Croisières et Voyages

Reportage

A la découverte du Disney Magic

Croisières et Voyages

Ce n’est pas tous les jours qu'on a l’occasion de monter à bord d’un paquebot de Disney Cruise Line. Relativement discrète et très à cheval sur l’intimité de ses passagers, la compagnie américaine s’affiche peu, mais gagne pourtant à être connue. Loin des clichés que l’on peut s’en faire, elle occupe en effet un segment unique sur le marché de la croisière, avec un produit à la fois destiné aux familles, faisant le bonheur des jeunes passagers, qui se retrouvent plongés dans le monde fantastique de Disney. Mais ces bateaux sont aussi conçus pour ravir les adultes, y compris ceux qui viennent sans enfant. Ils disposent de leurs propres espaces de tranquillité et viennent chercher ici un voyage de qualité. Les standards de DCL sont en effet très élevés, tant au niveau du service que de la restauration. Quant aux navires, à la fois classiques et très originaux, ils sont superbes et tranchent avec le design des paquebots modernes que l'on croise habituellement.

C’est le cas du Disney Magic, que nous avons pu visiter le 17 juin à l’occasion d’une escale à Marseille. Ce fut le tout premier navire de la filiale croisière de la Walt Disney Company, qui s’est lancée dans cette aventure en 1995 lorsqu’elle mit fin au contrat qui la liait précédemment à Premier Cruises sur le segment maritime de ses offres de vacances. Le groupe américain décide alors de faire construire ses propres navires, des unités neuves spécifiquement conçues pour développer un concept unique en son genre basé sur l’univers Disney. La compagnie souhaite des bateaux suffisamment grands pour proposer des espaces généreux et de nombreuses activités, mais pas non plus trop gros pour garantir un service de qualité et écarter l’impression de foule. Côté style, Disney veut absolument éviter l’effet « hôtel flottant » des nouveaux paquebots géants. Elle préfère un design qui, volontairement, rappellera les lignes des transatlantique d'antan.

C’est ainsi que vont naître en 1998 et 1999 le Disney Magic et son sistership le Disney Wonder, construits en Italie par le chantier Fincantieri de Marghera, près de Venise. Ces deux navires se distinguent par leur élégante coque noire, soulignée par un liseré dorée, une superstructure blanche assez ramassée et deux cheminées rouges, frappées de l’emblème du groupe, la tête stylisée du célèbre Mickey Mouse. A l’arrière, Dingo, suspendu au dessus de la poupe pinceau à la main, semble tout juste achever de peindre le nom du navire.

 

 

Le Disney Magic (© EMMANUEL BONICI)

 

Mis en service le 30 juillet 1998, le Disney Magic mesure 294 mètres de long pour 30 mètres de large, sa jauge atteignant 83.300 GT. Il ne compte que 877 cabines et suites, dont 155 intérieures, 332 extérieures, 366 avec balcon et 22 grandes suites. Certaines cabines sont spécialement adaptées aux familles avec deux salles de bain, d’autres étant conçues pour les personnes à mobilité réduite. La capacité maximale du navire est de 2700 passagers, servis par 950 membres d’équipage.

 

 

Cabine extérieure avec son coin salon (© EMMANUEL BONICI)

 

Comme pour le design extérieur, l’intérieur du navire se révèle très élégant, avec une inspiration Art Déco qui rappelle également les prestigieux liners qui traversaient l’Atlantique. L’atrium en est un bon exemple, avec ses boiseries, son marbre et ses cages d’ascenseurs en verre et fer forgé. Une statue de Mickey, en ciré de marin tenant la barre, rappelle quand même où nous sommes. Il y a d'ailleurs disséminés à bord une foule de détails dans la décoration en lien avec Disney, comme certains paliers avec leurs ascenseurs au look début de XXème siècle, dont le défilement des étages est indiqué par une aiguille avec en lieu et place d'une pointe, la main de la célèbre souris. 

 

L'atrium (© EMMANUEL BONICI)

 

 

L'atrium (© EMMANUEL BONICI)

 

D’autres espaces, au style plus contemporain, sont tout aussi réussis. On a d’ailleurs peine à croire que ce bateau va fêter ses 20 ans de service. Il faut dire qu’il a bénéficié d’une solide rénovation il y a moins de cinq ans. Mais on voit aussi rapidement que l’équipage et plus globalement la compagnie en prennent le plus grand soin. Cela se remarque notamment à la propreté, impeccable, et à certains détails, comme les tables de restaurants recouvertes de protections pour éviter toute accumulation de poussière, si légère soit-elle, entre deux services.

