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Reportage

A la découverte du BSAH Rhône

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Second des quatre nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) de la marine française et première unité de ce type basée à Brest, le Rhône est arrivé vendredi 6 avril dans la base navale du Ponant. Le BSAH arrivait de Concarneau, où a été réalisé par Piriou dans le cadre d’une commande de 160 millions d’euros notifiée en 2015 à Kership, société commune du constructeur breton et de Naval Group. Basée à Toulon, la tête de série du programme, la Loire, a été livrée le 22 mars dernier, alors que le troisième BSAH, la Seine, vient d’être mis à l’eau en vue d’intégrer la Marine nationale en 2019, tout comme le quatrième et dernier bâtiment de la série, la Garonne, en cours de construction à Concarneau.

La Seine rejoindra la Loire à Toulon alors que la Garonne sera comme le Rhône basée à Brest.

 

Le BSAH Rhône passant devant le phare du Minou à son arrivée à Brest le 6 avril (© : MICHEL FLOCH)

Le BSAH Rhône passant devant le phare du Minou à son arrivée à Brest le 6 avril (© : MICHEL FLOCH) 


Les BSAH vont remplacer sur la façade méditerranéenne les bâtiments de soutien de région (BSR) Gazelle (1978) et Taape (1983), à la pointe Bretagne les remorqueurs de haute mer (RHM) Tenace (1973) et Malabar (1976), ainsi que le BSR Elan (1978) aujourd’hui positionné à Cherbourg.

Le Rhône, qui doit être livré en juillet en vue d’une admission au service actif en fin d’année, est actuellement commandé par le capitaine de frégate Guéna, à la tête du premier des deux équipages de 17 marins qui se relaieront à bord du BSAH tous les quatre mois afin d’augmenter sa disponibilité, prévue pour pouvoir atteindre 200 jours de mer par an. La première prise de commandement du bâtiment s’est déroulée le 23 mars à Concarneau.

 

 

Pour son arrivée à Brest, la Marine nationale a tenu à marquer l’évènement. Le bâtiment a été accueilli à l’ouvert du goulet par le Tenace, qu’il remplacera cet été, puis en rade par deux remorqueurs portuaires côtiers (RPC) actionnant leurs lances à incendie sur le passage du petit nouveau de la composante bretonne de la Force d’Action Navale.

 

 

Le BSAH Rhône accueilli à Brest par les personnels de la FAN (© : MARINE NATIONALE)

Le BSAH Rhône accueilli à Brest par les personnels de la FAN (© : MARINE NATIONALE) 

 

Le BSAH a accosté au ponton des FREMM où l'ont accueilli une garde d'honneur avec tous les fanions des navires brestois de la FAN, ainsi qu'une délégation des différents personnels militaires et civils d'ALFAN Brest. Le contre-amiral Thierry Catard, adjoint organique à Brest de l’amiral commandant la Force d’Action Navale et qui avait fait reconnaitre le CF Guéna comme premier pacha du Rhône le mois dernier, était également présent.

 

La passerelle du Rhône (© : MICHEL FLOCH)

La passerelle du Rhône (© : MICHEL FLOCH) 

 

 

Long de 70.3 mètres pour une largeur de 15.8 mètres et un tirant d’eau de 5 mètres, le BSAH affiche un déplacement de 2960 tonnes en charge. La partie énergie propulsion comprend deux moteurs diesels de 2650 kW chacun, ainsi que deux groupes électrogènes d’une puissance unitaire de 300 kWe. Le Rhône est doté de deux lignes d’arbres avec hélices à pas variable, ainsi que deux propulseurs d’étrave. La vitesse maximale est de 14 nœuds, le bâtiment pouvant rester en opération 30 jours sans ravitaillement avec 29 personnes à bord (il y a des logements pour 12 « passagers » en plus des 17 membres d’équipage).

 

 

Compartiment machine du BSAH Rhône (© : MICHEL FLOCH)

Compartiment machine du BSAH Rhône (© : MICHEL FLOCH) 

 

Comme les autres BSAH, le Rhône est un bâtiment très polyvalent conçu pour accomplir trois missions principales.

D’abord le soutien des forces, avec par exemple l’accompagnement d’un sous-marin nucléaire d’attaque déployé Outre-mer ou à l’étranger, dans un port non équipé pour recevoir un SNA. A cet effet, le BSAH dispose notamment de deux défenses de grande taille pour permettre l’accostage à couple d’un sous-marin. Les BSAH ont également été dimensionnés pour pouvoir remorquer les plus grosses unités de la Marine nationale, qu’il s’agisse des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (138 mètres, 12.000 tonnes) ou du porte-avions Charles de Gaulle (261 mètres, 42.000 tonnes). Pour cela, ils disposent d’une capacité de traction au point fixe de 80 tonnes (contre 60 tonnes pour les RHM Tenace et Malabar) avec un treuil principal permettant de déployer deux remorques longues de 1900 mètres.

 

Le BSAH Rhône (© : MICHEL FLOCH)

Le BSAH Rhône (© : MICHEL FLOCH) 

 

S’y ajoutent un treuil de travail et deux treuils secondaires, ainsi qu’une grue d’une capacité de levage maximale de 21 tonnes (11 tonnes au niveau du tableau arrière, pour une allonge de plus de 25 mètres). Ces moyens permettent aux BSAH de remplir des missions de soutien de région : travaux d'ancrage ou d'entretien de mouillages, relevage de coffres ou épaves, remorquage de cibles, repêchage de torpilles d'exercice. Des berceaux à torpilles sont notamment installés sur le grand pont arrière, d’une surface de 250 m2. Des espaces sont prévus sur celui-ci pour l’embarquement de 6 conteneurs de 20 pieds (EVP).

En plus d’une embarcation semi-rigide de type EDO, la drome comprend par ailleurs une embarcation de travail en aluminium longue de 8 mètres.

 

 

L'embarcation de travail (© : MICHEL FLOCH)

L'embarcation de travail (© : MICHEL FLOCH) 

 

Le bâtiment est également gréé pour la mise en œuvre de plongeurs, avec des locaux dédiés pour leur préparation et le stockage du matériel.

Les BSAH ont enfin, comme troisième grande mission, la sauvegarde des personnes et des biens. Ils pourront intervenir dans le cadre d’opérations de sauvetage en mer et d’assistance à des navires en difficulté, y compris en matière de lutte contre les incendies avec deux systèmes FiFi (canons à eau) d’une capacité de 1200 m3/h. Ces bâtiments sont aussi prévus pour lutter contre la pollution, avec des cuves permettant de diffuser des produits dispersants dans des nappes d’hydrocarbures ainsi qu’un barrage flottant de 300 mètres, déployé depuis le pont avec le concours de l’embarcation de travail.

L’armement est quant à lui centré sur l’autodéfense, avec des mitrailleuses de 12.7mm et 7.62mm.

 

Marine nationale Piriou Naval Group (ex-DCNS)