Marine Marchande
La décision d'effectif de la Recouvrance et les inquiétudes des capitaines

Actualité

La décision d'effectif de la Recouvrance et les inquiétudes des capitaines

Marine Marchande

Dans une lettre adressée au ministre des Tranports, l'AFCAN (association française des capitaines de navire), s'inquiète de la modification de la décision d'effectif à bord de la Recouvrance, notamment en ce qu'elle fixe désormais l'équipage minimal à 3 marins. « Une douzaine de personnes, marins et passagers, peuvent être sollicitées lors des virements de bord », détaille la lettre. « Ce navire est actuellement exploité par un équipage de 5 marins professionnels. Devant le déficit d'exploitation, l'armateur a sollicité une modification de la décision d'effectif pour la réduire à 3 en l'absence de passagers. Le Centre de Sécurité des Navires de Brest, après avoir rencontré les capitaines de la Recouvrance et des goélettes Etoile et Belle Poule (bâtiments écoles de la Marine nationale, ndlr), navires similaires en ce qui concerne la manoeuvre, a donné un avis défavorable. Il a estimé que l'exploitation du navire avec un tel effectif n'était pas possible en toute sécurité, particulièrement pour les manoeuvres portuaires. (...) Suite à ce refus, l'armateur a alors décidé d'immatriculer le navire au second registre, le RIF, et selon nos informations, le CSN de Marseille, désormais nouveau port d'attache du navire, aurait autorisé la réduction d'effectif. Cette décision d'effectif refusée par l'un a été acceptée par l'autre », s'indigne l'AFCAN.

Un effectif modulé

Interrogé, le guichet unique du RIF, situé à Marseille, s'est dit « surpris » par ces affirmations. « Le Centre de Sécurité des Navires de Marseille n'est jamais intervenu dans ce dossier. Le CSN de Brest est le seul compétent en ce qui concerne la Recouvrance », détaille-t-on au guichet unique. « Il y a effectivement eu un réexamen de la décision d'effectif de la Recouvrance au moment de son passage au RIF, il s'agit de la procédure normale ». La Sopab, armateur du voilier, a demandé son transfert au RIF au printemps, notamment pour bénéficier des conditions de taxations à l'Enim, moins onéreuses au second registre qu'au premier. « Le CSN de Brest nous a alors adressé un avis sur la décision d'effectif, que nous avons signé. Celui-ci prend en compte ce que nous appelons, au RIF, l'effectif modulé : la décision d'effectif prévoit un effectif minimal en fonction des configurations de navigation : ainsi, quand le navire transporte des passagers, elle requiert la présence minimale de 5 marins à bord. En transit et selon les distances, un effectif de 3 peut être autorisé ». Sur la question de l'effectif lors des manoeuvres portuaires, on relève au guichet unique qu'il s'agit « d'une décision du capitaine ou de l'armateur, qui selon les configurations de manoeuvre peut demander un équipage de complément, ou une aide extérieure type remorqueur ».
Par ailleurs, l'administration précise que le navire conservera le nom de Brest sur sa poupe, un décret autorisant ce type de dérogation (déjà appliquée pour le Belem, pavillonné au RIF mais arborant toujours Nantes à sa poupe) étant en cours d'élaboration.

Port de Brest