Croisières et Voyages
La croisière est devenue un poids lourd de l’économie européenne

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La croisière est devenue un poids lourd de l’économie européenne

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Construction Navale

Construction navale, ports, tourisme… Avec une contribution économique record de 40 milliards d’euros et 10.000 nouveaux emplois créés l’an dernier, l’industrie de la croisière continue de renforcer son impact en Europe, dont elle est devenue l’un des secteurs d’activité les plus dynamiques. C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel de l’Association internationale des compagnies de croisière (CLIA), dont le président, Pierfrancesco Vago, n’hésite pas à parler de soutien au redressement économique de l’UE. « L’industrie de la croisière apporte une contribution économique vitale à la reprise économique en Europe. En 2014, l’industrie de la croisière a injecté près de 40 milliards d’euros dans l’économie européenne et a soutenu près de 350.000 emplois européens, dont plus de 80.000 dans le secteur manufacturier. Ces résultats record proviennent de nos efforts collectifs que nous saluons et sur lesquels nous allons capitaliser », affirme-t-il.

Les chantiers tournent de nouveau à plein régime

Alors que les armateurs sont engagés dans une nouvelle vague majeure d’investissements, les chantiers européens, qui ont le quasi-monopole de la construction de paquebots, bénéficient à plein du regain de commandes. A ce jour, le plan de charge des chantiers italiens, allemands, français et finlandais comprend, d’ici 2020, la livraison de 28 navires pour une valeur globale de plus de 21 milliards d’euros. Et il ne s’agit que des commandes fermes, auxquelles s’ajoutent plusieurs milliards d’euros d’options et, surtout, de nouveaux projets de grande ampleur en cours de finalisation. Après une période difficile, qui s’est achevée en 2012, la construction navale connait une nouvelle embellie, les revenus augmentant pour la troisième année consécutive. Les chantiers européens, qui tournent de nouveau à plein régime, ont enregistré en 2014 une hausse de 12.8% de leurs revenus pour les constructions neuves et la maintenance, les compagnies dépensant 4.55 milliards d’euros dans de nouveaux navires et rénovations.

 

Paquebot en construction en Italie (© : FINCANTIERI)

Paquebot en construction en Italie (© : FINCANTIERI) 

 

349.000 salariés

Selon le dernier rapport annuel CLIA Europe, la contribution économique de la croisière en Europe a donc atteint un nouveau record à 40.2 milliards d’euros en 2014, soir 2,2% d’augmentation par rapport à l’année précédente. Les dépenses directes générées par l’industrie ont atteint 16.6 milliards d’euros, soit 400 millions de mieux qu’en 2013. Sur le plan social, la croisière et ses activités associées regroupent 349.000 salariés en Europe (+10.000 en un an), dont 82.000 emplois manufacturiers, comprenant ceux des chantiers et de leurs sous-traitants. Les salaires et autres avantages pour les employés européens ont représenté 10.75 milliards d’euros.

6.4 millions de passagers européens

Côté compagnies, le marché a poursuivi sa croissance l’an dernier, atteignant 6.4 millions de passagers européens (+05%), soit 30% du marché mondial. Un nouveau record porté notamment par la hausse enregistrée en Allemagne (1.77 million de passagers, +5%) et en France (593.000 passagers, +13.7%). Ces deux pays ont largement permis de compenser le tassement du marché britannique, qui a perdu sa place de leader (1.64 million, - 5%) en raison notamment d’une offre réduite en 2014, alors que l’Italie et l’Espagne étaient aussi en recul avec respectivement 842.000 passagers (-3.1%) et 454.000 passagers (-4.3%).

Baisse du nombre d’embarquements dans les ports européens

L’Europe demeure aussi une destination majeure pour les passagers et les navires du monde entier, attirant d’importants investissements touristiques et dépenses. Ainsi, 5.85 millions de passagers (dont environ 1 million de provenance hors UE) ont embarqué pour leur croisière dans des ports européens en 2014. Il y a toutefois, sur ce point, un bémol puisque cela représente une baisse de 3.6% par rapport à 2013. « Cette tendance à la baisse de l’Europe en tant que destination est le fruit des sérieux obstacles à la croissance qui, si ils sont ignorés, risquent de laisser ce potentiel reclus et de paralyser la croissance économique annuelle que nous avons forgée. L’Europe doit les affronter en mettant en place une nouvelle législation environnementale, des procédures de visa allégées, en investissant dans les infrastructures côtières et en améliorant les installations portuaires », estime Pierfrancesco Vago, qui parle de « tendance inquiétante ». C’est pourquoi le président de CLIA Europe, s’il se félicite des nouveaux records enregistrés l’an dernier par l’industrie de la croisière, se veut prudent pour l’avenir : « Si une croissance future peut être réalisée en Europe, elle est pourtant loin d’être garantie ».

 

Les terminaux croisière de Marseille (© : CAMILLE MOIRENC)

Les terminaux croisière de Marseille (© : CAMILLE MOIRENC) 

 

La France en détails

Concernant la France, plus particulièrement, l’industrie de la croisière voit également ses retombées augmenter. La contribution économique directe à l’Hexgone a augmenté de près de 4%, demeurant la cinquième plus élevée en Europe, à 1.12 milliard d’euros en 2014. Le nombre de Français ayant réservé une croisière a, comme on l’a vu, augmenté de 14% pour atteindre 593.000 passagers, consolidant la France comme quatrième marché source en Europe derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. L’année 2014 a été marquée par une très forte augmentation du nombre d’embarquements dans les ports tricolores (+32%), avec un record de 306.600 passagers. Le nombre de croisiéristes ayant visité la France a pour sa part enregistré une hausse de 1 % (2.4 millions). Côté chantiers, Saint-Nazaire compte aujourd’hui six paquebots en commande pour Royal Caribbean International, MSC Cruises et Celebrity Cruises. Livrables entre 2016 et 2020, ils représentent un investissement supérieur à 5 milliards d’euros, les contrats étant par ailleurs assortis options pour trois navires supplémentaires (deux MSC et un Celebrity) d’une valeur additionnnelle de plus de 2 milliards d’euros. Au global, le secteur de la croisière employait en 2014 plus de 15.000 Français (+4.4% par rapport à 2013 avec 658 millions d’euros de salaires), dont un quart autour de la construction navale.

800.000 passagers attendus à l'horizon 2017

« Les résultats de la contribution économique de l’industrie de la croisière en France et en Europe démontrent une nouvelle fois la résilience certaine de notre industrie aux effets de la crise que nous subissons depuis 2008. L’engagement des compagnies dans la construction de nouvelles unités toujours plus innovantes et respectueuses de l’environnement, ainsi que les efforts réalisés par les ports français dans la qualité d’accueil des navires et des passagers, apporte à l’économie française une contribution économique croissante dont nous nous réjouissons.  L’industrie de la croisière crée des emplois et participe pleinement au rayonnement de la France en matière de tourisme et d’art de vivre auprès des touristes étrangers découvrant notre pays au cours d’escales toujours plus nombreuses », estime Georges Azouze, président de CLIA France.

Cinquième destination croisière d’Europe, l’Hexagone est aussi le marché le plus dynamique de la région, le nombre de passagers français ayant augmenté de 93% entre 2009 et 2014. Et la croissance devrait se poursuivre puisque CLIA estime que le cap des 800.000 passagers devrait être atteint à partir de 2017.  

 

 

 

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