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Défense

Reportage

A la découverte du BSAH Seine

Défense

La Seine, troisième des quatre nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) de la Marine nationale, a rallié son port base de Toulon le 19 novembre. L’occasion de découvrir cette nouvelle unité, qui rejoint sur la façade méditerranéenne la tête de série du programme, la Loire, admise au service actif en juillet dernier.

Comme ses sisterships, la Seine a vu le jour au chantier Piriou de Concarneau, d’où elle était partie une semaine auparavant. Mis à l’eau le 5 avril dernier, le bâtiment a connu sa première cérémonie des couleurs le 16 octobre, et du même coup sa première prise de commandement. L’équipage comprend 17 marins, avec à leur tête le capitaine de corvette Philippe Lory.

 

Le CC Philippe Lory, commandant de la Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le CC Philippe Lory, commandant de la Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)
 

A partir du mois de janvier, un second équipage sera affecté à la Seine et armera en alternance le bâtiment (tous les quatre mois) afin d’accroître sa disponibilité, faciliter la formation du personnel et les opérations de maintenance, mais aussi mieux organiser et sécuriser les permissions. C’est l’un des enjeux du développement du concept de double équipage au sein de la Marine nationale, qui souhaite ainsi répondre à l’accroissement des besoins opérationnels sans pour autant épuiser les équipages. De cette manière, les BSAH pourront assurer au moins 200 jours de mer par an.  

Longue de 70.3 mètres pour une largeur de 15.8 mètres et un tirant d’eau de 5 mètres, la Seine présente un déplacement de 2960 tonnes en charge.

 

Le BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Inspirés des remorqueurs exploités à l’offshore, et dérivés des bâtiments multi-missions (B2M) dont ils constituent une version agrandie et adaptée aux emplois qui leurs sont dévolus, les BSAH sont des bâtiments très polyvalents, conçus pour accomplir trois missions principales.

D’abord le soutien des forces, avec par exemple l’accompagnement d’un sous-marin nucléaire d’attaque déployé Outre-mer ou à l’étranger, dans un port non équipé pour recevoir un SNA. A cet effet, les BSAH disposent notamment de deux défenses de grande taille pour permettre l’accostage à couple d’un sous-marin. Les BSAH ont également été dimensionnés pour pouvoir remorquer les plus grosses unités de la Marine nationale, qu’il s’agisse des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (138 mètres, 12.000 tonnes) ou du porte-avions Charles de Gaulle (261 mètres, 42.000 tonnes). Pour cela, ils disposent d’une capacité de traction au point fixe de 80 tonnes, avec un treuil principal permettant de déployer deux remorques longues de 1900 mètres.

 

 

Le chemin de passage de la remorque à gauche (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le chemin de passage de la remorque à gauche (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

S’y ajoutent un treuil de travail et deux treuils secondaires, ainsi qu’une grue d’une capacité de levage maximale de 21 tonnes (11 tonnes au niveau du tableau arrière, pour une allonge de plus de 25 mètres). Ces moyens permettent aux BSAH de remplir des missions de soutien de région : travaux d'ancrage ou d'entretien de mouillages, relevage de coffres ou épaves, remorquage de cibles, repêchage de torpilles d'exercice… A l’arrière, le pont s’étend sur 250 m². Des espaces sont prévus sur celui-ci pour l’embarquement de 6 conteneurs de 20 pieds (EVP). En plus d’une embarcation semi-rigide de type EDO, la drome comprend une embarcation de travail en aluminium longue de 8 mètres.

