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La Corée du sud met sur cale son premier sous-marin océanique

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La Corée du sud met sur cale son premier sous-marin océanique

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Après la découpe de sa première tôle le 27 novembre dernier, le chantier Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering de Geoje, en Corée du sud, a procédé le 17 mai à la mise sur cale du premier KSS III.

Long de 83.5 mètres pour un diamètre de 7.7 mètres et un déplacement d’environ 3700 tonnes en plongée, ce bâtiment océanique est le premier sous-marin de conception nationale. En tout, Séoul prévoit réceptionner 9 unités de ce type entre 2020 et 2029, avec une mise à l'eau de la tête de série en 2018, ce qui parait très ambitieux en termes de calendrier. 

Pour y parvenir, les Coréens s’appuient sur l’expérience acquise avec les sous-marins des types KSS I et KSS II, de conception allemande et pour lesquels un transfert de technologie a été opéré à partir de 1987 par HDW. Ainsi, après la réalisation à Kiel du Chang Bogo (type 209/1200 de 56 mètres et 1290 tonnes en plongée), premier KSS I (livré en 1993), les huit autres bâtiments de cette classe ont été réalisés à Okpo par DSME, qui a achevé le dernier en 2001.

DSME, mais aussi un autre constructeur coréen, Hyundai Heayvy Industries (Ulsan), ont ensuite travaillé sur le programme KSS II. Là aussi, il s’agissait de reproduire des sous-marins conçus en Allemagne, en l’occurrence le type 214 (63 mètres, 1860 tonnes en plongée) équipé du système de propulsion anaérobie PERMASYN et de piles à combustible Siemens, comme le type 212 de la marine allemande. Alors que la première unité du type KSS II, le Sohn Won Il, a été mise en service en 2007, la sixième de la série (Yu Gwan-sun), mise à l’eau à Geoje en mai 2015, doit être livrée en novembre prochain. Quatre autres sont attendues d’ici 2019, permettant à la marine sud-coréenne de disposer de 10 KSS II, auxquels s’ajouteront ensuite les KSS III, qui doivent remplacer nombre pour nombre les KSS I.

 

Sous-marin du type KSS III (© DR)

Sous-marin du type KSS III (© DR)

 

Capables de mener de longues patrouilles et des déploiements lointains, les KSS III seront dotés d’un système de propulsion anaérobie basé sur des piles à combustible, ou bien un important parc de batteries utilisant la technologie lithium-ion. Ils pourront, selon les informations recueillies par nos confrères de Navy Recognition, atteindre la vitesse de 20 noeuds et présenteront une autonomie de 10.000 milles en surface. Ils mettront en œuvre des torpilles lourdes et missiles antinavire Hongsangeo (ou Sea Star), un dérivé du Harpoon américain.  Le développement d’un missile de croisière est également évoqué, ces engins pouvant être tirés au moyen de six cellules de lancement vertical. Si certains équipements seront achetés sur étagère à des fournisseurs étrangers, comme Sagem pour les mâts optroniques non pénétrants dérivés de la série 30 conçue par le groupe français (contrat signé pour les deux premiers KSS III en 2014), les Coréens misent sur ce programme pour renforcer les compétences nationales. Ainsi, DSME, ainsi que la marine et l’agence d’acquisition d’équipements militaires (DAPA) coréennes ont travaillé sur le développement d’une quarantaine d’équipements clés des futurs sous-marins, dont la suite sonar, l’appareil propulsif et les piles à combustible.

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