Marine Marchande
La coque du nouveau navire de Brittany Ferries est à l'eau

Reportage

La coque du nouveau navire de Brittany Ferries est à l'eau

Marine Marchande

Le temps neigeux n’a pas découragé les centaines de personnes venues se masser autour du hall de construction du chantier allemand Flensburger Schiffbau Gesellschaft. A midi précise, vendredi 14 décembre, la coque du futur Honfleur de Brittany Ferries a descendu la rampe de mise à l’eau.  S’il n’est pas fini, sa silhouette est déjà bien reconnaissable. Immédiatement pris en charge par des remorqueurs, le navire a été ensuite amené au quai d’armement où sa construction va s’achever. Juste en face de lui, le W.B.Yeats d’Irish Ferries, qui vient tout juste d’être livré, avec plusieurs mois de retard.

 

La coque du Honfleur juste avant sa mise à l'eau (© : BRITTANY FERRIES)

La coque du Honfleur juste avant sa mise à l'eau (© : BRITTANY FERRIES) 

 

 

La coque du Honfleur sortant du hall de construction de FSG (© : BRITTANY FERRIES)

La coque du Honfleur sortant du hall de construction de FSG (© : BRITTANY FERRIES) 

La coque du Honfleur au moment de sa mise à l'eau (© : BRITTANY FERRIES)

La coque du Honfleur au moment de sa mise à l'eau (© : BRITTANY FERRIES) 

 

Le Honfleur, premier navire à propulsion GNL de la flotte de Brittany Ferries, doit, quant à lui, rejoindre sa ligne entre Ouistreham et Portsmouth en juin prochain et, pour l’instant, aucun retard n’est annoncé, ni par le chantier, ni par l’armement. Long de 187 mètres, ce nouveau ferry, aligné entre Ouistreham et Portsmouth, pourra transporter 1680 passagers, 550 voitures et 64 remorques. Il disposera de 261 cabines, deux cinémas, des restaurants, bars, boutiques et de vastes espaces passagers. Conçu pour atteindre une vitesse de 22 nœuds avec une puissance propulsive d’environ 28 MW, il sera donc doté d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié, avec une consommation hebdomadaire de 600 m3 et un approvisionnement en iso-conteneurs de 40 pieds acheminés par voie routière jusqu’à Ouistreham depuis le terminal méthanier de Dunkerque.

Deux fois par semaine, le portique du navire chargera, hors zones passagers, deux conteneurs pleins et débarquera deux conteneurs vides. L’ensemble de l’opération doit se dérouler en moins de 15 minutes. Les conteneurs, une fois connectés, enverront le GNL dans une cuve tampon de 350 m3 qui l'injectera ensuite vers les quatre groupes d’alimentation dual-fuel (GNL et gasoil) de la propulsion. Ceux-ci alimenteront deux moteurs électriques Jeumont, reliés aux hélices.

 

Vue du futur Honfleur (© : BRITTANY FERRIES)

Vue du futur Honfleur (© : BRITTANY FERRIES) 

Vue du futur Honfleur (© : BRITTANY FERRIES)

Vue du futur Honfleur (© : BRITTANY FERRIES) 

 

Pour le Honfleur, comme pour tous les autres navires en construction chez FSG, le chantier travaille en parallèle avec Marine Projects à Gdansk. Les blocs de la coque sont conçus en Allemagne et les superstructures en Pologne. Ces dernières arrivent entièrement aménagées à Flensburg, soulevées par grue flottante, puis assemblées dans le hall. Les derniers blocs du Honfleur, déjà installés sur le quai d’armement, seront posés à partir de cette semaine.

 

Vue du futur Honfleur (© : BRITTANY FERRIES)

Vue du futur Honfleur (© : BRITTANY FERRIES) 

 

Dans son discours, Jean-Marc Roué, président du directoire de Brittany Ferries, a salué «  l’expertise et le savoir faire des équipes du chantier naval de Flensburger Schiffbau-Gesellschaft. En près de 150 ans, ce chantier naval porte haut l’excellence allemande en matière de construction navale et je suis heureux de pouvoir, ici, en témoigner ». Mais il a également souligné, citant -dans le texte - la Lorelei de Heinrich Heine,  la « tristesse » que lui inspirait la perspective du Brexit.  « Le Royaume Uni, comme l’Allemagne, est un pays frère de la France. Le Rhin nous sépare à l’Est quand la Manche nous sépare à l’Ouest. La France ne peut et ne doit se concevoir qu’au travers de ses deux grands partenaires et amis que sont l’Allemagne et le Royaume-Uni ». Depuis plusieurs mois, Jean-Marc Roué, à la fois en tant que patron de la BAI mais également comme président d'Armateurs de France, ne cesse de rappeler publiquement les incertitudes économiques pesant sur les armateurs et les ports en raison de l’inconnu que représente les conséquences du Brexit (voir l’interview de Jean-Marc Roué).

 

Jean-Marc Roué vendredi chez FSG pour la mise à l'eau du Honfleur (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Jean-Marc Roué vendredi chez FSG pour la mise à l'eau du Honfleur (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ) 

 

En dehors du Honfleur, on rappellera que Brittany Ferries prévoit d'intégrer trois nouveaux navires supplémentaires d'ici 2023. Tout d'abord deux unités neuves affrétées auprès de Stena Line, avec options d’achat au bout de 5, 6 et 8 ans. Ces navires, qui seront nommés Galicia et Salamanca seront exploités entre le Royaume-Uni et l'Espagne. Ils font partie de la série des six grands ferries du type E-Flexer commandés par l’armement suédois aux chantiers chinois AVIC Weihai. Des bateaux de 214 mètres de long, 27.8 mètres de large et environ 48.000 GT de jauge qui pourront accueillir près de 1000 passagers et disposeront de très importantes capacités de fret, avec plus de 3000 mètres linéaires de garages. Les deux destinés à Brittany Ferries doivent être livrés à la compagnie bretonne en 2020 et 2021. Le premier remplacera le Baie de Seine (ex- Sirena Seaways), affrété par Brittany Ferries depuis le printemps 2015 pour seulement cinq ans au groupe danois DFDS. Alors que ce premier E-Flexer (Galicia) sera équipé de systèmes de lavage des fumées (scurbbers) afin de réduire ses émissions d’oxydes de soufre, la seconde unité de ce type prévue pour Brittany Ferries (qui sera la sixième de la série E-Flexer), le Salamanca, aura en revanche une propulsion fonctionnant au GNL.

 

Vue des futurs Galicia et Salamanca (© : BRITTANY FERRIES)

Vue des futurs Galicia et Salamanca (© : BRITTANY FERRIES)

 

Ce navire est destiné à succéder au Cap Finistère, qui a permis à la compagnie bretonne de développer significativement son trafic vers l’Espagne. Très contente de ce bateau qu’elle exploite depuis 2010, Brittany Ferries n’a apparemment pas l’intention de s’en séparer et réfléchit à le positionner sur une autre ligne.

Enfin, l’armement de Roscoff espère pouvoir conclure au premier semestre 2019 la commande du successeur du Bretagne, le doyen de sa flotte, sorti en 1989 des chantiers de Saint-Nazaire. Le futur « Bretagne II » devrait être plus grand et sera probablement équipé d’une propulsion GNL. 

 

 

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