 

(© EMMANUEL BONICI)

 

 

Comptant 11 ponts, le Disney Magic offre à ses passagers une multitude d’espaces et d’activités. Il y a là, par exemple, de nombreux bars et salons, des boutiques et une galerie d'art dédiée à Disney, ainsi qu’une demi-douzaine de restaurants. Le Palo, réservé aux adultes, propose des spécialités italiennes avec une vue exceptionnelle sur la mer puisqu’il se situe à l’arrière du pont 10. Le Carioca est quant à lui dédié à la cuisine sud-américaine et se pare des couleurs vives d'un marché brésilien. Un univers plus moderne se retrouve dans l’Animator’s Palate, où les lumières varient du blanc et noir à la couleur, et où les personnages de l'univers de Walt Disney se retrouvent dans le décor, sur la vaisselle et parfois même dans les plats servis à table. Des croquis des personnages Disney ornent les murs, alors que de nombreux écrans diffusent des animations ou les dessins réalisés pendant la journée par les jeunes passagers. Baptisé Lumiere’s, le restaurant principal (471 couverts) offre pour sa part un univers plus luxueux, inspiré du fameux dessin animé « La Belle et la Bête ». 

 

La salle à manger Lumiere's (© EMMANUEL BONICI)

L'entrée d'Animator's Palate (© EMMANUEL BONICI)

 

 

Le Palo (© EMMANUEL BONICI)

 

Alors que la nourriture est très réputée chez Disney, on notera que la compagnie présente la particularité, pour le dîner, de proposer à ses passagers un voyage culinaire au fil de la croisière. Chaque soir, les passagers changent en effet de restaurant et d’univers, tout en gardant leurs serveurs, qui les suivent d'un restaurant à l'autre.

L’offre de restauration comprend également Cabanas, un buffet avec une très belle vue sur la mer, ainsi qu’une pizzeria et des snacks.

 

 

Le pont piscine familial avec le toboggan géant (© EMMANUEL BONICI)

 

 

(© EMMANUEL BONICI)

 

Ceux-ci se trouvent au niveau du pont piscines (9), surplombé par un solarium en mezzanine et réparti en deux espaces bien séparés. Sur l’arrière une zone familiale avec un écran géant, un grand bassin où les enfants découvrent au fond l’image d’un Mickey géant, des bains à remous, de nombreux transats ainsi qu’un grand toboggan qui fait partie des équipements rajoutés lors de la rénovation d’octobre 2013.

La partie avant du pont 9 est quant à elle réservée aux adultes. On y trouve un bar, de confortables chaises longues, une piscine et des bains à remous. Dans le prolongement de cet espace est installé le centre de bien-être, avec un Spa et une salle de fitness qui complète le terrain de sport aménagé au pont 10.

 

Espace réservé aux adultes (© EMMANUEL BONICI)

Las salle de fitness (© EMMANUEL BONICI)

Pub réservé aux adultes (© EMMANUEL BONICI)

 

 

Une autre partie intérieure du bateau, au pont 3, est réservée aux adultes. Il s’agit d’une zone nocturne comprenant un piano-bar, un pub et une discothèque en forme de club sous-marin changeant d’atmosphère au fil de la soirée.

 

L'un des nombreux espaces dédiés aux enfants (© EMMANUEL BONICI)

 

Les enfants et adolescents ont bien entendu de nombreux lieux de divertissement à leur disposition, avec par exemple l’Oceaneer Club qui reproduit le pont du bateau pirate du capitaine Crochet. Les jeunes sont regroupés par tranches d’âge avec des locaux, jeux et activités adaptés, le tout encadré par des équipes spécialisées. Bien sûr, à bord d’un bateau Disney, de nombreuses animations sont basée sur l’univers des films et séries de la firme américaine : des historiques, avec Mickey et sa bande, aux plus récents, comme les héros de Marvel et bien entendu Star Wars. Des journées thématiques, voire des croisières entières, sont organisées, permettant aux jeunes de rencontrer leurs personnages préférés. La compagnie organise même des avant-premières de films produits par Disney, comme ce fut le cas avec Star Wars 8, que les passagers ont pu découvrir en primeur lors de leur croisière.

