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Reportage

A la découverte du BSAH Loire

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En provenance du chantier Piriou de Concarneau, la Loire, premier des quatre nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) de la Marine nationale, a rejoint la base navale de Toulon vendredi 17 novembre.

L’occasion de découvrir ce nouveau type de bâtiment de la flotte française, inspiré des navires de service à l’offshore et appelé à remplir des missions très variées au profit notamment des unités de combat.

 

Arrivée du BSAH Loire à Toulon le 17 novembre (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Arrivée du BSAH Loire à Toulon le 17 novembre (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Arrivée du BSAH Loire à Toulon le 17 novembre (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Arrivée du BSAH Loire à Toulon le 17 novembre (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Arrivée du BSAH Loire à Toulon le 17 novembre (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Les Loire, Rhône, Seine et Garonne, qui seront mis en service en 2018 et 2019, avec deux unités basées à Brest et deux autres à Toulon, sont conçus pour assurer, partout dans le monde, le soutien d’une force navale (accompagnement d’un groupe aéronaval ou amphibie, intervention auprès d’un un sous-marin en escale, remorquage d’antennes et de cibles), de soutien de région (remorquage d’engins, ancrages, relevages…) et de sauvegarde maritime (sauvetage, assistance à la protection des biens, protection de l’environnement, lutte contre les pollutions maritimes…)

Pouvant opérer sans ravitaillement pendant 30 jours, ils permettront à la Marine nationale de disposer, sur chaque façade maritime de la métropole, d’unités très polyvalentes et réactives, l’objectif étant que les BSAH puissent intervenir en moins de 6 heures. Deux équipages de 17 marins chacun se relaieront à bord afin d’augmenter la disponibilité de ces bâtiments. Le premier équipage de la Loire est commandé par le capitaine de corvette Laurent Musso.

 

 

Longue de 70.3 mètres pour une largeur de 15.8 mètres et un tirant d’eau de 5 mètres, la Loire, intégralement construite en acier, affiche un déplacement de 2665 tonnes en charge. Présentant un port en lourd de 1000 tonnes, elle dispose d’un grand pont de travail d’une surface de 250 m2, avec une grue de 12 tonnes à 25 mètres permettant de manutentionner du matériel et des conteneurs. Des soutes spéciales permettront de transporter des armes et  munitions. La drome sera constituée d’une embarcation de travail en aluminium de 8 mètres, ainsi que de semi-rigides. Pour l'autodéfense, l'armement comprend des mitrailleuses allant jusqu'à 12.7mm. 

La passerelle, panoramique, offre une vue d’ensemble sur l’extérieur du navire, y compris le pont de travail.  

 

La plage arrière vue de la passerelle (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

La passerelle (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

En plus de son équipage, la Loire peut loger 12 personnes supplémentaires. Ces « passagers » pourront être des plongeurs, qui embarqueront avec leur matériel, les BSAH étant conçus pour servir de support aux opérations sous-marines. La Loire dispose en outre  de moyens de lutte contre les incendies, avec deux canons à eau au-dessus de sa passerelle, et peut être gréé pour la lutte antipollution, avec par exemple un barrage flottant de 300 mètres.

 

Les canons à eau pour la lutte contre les incendies (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Capable de remorquer des sous-marins nucléaires lanceurs de d’engins (138 mètres, 12.000 tonnes) ou le porte-avions Charles de Gaulle (261 mètres, 42.000 tonnes), le bâtiment offre une puissance de traction au point fixe de 80 tonnes. La partie énergie propulsion comprend deux moteurs diesels de 2650 kW chacun, ainsi que deux groupes électrogènes d’une puissance unitaire de 300 kWe, la Loire étant dotée de deux lignes d’arbres avec hélices à pas variable, ainsi que deux propulseurs d’étrave.

 

Compartiment machine (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

 

D’un coût de 160 millions d’euros et représentant 1 million d’heures de travail en conception et production, le programme a pour mémoire été notifié à Kership (société commune de Piriou et Naval Group) en août 2015. Après la Loire, son premier sistership, le Rhône, a été mis à l’eau la semaine dernière à Concarneau et doit rallier Brest au printemps prochain. Le chantier est déjà en train de construire la quatrième unité (Garonne) et va bientôt accueillir la coque du troisième BSAH (Seine), réalisée par le chantier Kership de Lorient et qui sera armée à Concarneau.

Pour mémoire, les BSAH vont remplacer les bâtiments de soutien de région (BSR) et remorqueurs de haute mer (RHM) basés à Toulon, Brest et Cherbourg. 

 

 

Marine nationale Piriou