Science et Environnement
La coque du méga-yacht scientifique REV en route pour la Norvège

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La coque du méga-yacht scientifique REV en route pour la Norvège

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Ce sera le plus grand yacht du monde et il sera dédié en grande partie à la recherche scientifique. La coque du REV, commandé par le milliardaire norvégien Kjell Inge Røkke au groupe Vard, a quitté le chantier roumain de Tulcea pour rejoindre le site norvégien de Brattvag où elle va être armée. Le shipmanagement du navire a d’ores et déjà été confié à V-Ships Leisure. Le début des opérations devrait avoir lieu en 2021. La conception de ce navire est issue de la volonté de Kjell Inge Røkke de faire leg d’une très grande partie de sa fortune à la recherche scientifique océanique. Pour mener à bien ce projet, il s’est associé à WWF Norvège, et s’appuie sur de très nombreux laboratoires et organismes de recherches publics du royaume scandinave.

 

(REV OCEAN)

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Une propulsion hybride

Adoptant le design VARD 6 16, le yacht a été conçu par les bureaux d’études de Vard en collaboration avec le designer norvégien Espen Øino. Il va mesurer 181.6 mètres de long pour 22 mètres de large, 40 mètres de haut et 5 mètres de tirant d’eau. Il pourra atteindre la vitesse de 17 nœuds. Le REV disposera de deux groupes de 2400 kW chacun, deux moteurs électriques de propulsion d’une puissance unitaire de 3200 kW entrainant deux lignes d’arbres dotées d’hélices à pas variable de 4 mètres de diamètre. S’y ajouteront trois propulseurs de 880 kW (un azimutal et deux en tunnel à l’avant et à l’arrière. L’autonomie, extrêmement importante, sera de 21.120 milles à 11 nœuds (50% de la puissance), le navire ayant des réserves de vivres et d’eau douce suffisantes pour 90 personnes pendant 114 jours. Des voyages encore plus longs peuvent même être organisés en ajoutant des capacités de stockage en conteneurs sur le pont, soit 20 jours supplémentaires. Les soutes à combustible pourront quant à elles contenir 1050 m3 de gasoil. Pour pouvoir travailler en silence, le navire est équipé de batteries pour une capacité de 3 MW.

Trois configurations principales

Le REV pourra être employé en trois configurations principales. Pour des croisières privées, il sera armé par 54 membres d’équipage et pourra accueillir 36 passagers. Dans le cadre de navigations d’expédition, l’équipage sera ramené à 30 personnes, avec une capacité de 24 scientifiques et 36 passagers. Enfin, pour les missions purement dédiées à la recherche, l’équipage sera de 40 personnes, auxquelles s’ajouteront 60 chercheurs. 

 

(REV OCEAN)

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D’importantes capacités scientifiques et polaires

Le REV offrira d’importantes capacités pour les travaux océanographiques, les missions d’étude de la faune marine et de l’environnement, y compris en zones polaires, sa coque étant renforcée (Ice 1C). Le navire disposera de deux plateformes pour hélicoptères et drones, ainsi que de nombreuses embarcations de travail. La manutention pourra être effectuée par différents moyens de levage, dont une grue de 15 tonnes à 25 mètres. Le navire sera équipé d’un moonpool de 7.5 x 5 mètres qui permettra de déployer, à l’abri des vagues, des robots télé-opérés, drones et mini-sous-marins. Il y aura à bord un garage pour un robot télé-opéré (ROV) et un drone sous-marin (AUV) qui pourront plonger jusqu’à 6000 mètres. 

Les scientifiques disposeront de plusieurs sonars, dans la gondole et remorqués, d’un carrotier pouvant prélever des échantillons de 18 mètres de long et 80 mm de diamètre jusqu’à 6000 mètres de profondeur. Des locaux de plongée avec équipement complet air et nitrox seront installés. Le navire pourra mettre en œuvre un système de pêche et de remise à l’eau de la biomasse et des espèces pélagiques. Il sera aussi équipé d’un système d’hydrophones sous-marins pour écouter les cétacés ainsi que d’un prélèvement d’air directement relié au laboratoire aérosol.

Récupération des déchets plastiques

Le REV sera, par ailleurs, équipé d'un système expérimental de récupération des déchets plastiques. Un nouveau type d’incinérateur sera mis en place, permettant de brûler tous types de matériaux (sauf le verre et le métal), y compris le plastique collecté, sans émission nocive. Cela permettra de solutionner la problématique de l'encombrement et du débarquement des déchets, tout en contribuant par la récupération de chaleur à alimenter les circuits d'eau chaude et donc limiter le recours aux générateurs. 5 tonnes de plastique pourront être quotidiennement traitées à bord.

Vard