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La construction des porte-avions britanniques remise en cause ?

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La construction des porte-avions britanniques remise en cause ?

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Et si les porte-avions HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales ne voyaient finalement pas le jour ? C'est la question que s'est posée, ce week-end, la presse britannique. Samedi, lors d'un déplacement sur le porte-aéronefs HMS Illustrious, le patron de la flotte anglaise a fait des déclarations pour le moins étonnantes. « Le chef d'état-major de la Royal Navy a reconnu samedi que la décision de construire les 2 porte-avions britanniques pourrait être annulée. L'amiral Sir Mark Stanhope a déclaré que, bien que des contrats aient été signés pour la réalisation du HMS Queen Elizabeth et du HMS Prince of Wales, la revue de défense de l'an prochain pourrait changer ces projets », rapporte The Guardian.
S'il est vrai que les armées britanniques sont, actuellement, confrontées à de gros problèmes de budget, la remise en cause d'un tel programme serait une décision lourde de conséquences et très complexe d'un point de vue industriel. Le contrat pour la réalisation des deux nouveaux porte-avions a, en effet, été signé et la construction du premier bâtiment lancée, avec une arrivée cet été des premiers blocs aux chantiers de Rosyth, en Ecosse. Outre le contrat global, il faudrait également annuler les marchés passés avec les équipementiers. C'est par exemple le cas pour celui notifié fin 2008 à Rolls-Royce (124 millions d'euros) et portant sur la fourniture de quatre turbines à gaz MT30. Début septembre, le ministère britannique de la défense (MoD) annonçait, encore, avoir signé pour 57 millions d'euros d'équipements auprès de différentes sociétés, principalement des PME. Valves, systèmes d'éclairage, traitement des déchets... Pour le MoD, ces contrats sont destinés à soutenir l'activité des entreprises du pays, durement touché par la crise économique. On a donc du mal à imaginer le gouvernement britannique renoncer aujourd'hui aux deux porte-avions, ce qui au-delà des pénalités d'annulation, provoquerait immanquablement la fermeture de plusieurs chantiers navals. Or, ce programme, estimé à 5 milliards d'euros, représente, selon les autorités, 10.000 emplois dans tout le royaume.

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