 

 

La partie des espaces enfants dédiée à l'univers Marvel (© EMMANUEL BONICI)

 

On retrouve aussi l’univers Disney dans le grand théâtre, qui peut accueillir 977 passagers et propose chaque soir des spectacles, qu’il s’agisse de comédies classiques dans le style Broadway, mais aussi des shows basés sur l’adaptation de certains films, comme actuellement Raiponce. En journée, le théâtre diffuse des filmes, alors que le navire compte également un cinéma de près de plus de 270 places. Il n’y a en revanche pas de casino à bord.

 

Le grand théâtre (© EMMANUEL BONICI)

Spectacle présenté au théâtre (© DCL)

Salle de projection et de spectacle (© EMMANUEL BONICI)

 

Au final, la découverte de ce navire est une réelle surprise, en particulier son organisation très intelligente des espaces afin de séduire non seulement les enfants, mais aussi leurs parents et ceux qui n'ont pas de progéniture ou l'ont laissée à la maison. « En réalité, 50% de la clientèle de Disney Cruise Line est constituée d’adultes sans enfant. Cela découle du fait que les espaces familiaux, ceux des enfants et ceux réservés aux adultes sont vraiment bien séparés et l’offre conçue pour un large public. Tout le monde y trouve son compte », explique Christine Brun, responsable commerciale pour DCL en France. « C’est un produit vraiment à part dans la croisière, qui ne peut être comparé à aucune autre compagnie. Les bateaux sont très beaux, avec leur esprit transatlantique, et la qualité de service est exceptionnelle. Ils offrent une expérience et des animations que l’on ne trouve nulle part ailleurs, c’est sans équivalent sur le marché ».

 

Dîner sous le regard des personnages du monde de Nemo (© DCL)

Aux commandes du Faucon Millennium (© DCL)

 

Un produit qui séduit de plus en plus de passagers, ce qui a poussé DCL a investir dans le développement de sa flotte. Après avoir plus que doublé ses capacités avec les deux magnifiques Disney Dream et Disney Fantasy (340 mètres, 124.000 GT, 1250 cabines), livrés par Meyer Werft en 2011 et 2012, le chantier allemand va réaliser une nouvelle série de trois unités dérivées. Livrables en 2021, 2022 et 2023, ces navires d’environ 135.000 GT et 1250 cabines seront les premiers de la compagnie dotés d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié, permettant de réduire considérablement les émissions polluantes.

 

Le Disney Fantasy (© DCL)

 

Cela va permettre à Disney Cruise Line de développer encore son offre, qui s’est déjà considérablement renforcée. En plus des Etats-Unis, la compagnie veut notamment accroître sa clientèle européenne. Y compris en France, où elle dispose depuis un an, pour la première fois, d’une force commerciale dédiée, mise en place par Mundo de Cruceros, agent historique de DCL en Espagne. Christine Brun s’emploie à faire connaitre la compagnie auprès des agents de voyages, alors qu’une brochure et un site Internet en langue française ont été créés. Dans le même temps, le service de réservation de Barcelone compte désormais une équipe dédiée parlant français.

 

Le Disney Dream en escale sur l'île de Castaway Cay (© DCL)

 

L’activité tricolore de DCL reste encore très humble, puisque la compagnie ne totalise encore qu’environ un millier de passagers par an dans l’Hexagone. Mais les chiffres progressent et le produit rencontre de plus en plus d’intérêt. Que ce soit en métropole, mais aussi aux Antilles, très proches des ports d’embarquement américains. Les croisières vers les Caraïbes au départ de Port Canaveral (Floride) connaissent un beau succès, surtout qu’elles sont proposées sur des durées de 3, 4 ou 7 jours, avec la possibilité de combiner en offre packagée la croisière avec un séjour au parc Disney World d’Orlando. Les itinéraires comprennent également une escale à Castaway Cay, l'île privée de DCL aux Bahamas. La présence accrue de la compagnie en Europe offre également de nouvelles opportunités, comme la Méditerranée au départ de Barcelone, les fjords norvégiens depuis Douvres ou encore les capitales de la Baltique via Copenhague.

 

Le Disney Dream à Port Canaveral (© DCL)