Marine Marchande
A la découverte du caboteur Goulphar

Reportage

A la découverte du caboteur Goulphar

Marine Marchande

Nous vous emmenons aujourd’hui à bord du fréteur Goulphar, de l’armement breton Transport Maritime Côtier. Construit aux Pays-Bas par le chantier Bodewes d’Harlingen, il assure depuis deux ans le transport de fret vers et depuis les îles morbihannaises. En avril 2017, il avait réalisé sa première traversée vers Belle-Ile, dont il a pris le nom du grand phare et dont le port à l’accès difficile a dicté son gabarit. Le Goulphar est un « Palaismax », comme on plaisante à bord, dont il a fallu limiter les dimensions à 36 mètres de long pour 7.85 mètres de large et 1.8 mètre de tirant d’eau. 

 

(DROITS RESERVES)

(DROITS RESERVES)

 

Une taille réduite qui a imposé une optimisation très poussée de ce bateau afin de lui permettre d’embarquer des marchandises extrêmement variées : camions, engins de travaux publics, conteneurs, palettes, colis lourds et même des mobile-homes comme ce fut le cas pour sa traversée inaugurale. « On peut embarquer des engins jusqu’à 10 mètres de long, l’embarquement se faisant par deux rampes, situées de chaque côté et qui permettent d’embarquer des véhicules. Le pont est très résistant puisqu’il supporte 5 tonnes au mètre carré, avec la possibilité de recevoir des engins jusqu’à 19 tonnes à l’essieu », explique François Moriceau, de TMC.

 

Le pont du Goulphar (

Le pont du Goulphar (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le pont du Goulphar (

Le pont du Goulphar (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Capable d’accueillir jusqu’à six petits camions ou quatre véhicules de 9/10 mètres, dont éventuellement des citernes, le pont offre une surface utile de 23 mètres de long pour 6.5 mètres de large, avec la possibilité d’installer des conteneurs de 20 pieds en travers et trois prises reefer pour les conteneurs réfrigérés. La manutention peut être effectuée au moyen d’une grue d’une capacité de 8.5 tonnes à 4 mètres.

Sous le pont, la salle des machines est assez imposante pour un bateau de cette taille et, surtout, très vaste et accessible afin de faciliter l’entretien et la maintenance des équipements. Le navire est doté de deux moteurs John Deere de 370 kW chacun et deux groupes de 80 kW. Très manoeuvrant, le Goulphar compte deux hélices à pas fixe et un propulseur d’étrave en tuyère.

 

Le compartiment machine du Goulphar (

Le compartiment machine du Goulphar (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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(©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L’ensemble est piloté depuis la passerelle, qui offre une vision à 360 degrés et dispose de commandes sur les ailerons extérieurs. Côté emménagements, le navire compte un salon pour les passagers. « Nous pouvons en prendre jusqu’à 12 à bord, ce sont essentiellement les chauffeurs des camions ». L’équipage, lui, ne compte que trois marins, qui ont chacun leur cabine individuelle et travaillent du lundi au vendredi. S’y ajoute une cabine de relève avec deux couchettes et un grand carré avec salon et cuisine.

 

La passerelle du Goulphar (

La passerelle du Goulphar (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le carré équipage du Goulphar (

Le carré équipage du Goulphar (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Troisième caboteur de TMC, qui exploite également les petits cargos Guedel et le Taillefer 3 (qui transportent du fret classique, du sable et des granulats), le Goulphar est depuis sa mise en service exploité au départ de Quiberon et Vannes à destination de Belle-Ile, de temps en temps vers Hoëdic et Houat, mais aussi depuis Lorient vers Groix. En dehors du fret, TMC est chargé depuis le début de l’année d’évacuer les déchets de cette île, sauf en été où le trafic des transbordeurs est trop important pour le petit port groisillon.

TMC, qui souhaite diversifier son activité, regarde également le potentiel de nouvelles activités. Alors que le transport routier, notamment pour certains convois, devient de plus en plus compliqué sur les grands axes longeant le littoral breton et ligérien, il pourrait par exemple y avoir des opportunités sur des liaisons en port à port, par exemple entre Lorient, Saint-Nazaire et les Sables d’Olonne.

 

Le Goulphar fin mars à Lorient dans le cadre du salon Navexpo (

Le Goulphar fin mars à Lorient dans le cadre du salon Navexpo (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)