Croisières et Voyages
La croisière jongle avec les tensions autour du bassin méditerranéen

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La croisière jongle avec les tensions autour du bassin méditerranéen

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Guerres civiles, troubles politiques, terrorisme… Ces dernières années, l’industrie de la croisière a été obligée de composer avec les tensions survenant autour du bassin méditerranéen. Cet été encore, il a fallu revoir certaines programmations en raison des évènements survenus en Egypte. Costa Croisières a, ainsi, annoncé en août l’annulation de l’ensemble de ses escales dans le pays, ainsi que ses traversées en mer Rouge pour l’hiver 2013/2014. Les compagnies suivent en fait de très près l’évolution sécuritaire dans un certain nombre de pays. Dès que les conditions ne sont plus réunies et que les passagers ne peuvent plus bénéficier d’un environnement suffisamment protégé, les escales sont supprimées et des alternatives mises en place. Ainsi, Costa propose des croisières aux Emirats au lieu de la mer Rouge, alors que des séjours plus longs en Israël (Ashdod et Haïfa) remplacent  les escales en Egypte.

Les soubresauts liés au printemps arabe, en 2011, avaient notamment entrainé une importante réorganisation, la Tunisie, l’Egypte et la Libye ne pouvant plus accueillir d’escales dans les conditions de sécurité requises. Plus récemment, c’est en Turquie, suite aux manifestations contre le pouvoir intervenues en mai dernier, que les armateurs ont été contraints d’annuler des escales de paquebots à Istanbul. A cela s’ajoutent les regains de tension régulièrement observés au Proche-Orient, qui peuvent avoir un impact sur l’industrie de la croisière en Israël, en Jordanie ou encore au Liban.

 

 

Un paquebot dans le port de Beyrouth, au Liban (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Un paquebot dans le port de Beyrouth, au Liban (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

 

Situation mouvante et adaptation permanente

 

 

Au fil des ans, les compagnies ont appris à s’adapter et sont aujourd’hui rôdées à ce qui devient la traditionnelle « gymnastique » des reprogrammations. Par chance, tous les pays sensibles ne sont généralement pas touchés au même moment, permettant de trouver relativement facilement des alternatives, étudiées en amont pour parer à toute éventualité. Ainsi, si l’Egypte n’est plus actuellement considérée comme une destination sûre, l’activité a par exemple repris en Tunisie et les escales sont maintenues en Israël et en Jordanie. La situation s’est par ailleurs apaisée à Istanbul, permettant le retour des navires.

On notera, de plus, que les croisières maritimes (l’Egypte étant un cas particulier avec les voyages fluviaux sur le Nil, qui se sont effondrés depuis 2011) dans la plupart des pays concernés représentent, sans être marginale, une activité relativement faible au regard du nombre de passagers visitant par exemple les ports espagnols, italiens, grecs ou encore de la côte adriatique. Pour le moment, les compagnies sont parvenues à compenser les aléas rencontrés, par exemple en jouant la prudence avec des capacités restreintes dans certaines zones, ce qui permet plus facilement de se retourner en cas de problème. L’industrie explore et développe aussi de nouvelles destinations. On a par exemple constaté une augmentation des croisières en Europe du nord ou vers le Maroc et les îles atlantiques (Canaries, Madère, Cap Vert…) Une tendance tirée d’ailleurs par le marché, une partie de la clientèle étant devenue très méfiante vis-à-vis de certaines destinations, réduisant de fait les possibilités de remplissage des navires.

 

 

Paquebot quittant le port de Funchal, à Madère (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Paquebot quittant le port de Funchal, à Madère (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

 

La réorganisation, lot quotidien des compagnies

 

 

D’un point de vue opérationnel, si les incertitudes ne sont pas évidentes à gérer, surtout pour les petits opérateurs, les grandes compagnies sont armées pour faire face aux changements de dernière minute. Car c’est finalement leur lot quotidien. En effet, elles gèrent constamment, avec leurs agents basés à travers le monde, des  modifications d’itinéraires lorsque des ports sont inaccessibles, par exemple pour cause de mauvaise météo ou encore de grève. A ce titre, la Grèce fut l’an dernier un véritable point noir pour l’industrie, mais celle-ci a, là encore, trouvé différents palliatifs pour repositionner les bateaux.

Cela, en raison notamment de la multitude d’escales disponibles en Méditerranée, les capacités d’accueil de nombreux ports, qui développent par ailleurs leurs infrastructures, étant encore loin d’être saturées. Même si l’incroyable développement de la croisière dans la région a abouti, pour certaines destinations, à quelques embouteillages, les troubles rencontrés au sud et à l’est de la Méditerranée ne sont pas de nature à toucher gravement l’activité des compagnies. Certes, les réorganisations ont bien entendu un coût financier pour les opérateurs, déjà confrontés à une période de très forte concurrence, mais celui-ci demeure bien moindre que le manque à gagner pour l’économie locale des régions qui ne sont plus visitées par les croisiéristes. 

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