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La Combattante débute ses essais en mer

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La Combattante débute ses essais en mer

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Le troisième et dernier Patrouilleur Antilles Guyane (PAG, ex-PLG) de la Marine nationale vient de débuter ses essais. Construite par Socarenam, La Combattante a vu sa coque produite par le site du constructeur à Saint-Malo. Elle a ensuite été remorquée à Boulogne-sur-Mer, où elle était en achèvement à flot depuis le mois de décembre. Ce programme entre donc maintenant dans sa dernière ligne droite avec les essais. Le bâtiment sera officiellement baptisé le 12 juin à Saint-Malo, jour où se déroulera à bord la première cérémonie de prise de commandement. Le patrouilleur gagnera ensuite Brest pour sa mise en condition opérationnelle et devrait dès la mi-juillet partir pour les Antilles, où il sera basé.

 

La Combattante à la mer (© MARINE NATIONALE)

La Combattante à la mer (© MARINE NATIONALE)

 

Identique à La Confiance et La Résolue, mises en service en 2017 et stationnées à Dégrad-des-Cannes, en Guyane, le nouveau PAG va permettre de renforcer les moyens de la Marine nationale à Fort-de-France et répondre aux besoins de surveillance et d’intervention dans la zone, notamment en matière de lutte contre les trafic illicites et de soutien aux opérations de secours suite à des catastrophes naturelles. Ce troisième PAG avait d’ailleurs été commandé fin 2017 suite au passage de l’ouragan Irma qui avait notamment dévasté Saint-Martin et montré la faiblesse des moyens navals disponibles aux Antilles. Une situation qui s’améliore donc dès cette année, non seulement avec l’arrivée auprès des frégates de surveillance Ventôse et Germinal de La Combattante, mais aussi du nouveau bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM, ex-B2M) Dumont d’Urville, qui a quitté Brest le 15 mai pour son déploiement de longue durée, qui doit s’achever à la fin du mois à Fort-de-France.

Conçus en coopération par Socarenam et Mauric, les PAG, dotés d’une coque en acier et de superstructures en aluminium, mesurent 60.8 mètres de long pour une largeur de 9.55 mètres et un déplacement de 750 tonnes environ. Mis en œuvre par 24 marins et capables d’accueillir jusqu’à 38 personnes, ces patrouilleurs embarquent deux semi-rigides, leur armement comprenant un canon télé-opéré de 20mm Narwhal (Nexter) et des mitrailleuses. Capables d’atteindre 21 nœuds, ils peuvent franchir 3500 milles à 12 nœuds.

En cette année du 75ème anniversaire du débarquement du 6 juin 1944, que l’on commémorait hier en Normandie, La Combattante était justement ce jeudi en mer pour ses essais. Tout un symbole car elle reprend le nom de l’un des bâtiments français qui participèrent à l’opération Overlord, aux côtés notamment des croiseurs Montcalm et Georges Leygues, attaquant les défenses côtières allemandes pour soutenir les troupes débarquées sur les plages normandes.

 

Le torpilleur La Combattante en janvier 1943 (© IMPERIAL WAR MUSEUMS)

Le torpilleur La Combattante en janvier 1943 (© IMPERIAL WAR MUSEUMS)

 

Ancien destroyer de 85 mètres de la classe Hunt, le HMS Halon avait été offert en 1942 par le gouvernement britannique aux Forces Navales Françaises Libres. Actif sous pavillon tricolore à partir de mai 1943, sous le nom hautement symbolique de La Combattante, il assure des escortes de convois et chasse les unités allemandes, parvenant à couler plusieurs unités légères de la Kriegsmarine, dont des vedettes du type S-boote. Engagé dans les opérations de soutien au débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, c’est ce bâtiment qui amena le général de Gaulle sur le sol français quelques jours plus tard, lui permettant de réaliser une courte mais cruciale visite. Celle-ci, marquée par le discours de Bayeux, permettra au chef de la France Libre d’imposer définitivement son autorité face à des alliés anglo-saxons qui l’auraient bien écarté. L’histoire du torpilleur La Combattante fut donc prestigieuse mais très courte puisqu'elle s’achève de manière dramatique le 23 février 1945, lorsque le bâtiment saute sur une mine à l’ouvert de la mer du Nord. Coupé en deux, il coule rapidement. 64 des 181 membres de son équipage y laissent la vie. Les deux parties de l’épave seront retrouvées en 2002 et 2005.

Depuis, une seule unité de la Marine nationale a porté ce nom, et là encore ce fut, même si c’est pour d’autres raisons, un bâtiment qui a marqué son temps. Il s’agit du patrouilleur La Combattante, mis en service en 1963 et qui constitua le prototype d’une nouvelle génération de petits bâtiments de surface rapides et aptes à la mise en œuvre de missiles antinavire.

 

La Combattante tirant un Exocet MM38 (© MARINE NATIONALE)

La Combattante tirant un Exocet MM38 (© MARINE NATIONALE)

 

Réalisé par les Constructions Mécaniques de Normandie, il donna naissance, et son nom, à la célèbre famille de patrouilleurs vendus à plus de 50 exemplaires à travers le monde par le constructeur cherbourgeois. Les P400, par exemple, en sont des évolutions, alors que CMN a conservé ce nom pour sa nouvelle famille de corvettes et patrouilleurs. La Combattante, elle, fut versée à la Gendarmerie maritime au milieu des années 80 et désarmée à Cherbourg en septembre 1996.

 

Socarenam Marine nationale