Construction Navale
La coque de la drague GNL de Bordeaux en armement à Boulogne
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La coque de la drague GNL de Bordeaux en armement à Boulogne

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Marine Marchande

Le chantier Socarenam de Boulogne-sur-Mer vient d’attaquer l’armement à flot de L’Ostrea, la nouvelle drague commandée pour le port de Bordeaux. Ce sera le premier navire à propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié (hors méthaniers) à être livré par un constructeur français et le premier navire neuf GNL sous pavillon français (avec le ferry Honfleur qui entrera en flotte également en 2020). La toute première drague tricolore à propulsion gaz est pour mémoire la Samuel de Champlain, construite en 2002 et dont la propulsion a été convertie cette année au GNL.  

Sous-traitée au chantier polonais Crist, la coque de L’Ostrea est arrivée le 6 novembre à Boulogne. « Seule la coque, les carlingages principaux et les accessoires extérieurs ont été réalisés pour l’instant. Il nous reste tous les travaux d’armement à faire : mécanique, tuyauterie, emménagements, finitions peintures… », explique-t-on chez Socarenam.

 

La coque de L'Ostrea à son arrivée à Boulogne dans la soirée du 6 novembre (© : SOCARENAM)

La coque de L'Ostrea à son arrivée à Boulogne dans la soirée du 6 novembre (© : SOCARENAM) 

 

Conçue en coopération pavec le cabinet d’ingénierie belge Multi, qui travaille de longue date avec des entreprises de dragage, comme DEME et Jan de Nul, L’Ostrea mesure 44 mètres de long pour une largeur de 11 mètres. Elle mettra en œuvre un système de dragage par injection d’eau (à 2.5 bar). Capable de filer au moins 12 nœuds, la future drague bordelaise sera équipée de deux propulseurs azimutaux et un propulseur d’étrave, avec un système de positionnement dynamique. Son système gaz est fourni par Wärtsilä.

 

(© : SOCARENAM)

(© : SOCARENAM) 

 

Le navire va également embarquer un petit bateau de travail en aluminium de 7.3 mètres de long pour 3.2 mètres de large et un peu plus de 60 centimètres de tirant d’eau. Conçu par le bureau d’architecture Pierre Delion, ce work boat équipé d’un hydrojet (260 cv) et capable de naviguer à environ 20 nœuds est réalisé par le site Socarenam Côte d’Opale, à Etaples. « Cette annexe est un engin multifonctions. Elle permettra par exemple de relever des bouées, de faire des prélèvements de sédiments et du transport de personnel entre le bord et le quai », précise-t-on au GIE Dragages Ports. Ce dernier sera propriétaire du navire, dont l’armement sera assuré par le Grand Port Maritime de Bordeaux.

 

L'annexe de L'Ostrea (© : PIERRE DELION ARCHITECTURE)

L'annexe de L'Ostrea (© : PIERRE DELION ARCHITECTURE) 

L'annexe de L'Ostrea (© : PIERRE DELION ARCHITECTURE)

L'annexe de L'Ostrea (© : PIERRE DELION ARCHITECTURE) 

 

En plus de la traditionnelle mission de dragage des sédiments, la nouvelle drague sera équipée pour pouvoir, le cas échéant, relever des objets faisant obstruction au passage des navires. Elle pourrait aussi éventuellement, surtout avec son bateau de travail, participer à des opérations de lutte contre la pollution, avec une possible capacité de déploiement de barrages flottants.

Représentant un investissement de 20 millions d'euros pour le GIE Dragages Ports, la nouvelle unité assurera le nivellement du chenal d’accès au port de Bordeaux et travaillera en complément de l’Anita Conti, drague aspiratrice en marche de 89.7 mètres et d’une capacité de puits de 3000 m3 mise en service fin 2013.

L’Ostrea est destinée à remplacer La Maqueline, drague à benne de 49.9 mètres construite à Strasbourg en 1984 et exploitée au profit du port de Bordeaux. Cette dernière devrait continuer d’y travailler jusqu’à l’arrivée de sa remplaçante, puis sera vendue ou, à défaut de repreneur, déconstruite. La Maqueline ne pourra en tous cas pas poursuivre son activité au-delà du premier semestre 2020, c’est-à-dire avant d’être obligée de subir un arrêt technique quinquennal, d’autant plus lourd que le bateau a maintenant 35 ans. Une opération qui n’est pas budgétée.

Le GIE Dragages Ports espère donc pouvoir faire le passage de témoin entre les deux bateaux au printemps prochain. Mais la prudence est toujours de mise quant à la date de livraison de L’Ostrea. Depuis la signature du contrat en janvier 2018, le projet a connu du retard. L’arrivée de la coque produite chez Crist s’est ainsi faite plusieurs mois après la date initialement prévue. Un glissement lié à des modifications intervenues suite à la commande, qui ont contraint à allonger le navire de 4 mètres. Ce qui a entrainé un report de la date d'achèvement, initialement prévue à la fin de l’été 2019 et à aujourd’hui contractuellement fixée à mars 2020. 

 

(© : SOCARENAM)

(© : SOCARENAM) 

Socarenam Port de Bordeaux