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Construction Navale

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La Corée du Sud continue de soutenir son industrie navale

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Marine Marchande

C’est un nouveau pas franchi dans l’interventionnisme économique de l’état asiatique dans son industrie navale. Hier, la Corée du Sud a annoncé un vaste plan de soutien destiné aux petits et moyens chantiers. L’État prépare avec les compagnies maritimes nationales, la commande de 140 bateaux alimentés au gaz naturel liquéfié d'ici 2025, pour un montant total de près de 780 millions d’euros. Le chiffre d’affaires des constructeurs de petites et moyennes unités a atteint 470 millions d’euros l’année dernière.

Derrière cette mesure, il faut voir une volonté du pays de défendre un secteur qui est historiquement un pilier de l’économie coréenne. La baisse des coûts engendrée par les concurrents chinois menace grandement ce modèle. En commandant des bateaux propulsés au GNL, la Corée du Sud espère se démarquer et mettre en place un effet de levier lui permettant de consolider son rang de leader dans la compétition internationale. La volonté est par ailleurs d’allier le secteur industriel et le secteur marchand. C’est ainsi que les compagnies maritimes sont amenées à se développer dans le même laps de temps.

C’est concrètement ce qui se passe avec le secteur de la construction navale de grands navires qui commence à retrouver des couleurs. Les trois champions locaux, Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering (DSME), Samsung Heavy Industries (SHI) et Hyundai Heavy Industries (HHI) bénéficient eux aussi d’un important soutien qui s’accompagne du développement de la compagnie maritime Hyundai Merchant Marine (HMM). En mars dernier, le gouvernement soutenait un plan national à 5 ans, destiné à soutenir financièrement la construction de 200 navires, dont 140 vraquiers et 60 porte-conteneurs. Cela passe notamment par un contrat de Hyundai Merchant Marine pour 20 super porte-conteneurs, estimé à 2.82 milliards de dollars. Les trois principaux constructeurs coréens se répartissent la charge de travail. DSME et Samsung s’occuperont de respectivement 7 et 5 mastodontes de 23.000 EVP quand dans le même temps Hyundai HI fabriquera 8 navires de 15.000 EVP. Des porte-conteneurs qui pourraient être équipés de scrubbers ou d’une propulsion au GNL.

Ce protectionnisme, si il semble bénéfique à court terme pour la Corée du Sud, cristallise les critiques de la concurrence internationale. Le mois dernier, l’Europe avait publiquement dénoncé le dumping réalisé en Corée du Sud, mais également en Chine. Le 6 novembre, le Japon a lancé une procédure contre son voisin auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). D’après Reuters, cette année, toutes les commandes de méthaniers au GNL de grandes tailles (une cinquantaine) auraient été raflées par l’industrie coréenne pour une somme cumulée de 9 milliards de dollars. Le Japon n’a, de son côté, pas engrangé de commandes cette année pour de grands méthaniers GNL, un domaine dans lequel il est généralement très présent. En élargissant le champ aux navires de support et aux unités de stockage flottantes de GNL, la Corée du Sud détiendrait 78% du marché contre 14% pour le Japon et 8% pour la Chine.

On voit donc mal comment les tensions pourraient retomber avec ce nouveau plan destiné au secteur coréen de la construction de petits et moyens navires alimentés au GNL.

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