant une petite quarantaine d’aéronefs. Ces caractéristiques devront néanmoins être confirmées. Si l’on en croit le calendrier évoqué par le responsable du parti communiste chinois qui s’est exprimé en fin de semaine dernière, leur achèvement interviendrait d’ici 2020.

Quant au quatrième porte-avions chinois, il devrait être d’un type différent et pourrait être doté d’une propulsion nucléaire, une option déjà évoquée par Pékin. Prévu pour être opérationnel au cours de la prochaine décennie, ce bâtiment pourrait être développé sur la base des plans de l’Ulyanovsk russe (300 mètres, 85.000 tonnes), mis sur cale en 1988 et abandonné en 1991 après la fin de l’URSS.

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