Défense
La Corée du sud renforce sa flotte sous-marine

Actualité

La Corée du sud renforce sa flotte sous-marine

Défense

Après huit ans d’études et de développement, les chantiers Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering et la marine sud-coréenne ont officiellement lancé, le 27 novembre dernier, la construction du premier KSS III. Ce gros bâtiment océanique de 3000 tonnes est le premier sous-marin de conception nationale. En tout, Séoul prévoit de mettre en service 9 unités de ce type à partir de 2020, ou sans doute 2022, le programme ayant pris plus de deux ans de retard. Capables de mener de longues patrouilles et des déploiements lointains, les KSS III seront dotés d’un système de propulsion anaérobie utilisant des piles à combustible. Ils pourront mettre en œuvre des torpilles lourdes et missiles antinavire Hongsangeo (ou Sea Star), un dérivé du Harpoon américain.  Le développement d’un missile de croisière est également évoqué. Si certains équipements seront achetés sur étagère à des fournisseurs étrangers, comme Sagem pour les mâts optroniques non pénétrants dérivés de la série 30 conçu par le groupe français (contrat signé pour les deux premiers KSS III en 2014), les Coréens misent sur ce programme pour renforcer les compétences nationales. Ainsi, DSME, ainsi que la marine et l’agence d’acquisition d’équipements militaires (DAPA) coréennes ont travaillé sur le développement d’une quarantaine d’équipements clés des futurs sous-marins, dont la suite sonar, l’appareil propulsif et les piles à combustible.

 

Sous-marin sud-coréen du type 209 (© : 

Sous-marin sud-coréen du type 209 (© : US NAVY)

 

Expérience acquise avec le transfert de technologie allemand

Pour y parvenir, les Coréens s’appuient sur l’expérience acquise avec les sous-marins des types KSS I et KSS II, de conception allemande et pour lesquels un transfert de technologie a été opéré à partir de 1987 par HDW. Ainsi, après la réalisation à Kiel du Chang Bogo (type 209/1200 de 56 mètres et 1290 tonnes en plongée), tête de série du programme KSS I (livré en 1993), les huit autres bâtiments de cette classe ont été réalisés à Okpo par DSME, qui a achevé le dernier en 2001.

DSME, mais aussi un autre constructeur coréen, Hyundai Heayvy Industries (Ulsan), ont ensuite travaillé sur le programme KSS II. Là aussi, il s’agissait de reproduire des sous-marins conçus en Allemagne, en l’occurrence le type 214 (63 mètres, 1860 tonnes en plongée) équipé du système de propulsion anaérobie PERMASYN et de piles à combustible Siemens, comme le type 212 de la marine allemande. Alors que la première unité du type KSS II, le Sohn Won Il, a été mis en service en 2007, le sixième de la série (Yu Gwan-sun), mis à l’eau à Geoje en mai 2015, doit être livré en novembre prochain. Quatre autres sont attendus d’ici 2019, permettant à la marine sud-coréenne de disposer de 10 KSS II, auxquels s’ajouteront ensuite les KSS III, qui doivent remplacer nombre pour nombre les KSS I.

 

Le Yu Gwan-sun

Le Yu Gwan-sun avant sa mise à l'eau(© : DR)

 

Besoin militaire et ambitions à l'export 

Avec ces nouveaux programmes, Séoul entend muscler ses forces navales (la flotte de surface étant elle aussi en pleine modernisation et développement), afin notamment de répondre à la menace que représente la marine nord-coréenne et ses sous-marins, accusés d’avoir coulé la corvette Cheonan, en mer Jaune, le 26 mars 2010.

Mais le programme KSS III a également des visées économiques, la Corée du sud tablant sur ce nouveau modèle, qui n’est donc pas construit comme ses aînés sous licence étrangère, pour percer sur le marché international des sous-marins et, ainsi, venir concurrencer à l’export les constructeurs européens et russes. 

 

Le Sohn Won Il avec un porte-avions américain à Busan (© : US NAVY)

Asie