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La construction du nouveau SNLE français devrait débuter en 2020
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La construction du nouveau SNLE français devrait débuter en 2020

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En plus des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) du type Barracuda, le site Naval Group de Cherbourg se prépare, dans deux ans, au lancement de la construction du premier des quatre nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) destinés à la flotte française. « Nous prévoyons toujours un lancement de réalisation de la troisième génération en 2020 pour admission au service actif dans les années 2030 », a récemment indiqué l’amiral Prazuck, chef d’état-major de la Marine nationale. 

Connu sous le nom de SNLE 3G, ce programme verra donc la construction par la France d’une troisième génération de SNLE, après celle des six Redoutable (première patrouille en 1972), auxquels ont succédé les quatre Triomphant. Pour mémoire, ces derniers sont entrés en service en 1996 (Le Triomphant), 1999 (Le Téméraire), 2004 (Le Vigilant) et 2010 (Le Terrible), les trois premiers étant mis à niveau du quatrième, équipé dès l’origine d’un nouveau système de combat et de missiles balistiques M51, remplaçant les M45 de ses aînés. Le dernier des trois premiers SNLE transformés, Le Téméraire, doit reprendre du service en 2018. Longs de 138 mètres et affichant un déplacement de plus de 14.000 tonnes en plongée, ces bâtiments sont pour mémoire conçus pour mettre en œuvre 16 missiles balistiques.

Leurs successeurs, dont les caractéristiques précises ne sont pas encore connues, devraient normalement avoir un gabarit voisin et une capacité de frappe équivalente, avec de nouvelles évolutions du M51 et des têtes nucléaires qu’ils embarquent. Les futurs sous-marins bénéficieront évidemment de tous les progrès technologiques réalisés ou en développement, en particulier dans les domaines de la digitalisation, de la discrétion, des senseurs et de l’armement.

Les études d’avant-projet détaillé des SNLE 3G ont commencé début de l’année 2017 chez Naval Group, qui travaille en co-traitance avec TechnicAtome sur ce programme. Initiées il y a plusieurs années déjà, les études technologiques permettant de sécuriser les innovations dont bénéficieront les sous-marins se poursuivent également. Ces travaux impliquent l’ensemble des sites français de Naval Group, ainsi que de nombreux partenaires industriels, et contribuent à la montée en puissance progressive des équipes qui vont assurer le développement et la réalisation des SNLE 3G. Un nouvel immeuble est d’ailleurs en cours de construction sur le site de Cherbourg pour y installer les équipes de conception. Ce bâtiment devrait être livré début 2018.

Près de 35 ans après la découpe de la première tôle du Triomphant, le 30 octobre 1986, la construction des SNLE 3G débutera concomitamment au programme Barracuda, dont le premier exemplaire, le Suffren, doit être mis à l’eau l’année prochaine, en vue d’une livraison à la Marine nationale en 2020. Les cinq autres SNA de ce type suivront d’ici 2030. Bien qu’il doit être rattrapé à partir du troisième bâtiment de la série, le retard initial pris par le programme Barracuda, avec un glissement de trois ans sur le Suffren, pourrait impacter pour des questions de capacités industrielles les prévisions initiales concernant l’assemblage du premier SNLE 3G. L’admission au service actif de ce dernier pourrait n’intervenir qu’en 2033. Le Triomphant aurait alors 37 ans au compteur. Ce qui constituerait un record de longévité pour un sous-marin français à propulsion nucléaire, ou du moins égalerait celui que pourrait bien décrocher le SNA Rubis, datant de 1983 et prolongé dans l’attente de la livraison du Suffren.  

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)