 

Le pont de travail (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le pont de travail (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

EDO (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

EDO (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

L'embarcation de travail (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

L'embarcation de travail (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Les BSAH ont enfin, comme troisième grande mission, la sauvegarde des personnes et des biens. Ils peuvent intervenir dans le cadre d’opérations de sauvetage en mer et d’assistance à des navires en difficulté, y compris en matière de lutte contre les incendies avec deux systèmes FiFi (canons à eau) d’une capacité de 1200 m3/h. Ces bâtiments sont aussi prévus pour lutter contre la pollution, avec des cuves permettant de diffuser des produits dispersants dans des nappes d’hydrocarbures ainsi qu’un barrage flottant de 300 mètres, déployé depuis le pont avec le concours de l’embarcation de travail.

 

Deux canons à eau sont situés au dessus de la passerelle (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Deux canons à eau sont situés au dessus de la passerelle (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)
 

Capable d’atteindre 14 nœuds, la Seine, comme ses sisterships, est équipée pour sa propulsion de deux moteurs diesels d’une puissance unitaire de 2650 kW. S’y ajoutent deux groupes électrogènes de 300 kWe chacun. Le bâtiment compte deux lignes d’arbres avec hélices à pas variable, ainsi que deux propulseurs d’étrave afin de faciliter les manœuvres. L’autonomie est de 30 jours sans ravitaillement.

 

Le compartiment machines du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le compartiment machines du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le PC Propulsion du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le PC Propulsion du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

A côté du compartiment machine se trouve le PC Energie/Propulsion, mais l’ensemble peut être géré directement depuis la passerelle.

Celle-ci, très vaste, est panoramique et permet sur sa partie arrière de suivre visuellement les opérations en cours sur le pont de travail.

 

La passerelle du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

La passerelle du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Poste de manoeuvre à l'arrivée à Toulon (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Poste de manoeuvre à l'arrivée à Toulon (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Bénéficiant de l’expérience de Piriou dans les emménagements de navires civils, les locaux internes sont spacieux et bien agencés. Ils comprennent des logements pour 29 personnes, soit 12 de plus que l’équipage. Il peut s’agir, selon les missions, de personnels spécialisés (par exemple dans le sauvetage en mer ou la lutte contre la pollution), d’un détachement de fusiliers-marins, éventuellement d’une unité de commandos, ou encore de plongeurs. Le bâtiment compte d’ailleurs des locaux dédiés pour leur préparation et le stockage de matériel de plongée.

Les locaux-vie disposent d'un carré officiers, une salle à manger et un bar équipage, le service se faisant comme c’est maintenant l’habitude sur les nouvelles unités françaises devant la cuisine, à la rampe, quel que soit le grade. La Seine compte aussi de nombreux locaux techniques, une armurerie, des salles de réunion et de travail, ainsi qu’une infirmerie.

 

Carré officiers du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Carré officiers du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Cuisine du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Cuisine du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

L'infirmerie du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

L'infirmerie du BSAH Seine (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Centré sur l’autodéfense, l’armement est constitué de mitrailleuses de 12.7mm et 7.62mm.

Après une période d’entrainement et de validation des capacités opérationnelles, qui comprendra un déploiement de longue durée dans les mois qui viennent, la Seine sera admise au service actif en 2019.

Basé à Brest, le Rhône, second des quatre BSAH français, achève quant à lui son DLD qui a consisté en un tour du monde avec notamment le franchissement du passage du nord-est, entre la Norvège et le détroit de Béring, ce qui constitue une première pour un bâtiment de la flotte française. A l’issue de ce périple, l'ASA du Rhône sera prononcée d’ici la fin de l’année. Quant à la dernière unité de la série, la Garonne, elle a été mise à l’eau au début du mois à Concarneau et sera opérationnelle en 2019. Elle sera comme le Rhône basée à la pointe Bretagne.

D’un coût de 160 millions d’euros et représentant 1 million d’heures de travail en conception et production, le programme BSAH a pour mémoire été notifié en août 2015 à Kership, société commune de Piriou et Naval Group. 

Les BSAH vont remplacer les bâtiments de soutien de région (BSR) et remorqueurs de haute mer (RHM) basés à Toulon, Brest et Cherbourg. 

 

Marine nationale Piriou