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La Combattante admise au service actif

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La Combattante admise au service actif

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Troisième et dernier des nouveaux Patrouilleurs Antilles-Guyane (PAG) de la Marine nationale, La Combattante a été admise au service actif le 23 janvier. Basée à Fort-de-France, en Martinique, elle permet de renforcer les moyens navals français positionnés au Antilles, en particulier dans la lutte contre les trafics illicites et les opérations de secours en cas de catastrophe naturelle. Sa construction avait d’ailleurs été décidée en 2017 suite au passage de l’ouragan Irma, qui avait montré la faiblesse des moyens militaires disponibles dans la région.

Renouvellement de la flotte antillaise

La situation s’est depuis améliorée, avec non seulement l’arrivée de La Confiance, mais aussi d’un nouveau bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM), le Dumont d’Urville, qui a rallié les Antilles au printemps dernier. Ces moyens neufs s’ajoutent aux frégates de surveillance Ventôse (1993) et Germinal (1994), déjà stationnées en Martinique et qui doivent quant à elles être renouvelées à l’horizon 2030, ainsi qu'au remorqueur côtier Maito, qui sera remplacé par l'un des futurs RPC 30. D’ici là, les capacités amphibies des Forces Armées aux Antilles, réduites suite au désarmement du bâtiment de transport léger (Batral) Dumont d’Urville en 2017 (son successeur éponyme n’ayant pas la capacité de s’échouer sur une plage) seront renforcées dans les toutes prochaines années avec la livraison de l’un des 14 futurs engins de débarquement amphibie standards (EDAS), dont la tête de série doit être livrée par Socarenam et CNIM à la fin de cette année. Quant aux moyens de l’aéronautique navale présents sur place, avec un détachement Panther et un détachement Alouette III embarqués sur les frégates, le second allant être remplacé par une machine plus moderne suite à la location de Dauphin N3 en attendant l’arrivée des futurs Guépard à partir de 2028. On notera enfin que des avions de surveillance maritime Falcon 50 basés en métropole évoluent régulièrement dans la zone Antilles-Guyane. 

 

 

Sistership de La Confiance et de La Résolue

Livrée en octobre à Fort-de-France, La Combattante a été réalisée par Socarenam, la coque ayant été construite à Saint-Malo avant d’être armée à Boulogne-sur-Mer. Elle avait été baptisée le 12 juin 2019 dans le port malouin puis, à l’issue d’une série d’essais depuis Brest, avait mis le cap sur les Antilles fin juillet, La Combattante étant arrivée le 7 août en Martinique. Elle a ensuite réalisé son déploiement de longue durée, préalable à son admission au service actif.

La Combattante est un sistership de La Confiance et de La Résolue, mises en service en 2017 en Guyane. Le programme s’appelait alors PLG (Patrouilleurs Légers Guyanais) mais a été renommé PAG lorsque la troisième unité, qui faisait l’objet d’une option au contrat initial, a été confirmée, ce qui n’aurait peut-être pas été le cas sans le désastre provoqué par l’ouragan Irma, qui a imposé une réponse politique forte.

 

La Combattante (© MARINE NATIONALE)

La Combattante (© MARINE NATIONALE)

 

Des PAG aux POM

Conçus en collaboration par Socarenam et le bureau d’architecture Mauric, les PAG, dotés d’une coque en acier et de superstructures en aluminium, mesurent 60.8 mètres de long pour une largeur de 9.55 mètres et un déplacement de 750 tonnes environ. Mis en œuvre par 24 marins et capables d’accueillir jusqu’à 38 personnes, ils embarquent deux semi-rigides, leur armement comprenant un canon télé-opéré de 20mm Narwhal et des mitrailleuses. Capables d’atteindre 21 nœuds, les PAG peuvent franchir 3500 milles à 12 nœuds. Leur maintenance est assurée par la société brestoise CNN MCO. On rappellera que c’est sur la base de ce design qu’est développée une version agrandie de ces bâtiments. Celle-ci donnera naissance aux futurs patrouilleurs d’outre-mer (POM), dont six exemplaires vont être réalisés par Socarenam pour la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et La Réunion. Chaque territoire disposera de deux unités, dont les livraisons sont prévues entre 2022 et 2025.

 

Vue des futurs POM (© MAURIC / SOCARENAM)

Vue des futurs POM (© MAURIC / SOCARENAM)

 

Un nom prestigieux

La Combattante a été nommée en hommage à une ancienne unité des Forces Navales Françaises Libres. Ancien destroyer de 85 mètres de la classe Hunt, le HMS Halon a été offert en 1942 par le gouvernement britannique aux FNLF. Actif sous pavillon tricolore à partir de mai 1943, sous le nom hautement symbolique de La Combattante, il assure des escortes de convois et chasse les unités allemandes, parvenant à couler plusieurs unités légères de la Kriegsmarine, dont des vedettes du type S-boote.

 

Le torpilleur La Combattante en janvier 1943 (© IMPERIAL WAR MUSEUMS)

Le torpilleur La Combattante en janvier 1943 (© IMPERIAL WAR MUSEUMS)

 

Engagé dans les opérations de soutien au débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, c’est ce bâtiment qui amena le général de Gaulle sur le sol français quelques jours plus tard, lui permettant de réaliser une courte mais cruciale visite. Celle-ci, marquée par le discours de Bayeux, permet au chef de la France Libre d’imposer définitivement son autorité face à des alliés anglo-saxons qui l’auraient bien écarté. L’histoire du torpilleur La Combattante fut donc prestigieuse mais très courte puisqu'elle s’achève de manière dramatique le 23 février 1945, lorsque le bâtiment saute sur une mine à l’ouvert de la mer du Nord. Coupé en deux, il coule rapidement. 64 des 181 membres de son équipage y laissent la vie. Les deux parties de l’épave seront retrouvées en 2002 et 2005.

Depuis, une seule unité de la Marine nationale a porté ce nom, et là encore ce fut, même si c’est pour d’autres raisons, un bâtiment qui a marqué son temps. Il s’agit du patrouilleur La Combattante, mis en service en 1963 et qui constitua le prototype d’une nouvelle génération de petits bâtiments de surface rapides et aptes à la mise en œuvre de missiles antinavire.

 

La Combattante tirant un Exocet MM38 (© MARINE NATIONALE)

La Combattante tirant un Exocet MM38 (© MARINE NATIONALE)

 

Réalisé par les Constructions Mécaniques de Normandie, il donna naissance, et son nom, à la célèbre famille de patrouilleurs vendus à plus de 50 exemplaires à travers le monde par le constructeur cherbourgeois. Les P400 de la Marine nationale, par exemple, en sont des évolutions, alors que CMN a conservé ce nom pour sa nouvelle famille de corvettes et patrouilleurs. La Combattante, elle, fut versée à la Gendarmerie maritime au milieu des années 80 et désarmée à Cherbourg en septembre 1996.

 

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