Construction Navale
La Corée du sud, leader mondial de la construction navale

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La Corée du sud, leader mondial de la construction navale

Construction Navale

Hyundai, Daewoo, Samsung, STX, Hanjin... La Corée du Sud, numéro 1 mondial de la construction navale, affichait fin 2007 un carnet de commandes fort de 134 millions de tonneaux (+60% en un an), dont 74 millions engrangés sur la seule année passée. « Les prévisions faites au début de l'année 2007 d'une possible réduction du volume global de commandes compte tenu d'une année 2006 déjà exceptionnelle n'ont pas tenu. Les grands chantiers coréens ont du réviser à la hausse leur estimations, HHI (Hyundai) dès le mois de mars 2007 en portant ses prévisions de ventes annuelles de 16.4 à 22.5 milliards d'euros, DSME (Daewoo) en juillet 2007 en les portant de 11 à 17 milliards pour finir à plus de 20 milliards, Samsung en juillet également, les passant de 11 à 15 milliards pour aussi finir à plus de 20 milliards, STX les révisant dans le milieu de l'année de 5.5 à 10 milliards », note le courtier français Barry Rogliano Salles dans son Rapport 2008. Les Coréens dominent largement les marchés très porteurs des porte-conteneurs ou encore des pétroliers. Ils tirent également leur épingle du jeu en matière de vraquiers et de navires gaziers, bien que dans ce dernier domaine ils soient largement distancés par les Japonais et au coude à coude avec les Européens (en nombre de navires). Dans le domaine des vraquiers, alors que les parts de marché des japonais fondent face à la concurrence chinoise, les Coréens ont réussi un prendre un nombre important de commandes en 2007.

 Le site STX de Jinhae(© : STX SHIPBUILDING)
Le site STX de Jinhae(© : STX SHIPBUILDING)

Des cales pleines jusqu'à fin 2011

Il faut dire que l'essor du commerce mondial et l'explosion des échanges maritimes sont tels que les cales des chantiers sont pleines. Les coûts de construction atteignent, par conséquent, des sommets. « L'année 2007 s'est achevée sur un renouveau record pour la construction navale coréenne. Les livraisons s'étalent sur quatre années désormais et de nombreux chantiers ont commencé à vendre leur production sur 2012. Les nouvelles commandes ont représenté 76.6 millions de tonneaux en 2007, contre 39.5 millions en 2006 et se sont principalement réparties entre les porte-conteneurs pour 29.5 millions de tonneaux, des vraquiers pour 25.7 millions de tonneaux, des pétroliers pour 14.7 millions de tonneaux et des méthaniers pour 2.8 millions de tonneaux », note BRS.
La Corée du Sud doit, néanmoins, faire face à la montée en puissance spectaculaire de la Chine, qui a détrôné le Japon au second rang mondial. Les chantiers chinois, qui se positionnent désormais sur les grands porte-conteneurs et même sur les méthaniers, ont vu l'an dernier leur portefeuille doubler, avec 104 millions de tonneaux à construire, contre seulement 48 millions en 2006.

 Le méthanier Dapeng Sun, construit en Chine (© : DROITS RESERVES)
Le méthanier Dapeng Sun, construit en Chine (© : DROITS RESERVES)

Contenir la montée en puissance des Chinois

Malgré tout, selon Barry Rogliano, le pays du matin calme n'a pas l'intention de se laisser faire : « Les constructeurs coréens affichent clairement leur intention de conserver leur leadership su le marché de la construction navale. Ils ont tous des projets d'expansion ou d'amélioration de leur productivité au travers de nouveaux sites en Corée ou à l'étranger, de nouvelles cales sèches, de nouvelles lignes de production sur terre-plein, de nouveaux docks flottants, des extensions de cales, de nouvelles unités de production de blocs, de nouveaux moyens de levage, de nouvelles techniques d'assemblage (mega-blocs, giga-blocs, tera-blocs)... »
Ainsi, Hyundai Heavy Industries envisage de créer un dixième dock géant de 642 mètres de long pour 92 mètres de large. A titre de comparaison, le Bassin C de Saint-Nazaire, plus grande forme de construction d'Europe, ne mesure « que » 450 mètres de long pour 90 mètres de large. Hyundai Mipo a, dans le même temps, décidé de confier à ses chantiers HMD-Vanishin, au Vietnam, la réalisation d'une série de vraquiers de la classe Handymax.
Samsung, de son côté, souhaite acquérir un dock flottant géant de 500 mètres de long sur 90 mètres de large. « En plus de ses trois cales sèches, SHI possède déjà deux docks flottants et trois usines de blocs en Chine. Samsung a aussi décidé de prendre une participation dans un chantier brésilien », note le courtier français.
En ce qui concerne Daewoo, le groupe pourrait allonger de 190 mètres sont dock n°2 et envisageait cet hiver d'acheter un dock flottant de 432 mètres sur 82 mètres.
STX n'est pas en reste. Le constructeur a inauguré l'an dernier un nouveau site, en Chine, capable grâce à trois lignes de terre-plein de réaliser des unités de moins de 100.000 tonnes de port en lourd. Le groupe a également décidé de se lancer sur le marché des navires de croisière. Toutefois, contrairement à son compatriote Samsung, qui souhaite réaliser des paquebots dans ses propres chantiers, STX a préféré investir en Europe en reprenant Aker Yards, l'un des trois leaders mondiaux du secteur.
Cinquième groupe sud-coréen d'importance, Hanjin se développe aux Philippines, à Subic, avec deux cales sèches de 370 mètres (sur 100 mètres) et de 480 mètres (sur 135 mètres), ainsi que dans un nouveau site à Mindanao.
Enfin, de nouveaux acteurs coréens font leur apparition sur le marché international. Ainsi, Daehan met en service à Haenam trois cales sèches, deux de 540 mètres (sur 132 mètres) et une troisième de 310 mètres de long sur 72 mètres de large.
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- Voir le Rapport annuel de BRS

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